samedi 26 septembre 2020
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Gendarmes mobiles en 2015 dans l'Isère à Moirans ( Photo d'illustration D.C L'Essor)

Toulouse : tension autour de l’hommage à Rémi Fraisse deux ans après sa mort

Un hommage est rendu mercredi ce mercredi à Toulouse, dans un contexte tendu, au jeune écologiste Rémi Fraisse, tué il y a deux ans par une grenade des gendarmes lors d’affrontements sur le site du barrage contesté de Sivens (Tarn). L’enquête est toujours en cours.
Quelques heures après la manifestation nationale de policiers, un rassemblement à l’appel d’un groupement de zadistes doit se tenir à 18h30 devant le Monument aux morts de Toulouse, choix très symbolique, avant une marche jusqu’au Capitole, en plein centre-ville.

Les organisateurs appellent à une “grande manifestation unitaire, apaisée et résolue” mais plusieurs rassemblements similaires ont par le passé dégénéré en heurts à Toulouse. Dimanche dernier, des empoignades avaient eu lieu et des insultes avaient été échangées à Sivens, sur le site même de la retenue d’eau contestée, entre des partisans du projet et un petit rassemblement de 75 personnes venues rendre hommage à Rémi Fraisse.

Trois jeunes opposantes, dont une a porté plainte, ont affirmé avoir été blessées à coups de couteau par un militant pro-barrage lors de cette commémoration. (Voir notre post)  D’autres rassemblements et hommages sont prévus ailleurs en France. Rémi Fraisse, botaniste de 21 ans, avait trouvé la mort lors de violents affrontements le 26 octobre 2014 sur le site du chantier de Sivens. Le jeune homme, décrit comme un pacifiste par son entourage, avait succombé à l’explosion d’une grenade offensive tirée par un gendarme.

Des gendarmes mobiles à l'entraînement au CNEFGM de Saint-Astier (Photo DC)
Des gendarmes mobiles à l’entraînement au CNEFGM de Saint-Astier (Photo DC)

Ce décès avait créé une vive émotion en France et provoqué la suspension du projet.

Vers un non lieu? 
Deux ans plus tard, l’enquête judiciaire sur la mort du jeune homme est toujours en cours et a permis l’audition de plusieurs gendarmes, dont des responsables, selon des sources proches du dossier.
La défense de la famille de Rémi Fraisse n’a eu de cesse d’exiger que la hiérarchie soit auditionnée.
Le 18 mars 2016, le gendarme qui a tiré la grenade offensive présumée responsable de la mort de Rémi Fraisse a été placé à Toulouse sous le statut de témoin assisté, ce qui écarte en l’état son renvoi devant un tribunal. Les juges devraient en effet modifier le statut du gendarme, et le mettre en examen, s’ils veulent le renvoyer devant la justice. “La suite logique est qu’il bénéficie d’un non-lieu”, avait alors déclaré son avocat, Jean Tamalet.

Le gendarme a déjà été blanchi dans un rapport de l’Inspection générale de la gendarmerie (IGGN) rendu en décembre 2014, qui avait estimé que les avertissements nécessaires avaient été effectués avant le lancer d’une grenade offensive.
Les forces de l’ordre se trouvaient alors face à “cinq opposants agressifs qui (jetaient) constamment toutes sortes de projectiles”, selon le compte-rendu de la gendarmerie peu après les faits. Quant au projet de barrage, il a été définitivement abandonné mais une version “light” est à l’étude: réduite de moitié, elle devrait se situer à une distance maximale de 330 mètres en amont, mais possiblement plus près.

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