vendredi 25 septembre 2020
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Justice (Photo Matthieu GUYOT/Essor)
(Photo/MG/Essor).

Sursis prononcé contre deux officiers de gendarmerie pour “détention arbitraire”

Quatre mois de prison avec sursis et 1.000 euros d’amende ont été infligés lundi à Clermont-Ferrand à deux officiers de gendarmerie, pour avoir ordonné en 2010 la “détention arbitraire” d’un syndicaliste lors d’une visite de Nicolas Sarkozy dans l’Allier. La peine est conforme aux réquisitions prononcées le 15 mai contre l’ancien commandant du groupement de l’Allier, le colonel Patrick Martzinek, et son ex-adjoint, le capitaine Pierre Pouly.

A l’audience, la représentante du parquet avait décrit une “manœuvre de guerre” destinée à neutraliser un militant Sud, Frédéric Le Marrec, pour éviter qu’il ne manifeste devant le chef de l’État, le 25 novembre 2010. Au matin de la visite présidentielle, le syndicaliste avait été interpellé à la sortie de son travail puis conduit à la brigade du Mayet-de-Montagne dans Allier, où il était resté jusqu’au décollage de l’hélicoptère du chef de l’État.

La défense a annoncé son intention de faire appel

Selon les échanges téléphoniques avec la brigade, le capitaine Pouly avait ordonné aux gendarmes de “garder” le militant au prétexte d’une “vérification d’identité”. “En fait c’est une interpellation déguisée, vous avez tous compris”, avait-il ajouté. Le capitaine Pouly avait dit à la barre avoir “exécuté les consignes” de son supérieur, le colonel Martzinek. Mais ce dernier a fait valoir qu’il ne s’agissait pas d’une arrestation, assurant que la brigade était “un lieu de convivialité”.

La défense des deux officiers, qui plaidait la relaxe, a annoncé son intention de faire appel. “L’atteinte à la liberté n’existe pas et l’ordre n’était pas caractérisé”, a réaffirmé Me Gilles-Jean Portejoie, conseil du colonel Martzinek. L’avocat de la partie civile, Me Jean-Louis Borie, a salué “une décision de bon sens”. “Pour moi, le donneur d’ordre, c’est le préfet. Le colonel a choisi le rôle de fusible, donc c’est normal qu’il prenne l’électricité”, a-t-il ajouté.

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Un commentaire

  1. dominique rézeau

    Bonjour,
    Bonne occasion de lire mon ouvrage “Le gendarme de Napoléon qui arrêta le pape”, prix littéraire de la gendarmerie nationale 2012, éd. SPE Barthélémy.
    Le prix de l’obéissance!

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