vendredi , 18 juin 2021

Des gendarmes font parti des stagiaires de la formation pays crisogènes organisée par la DCI (Un gendarme a été condamné pour exhibitionnisme. Photo d’illustration (DC/L'Essor)
Des gendarmes font parti des stagiaires de la formation pays crisogènes organisée par la DCI (Un gendarme a été condamné pour exhibitionnisme. Photo d’illustration (DC/L'Essor)

Quatre gendarmes participent au stage pays crisogènes de la DCI

Le stage annuel organisé par la Direction de la coopération internationale (DCI) du ministère de l’Intérieur a commencé lundi 3 mai. Il se poursuit tout a long de la semaine. Le journal Le Parisien et France Info ont pu suivre en exclusivité la première journée de cette formation pas comme les autres qui s’adresse aux policiers et aux gendarmes.

Face à une caméra, un “otage” doit lire un message qu’on lui a préparé. Un texte qui accuse la France d’avoir pris “la tête de la croisade” pour “frapper les musulmans en terre de califat”. Mais ce lieutenant-colonel de gendarmerie prend soudainement ses jambes à son cou. Rapidement rattrapé par des hommes cagoulés et armés, il n’ira pas plus loin. “Je préfère mourir que subir”, lâche-t-il à ses “ravisseurs”.

Quatre gendarmes participent à la formation de la DCI

“Ce n’est pas forcément la bonne stratégie, mais c’est l’instinct de survie”, analyse un des formateurs du “stage pays crisogènes”, organisé chaque année depuis 2017 par la DCI pour les attachés de sécurité intérieure (ASI) et les officiers de liaison en partance pour des pays à risques. Ils sont ainsi seize policiers et gendarmes à participer cette semaine. Un stage éprouvant même pour des hommes aguerris. Trois commissaires, neuf officiers de police et quatre gendarmes, dont un colonel et trois lieutenants-colonels. Des hommes âgés de 36 à 60 ans. Volontaires pour partir, ils rejoindront dès cet été leurs destination: l’Afghanistan, les Comores, Djibouti, le Venezuela, le Burkina Faso, l’Afrique du Sud, le Liban, l’Egypte, le Mali, la Mauritanie…

Le Parisien et France Info ont pu assister à la première journée de cette formation, non obligatoire mais très prisée. Elle se tient quelque part en Île-de-France dans un endroit tenu secret. Il faut dire que le sujet est sensible. Relevant du ministère de l’Intérieur, relais des autorités françaises, ces hommes assureront la sécurité des ressortissants français dans des pays où mouvements sociaux et groupes terroristes peuvent mettre leur vie en péril. Et où ils se mettront d’ailleurs eux-mêmes en danger.

Tester leur résistance au stress

Assurée par un négociateur du Raid, des instructeurs de la DCI et des agents des services de renseignements, la formation plonge ainsi les stagiaires dans des environnements hostiles plus vrais que nature. Différents ateliers sont mis en place. Une prise d’otage par exemple. Les formateurs font subir des interrogatoires musclés à leurs stagiaires tandis que des baffles diffusent des sons de rafales de kalachnikov, des bruits de train et des aboiements de chiens. Une ambiance anxiogène pour tester leur résistance au stress. Certains s’inventent des “légendes”. D’autres ont des réactions inattendues, comme ce lieutenant-colonel qui a réussi, brièvement, à s’enfuir.

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“Le but de ce stage est de donner à nos agents le maximum d’outils: détecter et analyser un dispositif d’explosifs, secourir un blessé d’attentat, effectuer une contre-filature pour se dégager d’une surveillance…”, confie à nos confrères Sophie Hatt, directrice des services actifs de la Police nationale et directrice de la coopération internationale du ministère de l’Intérieur. Passés par des services d’élite, les volontaires savent ce qu’ils encourent. Mais leur détermination est sans faille. La France compte actuellement 73 ASI répartis dans 153 pays partout dans le monde.

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