lundi 28 septembre 2020
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Des gendarmes mobiles à l'entrainement (M. Guyot/Essor)
Des gendarmes mobiles à l'entrainement (M. Guyot/Essor)

Projet de barrage de Sivens : une trentaine de zadistes et sympathisants expulsés par les gendarmes

Une trentaine de zadistes et sympathisants ont réinvesti lundi matin pendant près de trois heures le site du projet de barrage de Sivens dans le Tarn avant d’être expulsés par les gendarmes comme il y a deux mois.

Arrivés vers 07H30 en affichant la volonté de nettoyer la zone des déchets qu’ils y avaient laissés et de montrer leur vigilance face à un nouveau projet, ils ont d’abord pris de cours les gendarmes dont la présence sur le site n’est plus permanente. Les gendarmes sont progressivement arrivés à partir de 08H30, et vers 10H00, avec le renfort de quelques gendarmes mobiles, les forces de l’ordre ont intimé l’ordre aux occupants de quitter les lieux. Le groupe de militants a quitté les lieux, sous l’escorte des gendarmes avant 10H30.

Les militants écologistes étaient venus avec râteaux, fourches et sacs poubelles sur l’ancienne “Zone à défendre” (Zad) qu’ils avaient occupée pendant seize mois avant leur expulsion le 6 mars. “Nous, quand on part, on a pour habitude de nettoyer la zone. Mais nous n’en avons pas eu le temps car on nous a expulsés”, expliquait un membre du collectif d’occupants “Tant qu’il y aura des bouilles”.

L’opération ne visait pas à réoccuper le site, les militants promettant de repartir d’eux-mêmes vers 11H00. Une importante opération de nettoyage est déjà menée depuis le départ des zadistes par des entreprises spécialisées sous contrat avec les autorités. Des tonnes de déchets ont été enlevées. Mais les zadistes ont tenu à faire leur part, en particulier pour “éviter que les vaches, qui vont bientôt revenir sur le site, se blessent en mangeant les clous”, a expliqué une sympathisante, fouraillant avec sa fourche dans l’herbe haute jusqu’aux genoux.

L’opération visait aussi à prouver que les militants restent vigilants face à toute velléité de relancer un projet de retenue d’eau sur le site, après l’abandon du plan initial. Le Conseil départemental du Tarn-et-Garonne a abandonné le 6 mars son projet originel mais a approuvé un barrage diminué de moitié et qui doit être construit non loin du site initial.

Ce nouveau projet, baptisé “Sivens light”, est vivement combattu par les zadistes et leurs sympathisants. “On veut montrer qu’on est toujours là car ce n’est pas fini”, déclarait une sexagénaire tarnaise peu avant l’intervention des gendarmes. Le six mars, les 40 opposants les plus résolus au barrage avaient été expulsés du site où le jeune militant écologiste Rémi Fraisse avait été tué le 26 octobre par l’explosion d’une grenade offensive de la gendarmerie.

Ils avaient opposé une résistance passive à l’expulsion et les gendarmes avaient dû prendre une partie d’entre eux par les bras et les jambes. Cette fois, les occupants, cernés par la troupe de gendarmes, ont obtempéré lorsqu’un gradé leur a signifié qu’ils “violaient des arrêtés préfectoraux”.

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