mercredi 30 septembre 2020
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Manoeuvres avec le bouclier au Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) à Saint-Astier en Dordogne. Photo d'illustration M.G/L'Essor).
Manoeuvres avec le bouclier au Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) à Saint-Astier en Dordogne. Photo d'illustration M.G/L'Essor).

Le Monde : les gendarmes ont tout de suite su la gravité de la situation sur Rémi Fraisse

Les gendarmes ont eu connaissance de la gravité de la situation immédiatement après le tir de la grenade soupçonnée d’avoir tué Rémi Fraisse, le 26 octobre, lors d’une manifestation contre le barrage de Sivens  dans le Tarn, selon Le Monde daté de jeudi.

“Il est décédé, le mec… Là, c’est vachement grave… Faut pas qu’ils le sachent…”, a déclaré un gendarme, quelques minutes après que le corps inerte de Rémi Fraisse eut été récupéré, selon un procès-verbal du 29 octobre où sont retranscrits les propos entendus sur les films réalisés par les gendarmes lors des affrontements entre opposants et forces de l’ordre, le 26 octobre.

Le PV de la SR  de Toulouse cité par Le Monde

Cette phrase, prononcée à 2h03, suit de peu le tir d’une grenade offensive, entre 1h40 et 1h50, en direction d’un groupe de quatre à cinq jeunes, dont Rémi Fraisse, qui jetaient des pierres et des mottes de terre, selon le PV de la Section de recherches  de Toulouse, cité par Le Monde. Le site Mediapart, citant le journal de bord du Groupement tactique gendarmerie (GTG), ajoute que les gendarmes ont indiqué à 01H45 “Un opposant blessé par OF” (grenade offensive), puis, à 01H59, “Opposant blessé serait décédé. Hémorragie externe au niveau du cou”.

Selon le PV de la SR de Toulouse, cité par Le Monde, des gendarmes voient tomber le jeune botaniste de 21 ans après l’explosion et, au milieu des cris, l’un d’eux tente de se rassurer: “C’est bon, il va se relever! Il va se relever, c’est bon!” Mais le jeune militant ne se relève pas et, à 2h00, un “On y va!” est lancé, faisant sortir un peloton pour récupérer Rémi Fraisse au sol. “Il respire ou quoi?”, s’inquiète un supérieur. L’infirmier de l’escadron tente alors les gestes de premiers secours. A 2h03, un gendarme s’écrie : “Il est décédé, le mec… Là, c’est vachement grave… Faut pas qu’ils le sachent…”, selon le PV.

Le procureur de la République injoignable

Le service de communication de la Gendarmerie, interrogé par Le Monde, assure que le “ils” faisait référence aux manifestants et au fait qu’il fallait éviter qu’ils redoublent d’ardeur en apprenant la mort de Rémi Fraisse. Le PV cité par Le Monde figure dans le dossier d’instruction de l’enquête judiciaire menée à Toulouse et qui privilégie la piste d’une grenade offensive pour expliquer la mort. Le procureur de la République, à Toulouse, était injoignable en milieu de journée.

La mort de Rémi Fraisse, botaniste bénévole qualifié de “foncièrement pacifiste” par sa famille et ses proches, a suscité de nombreuses interrogations. La préfecture du Tarn avait annoncé, le 26 octobre dans un communiqué laconique, que les gendarmes avaient “découvert” son corps, laissant entendre que cela n’avait pas eu lieu lors d’affrontements, ce qu’avaient très vite contredit les opposants au barrage. L’avocat de la famille de Rémi Fraisse, Arié Alimi, a récemment affirmé que les circonstances de sa mort avaient été connues dès les minutes qui avaient suivi le tir de grenade. Le président François Hollande a promis toute la lumière sur les faits.

Le porte-parole du gouvernement promet la transparence totale

Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a affirmé mercredi qu'”il y aura une transparence totale” sur la mort de Rémi Fraisse. “La justice a été saisie dès le dimanche matin pour que la transparence soit totale. Il y aura une transparence totale”, a promis le porte-parole du gouvernement à l’issue du conseil des ministres. “Ce qui est dit dans Le Monde de cet après-midi doit être lié à l’enquête qui est en cours, que moi je n’ai pas, mais j’ai bien compris que (…) il y avait un certains nombre d’informations, c’est bien la preuve qu’il y a une enquête qui est en cours, qu’elle se poursuit et qu’elle se poursuivra et que la transparence sera faite”, a-t-il ajouté.

“Et vous ne pourrez pas dire que le gouvernement était au courant et qu’il n’a rien dit. Il a constaté ce décès qui a eu lieu vers 2H00 du matin dans la nuit de samedi à dimanche et il y a eu un communiqué dès dimanche matin”, a assuré Stéphane Le Foll. “Il y a eu un communiqué du ministre de l’Intérieur dès le dimanche matin qui fait état du décès d’un jeune dans le cadre d’évènements qui s’étaient passés dans la nuit”, “cela a été dit. Il n’y a pas à y avoir de discussion”, a-t-il insisté.

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2 Commentaires

  1. Isabelle

    Soutien renouvelé aux forces de l’ordre, gendarmes ou policiers.
    Ecoeurement face à la réaction de certains hauts responsables politiques.

  2. Major Honoraire COQUIN Robert

    Nous voudrions connaître l’origine de la fuite de ce PV de la SR de TOULOUSE qui est relaté par Le Monde et Médiapart. D’où vient ce PV qui semble t-il était dans le dossier d’instruction et par qui il a été donné, en vertu de quoi et sous quelles conditions notamment finance (pourquoi pas). Une plainte pour violation du secret de l’Instruction doit être déposée par le DG où par le Directeur d’enquête (SR de TOULOUSE notamment). Pour l’instant aucun politique ne s’intéresse à cette violation courante des affaires. D’autre part si un Militaire de l’Arme avait été tué, je pense que nous n’aurions pas de tels spectacles de la part de ces gens qui n’aiment pas la Gendarmerie

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