vendredi 23 octobre 2020
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Le cercueil d'Arnaud Beltrame dans la cour d'honneur des Invalides (Crédit:MG/L'Essor)
Le cercueil d'Arnaud Beltrame dans la cour d'honneur des Invalides (Crédit:MG/L'Essor)

Un officier de Gendarmerie s’interroge sur l’expression “victime du devoir”

Née au début du XIXème siècle, l’expression “victime du devoir” doit-elle être conservée en l’état? “Victime du devoir” est une distinction attribuée à des policiers, gendarmes, militaires des trois armées, sapeurs-pompiers ou douaniers décédés dans l’exercice de leurs fonctions.

Dans un tribune publiée dans Le Figaro de ce vendredi 16 novembre, le lieutenant-colonel de Gendarmerie Louis Pauty estime que “percevoir comme une victime celui qui a choisi de servir en acceptant de s’exposer est incongru”. En 2013, alors qu’il était chef d’escadron à L’Ecole de guerre, cet officier avait déjà théorisé cette idée dans un opuscule titré “Mourir pour la France, Mourir en service ; réflexion sur le sentiment préoccupant d’une victimisation des militaires français”.

“Ils ont rempli leur devoir”

Dans sa tribune du Figaro, ce saint-cyrien assure que “tous ceux qui se sont portés volontaires pour exercer leur charge, tous l’ont acceptée, non comme une fatalité mais comme la nature même de leur action, celle qui donne du sens”.
Le lieutenant-colonel Pauty cite le colonel Beltrame, les soldats qui ont tenté de libérer leur camarade de la DGSE, prisonnier en Somalie, ou les policiers qui ont intervenus au Bataclan.

Lire aussi, sur L’Essor: La mention “victime du terrorisme” portée sur l’acte de décès d’Arnaud Beltrame

Les morts et les blessés par engagement pour la France, en toute connaissance de cause, ne sont aucunement victime d’une violence ordinaire, accident du travail ou inondation. Ils ont rempli leur devoir”, assure l’officier, ajoutant que “l’emploi inapproprié des mots risque d’engendrer le sentiment de se voir dépouillé du caractère exceptionnel du service rendu à ses concitoyens et à la patrie au péril de sa vie”.

L’officier de Gendarmerie conclut : “Pour celles et ceux qui acceptent le danger inhérent à leurs fonctions, employons les mots justes. Préférons désormais, au terme de “victime”, celui d'”acteur” du devoir.

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12 Commentaires

  1. Hubert Dutouya

    Au lieu d’echafauder des theories dans la dialectique ( mais c est tendance) ce brave colonel ferait mieux d user son energie et son potentiel de reflexion pour expliquer pourquoi un si grand nombre de personnels des forces de securite mettent fin a leurs jours.. ils sont victimes de quoi mon colonel? A force de digressions sur les details on elude l’essentiel.

    • Ben

      Mais tout à fait d’accord, nous n’avons pas le même sens des priorités…..c’est regrettable.

    • LeVanXieu

      Oui, bien d’accord avec vous. Ce serait beaucoup plus concret et surtout utile … Même si la satisfaction intellectuelle de son rédacteur est un peu moins forte !

  2. Picator

    Encore un “saintcyrienenmaldereconnaissance” ou psychosomatique de l’adversité, qui se regarde le nombril et découvre qque ça tourne à gauche.

  3. Lesaigneur

    C est sûr que certains ne risquent pas être victime de leur devoir, trop occupés qu ils sont à nous expliquer le sens des mots……..

  4. Gbwel

    Tout d’abord je tiens fortement à féliciter toutes et tous ceux et celles qui sont n’importe où et n’importe quand pour veiller sur nous le peuple français; Pompiers, Gendarmes, Policiers, Gardiens de la Paix, Soldats militaires j’espère n’avoir oublié personne. Ensuite je le ressens et le vois tous les jours qu’il n’y a aucune reconnaissance de la part du gouvernement et, du citoyen, cela m’atriste beaucoup.
    Revenons à nos valeurs et respect que beaucoup ont oublié.
    Je tiens aussi à dire que je ne suis pas du tout dans cette famille de soldats mais nous sommes tous heureux de savoir qu’ils sont présents quand on a besoin.
    Grand merci à eux et à nos «amis les politiques » qui sont pour le moment… les seules à pouvoir faire quelque chose. Faites vite, très vite, le peuple a besoin d’être en confiance et sécurité que nous avons le sentiment de ne plus avoir.
    À méditer.
    Bonne fin de journée à tous les courageux et, à ceux qui ont baissé les bras aussi.

  5. Moblot83

    A tous ceux qui critiquent l’auteur et sa réflexion: avez-vous seulement lu l’article? Il met en valeur justement l’engagement de tous ceux, soldats, gendarmes, pompiers, policiers, œuvrent au quotidien pour notre pays.
    Il souhaite que soit reconnu à sa juste valeur le sacrifice de ceux qui perdent la vie à cette occasion.
    Je ne comprends pas que des gendarmes, ou anciens gendarmes, puissent lui reprocher de défendre justement notre métier et ce qu’il suppose de risques ou de sacrifices.
    Et pour ceux qui l’attaquent personnellement: que savez-vous de sa carrière et des risques qu’il a pris, ou qu’il prend?
    Un peu de respect et de recul s’il vous plaît.

    • DESCHAMPS

      And88

      Bonne réponse à ceux qui ne savent que critiquer

    • acteur victime

      Il me semble que “victime du devoir” est plutôt parlant pour tous. Il déclenche chez le lecteur un sentiment de compassion, d’honneur, de reconnaissance…. qui touche au cœur. Quant à “acteur du devoir” ne me paraît pas avoir la même portée. Je crois qu’il faudrait alors dire “acteur et victime du devoir”. Dans tous les sens “victime” laisse entrevoir une part de l’idée de sacrifice que l’on a du mal à ressentir dans “acteur”.

  6. iffic 56

    certainement un officier de salon qui ne semble n’avoir aucune connaissance du terrain pour tenir de tels propos infammants

  7. Minimir43

    Ni militaire, ni gendarme, je comprends parfaitement le sens de la réflexion.
    Le mort au combat ou simplement dans l’exercice de son job, ici au profit du pays, de ses concitoyens, de sa patrie, n’est pas victime du devoir, il est l’auteur de son engagement. La mort est l’extrême, le risque absolu. Il n’est pas recherché, il n’est pas souhaité. Risque qui n’est pas exclu puisqu’il est inhérent à cet engagement. Il en est sa grandeur. Il en fait toute sa valeur. Héro n’est pas un vain mot, il est une réalité pour ceux qui meurent mais aussi pour ceux qui partent au combat et qui reviennent.
    Si je risque ma vie pour sauver quelqu’un, je ne suis pas une victime, je fais mon devoir. Je peux être victime de mon inexpérience, de ma sottise mais tout étant pesé, évalué, si j’y vais, si je fais mon devoir je ne suis pas une victime.
    Les actes ont un sens. Les mots aussi.

  8. Niout

    Très belle “étude” de cette expression peut être galvaudée, mais je ne crois pas que l’usage du mot victime (dans l’expression “victime du devoir”) provoquerait une prise de conscience tardive ou un sentiment de danger permanent pour des militaires pompiers gendarmes policiers. Tous ces professionnels ont parfaitement à l’esprit les dangers auxquels ils sont exposés. Cette expression, met en exergue leur courage constant, leur détermination sans faille, leur volonté suprême à remplir les missions, à assumer leurs fonctions le plus bandes comme les plus périlleuses, jusqu’au sacrifice. Mais chacun entend et ressent les mots comme il veut bien les comprendre. Victime du devoir appelle pour moi un fort sentiment de grande admiration, de profond respect et de fierté.

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