vendredi 23 octobre 2020
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Les élèves sortiront directement OPJ de l'école des gradés (MG/L'Essor).

Trafic de viande de cheval dans le sud de la France : plus de cent gendarmes mobilisés pour une vingtaine d’interpellations

Les gendarmes ont déclenché tôt lundi une vaste opération dans 11 départements dans le cadre d’une nouvelle enquête sur un trafic de viande de chevaux passés par des laboratoires scientifiques ou des centres équestres. Cette fois, les investigations menées par la section de recherches de Languedoc-Roussillon sous la conduite d’un juge de Marseille visent la commercialisation de viande de chevaux qui auraient auparavant servi à la recherche d’entreprises pharmaceutiques ou de laboratoires, ainsi que de chevaux de centres équestres qui se sont également retrouvés dans l’assiette du consommateur.

Des centaines de chevaux, dont certains achetés au géant pharmaceutique Sanofi, auraient ainsi été vendus pour la consommation après falsification ou escamotage de leurs documents vétérinaires. C’est une dénonciation anonyme adressée fin 2012 à la direction audoise de la protection des populations qui a déclenché l’enquête, aujourd’hui menée dans le cadre d’une information judiciaire dirigée par un juge d’instruction du pôle santé du tribunal de Marseille.

Des perquisitions chez des négociants en viande

Lundi matin, une centaine de gendarmes agissant dans le sud de la France, en Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Midi-Pyrénées, ont entrepris d’interpeller une vingtaine de personnes. Ils ont ainsi interpellé un homme à Narbonne, apparemment à son domicile, avant de l’emmener sur le site des abattoirs de la ville où pourraient se trouver les bureaux de sa société. C’est précisément un négociant de Narbonne qui est soupçonné d’être l’organisateur du trafic.

Ces interpellations devaient s’accompagner de perquisitions au siège de négociants en viande et, dans une moindre mesure, dans des abattoirs, avec la participation de la Brigade nationale des enquêtes vétérinaires et phytosanitaires. Des recherches ont également été diligentées dans des locaux de Sanofi ainsi que dans un abattoir de Gérone en Espagne.

Du cheval de laboratoire dans l’assiette

“On avait le cheval du particulier en centre équestre par exemple, qui devait finir sa vie paisiblement dans un pré et qui la termine à l’abattoir alors qu’il a reçu des traitements médicamenteux le rendant impropre à la consommation”, dit une source proche des investigations, “et puis on avait le cheval de laboratoire, avec deux cas de figure. Soit il servait à des prises de sang pour la fabrication de vaccins; soit il était cobaye dans la recherche”. “Cela ne veut pas dire qu’il y ait eu un risque pour le consommateur, mais de toute façon, ces chevaux n’auraient jamais dû se retrouver dans l’assiette du consommateur”, a-t-elle dit.

Des filières sous surveillance

Le ministre de la Consommation Benoît Hamon a distingué cette nouvelle affaire du scandale Spanghero. “C’est différent, là il pourrait s’agir d’un problème sanitaire”, a-t-il dit sur RTL. “Nous avons depuis le début de l’année mis sous surveillance la filière viande et la filière poisson en France” pour restaurer la confiance, a-t-il dit. “La France est le premier pays en Europe à avoir inscrit dans sa loi l’étiquetage de l’origine de la viande dans les plats préparés. Nous attendons maintenant de Bruxelles qu’elle nous donne le feu vert, je l’espère en janvier prochain”, a-t-il dit.

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