mardi 20 octobre 2020
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Entrainement aux techniques d'interpellation par des gendarmes mobiles.
Exercice d'interpellation d'un peloton d'intervention de gendarmes mobiles (Photo MG/L'Essor)

Pas de bilan mensuel global de la délinquance

L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) n’a pas publié, pour la première fois, de bilan mensuel global de la délinquance en raison d’une distorsion de chiffres entre la Police et la Gendarmerie.

Entre novembre 2011 et octobre 2012, les violences aux personnes ont augmenté de 13,3% par rapport à la période correspondante 2010-2011 en zone Gendarmerie, implantée surtout en campagne, a relevé mercredi l’observatoire dans son bilan mensuel. “Cette forte hausse contraste avec la variation observée en zone urbaine de police”, ces mêmes violences étant “en légère baisse de 0,6 %”.

Fortes disparités entre la Police et la Gendarmerie

L’ONDRP n’a donc pas, comme de coutume, livré un chiffre global de ces violences, souvent regardées à la loupe car elles sont une plaie de la délinquance depuis des années en France. “La présentation des statistiques mensuelles” de la délinquance “ne se fera pas suivant (les) modèles (…) précédents”, prévient l’ONDRP, en raison des “fortes disparités” entre les faits constatés par la Police et par la Gendarmerie”. Cette dernière, relève-t-il, a ainsi constaté une explosion de 73,3 % des agressions sexuelles, notamment contre des mineurs, alors qu’elles n’ont pas varié du tout en zone police où elles sont en baisse de plus de 1 %.

Réformer l’outil statistique

Cette analyse de l’observatoire, chargé de divulguer mensuellement les chiffres officiels de la délinquance, fait écho au différend droite-gauche survenu à la mi novembre à ce sujet. Le Figaro avait relevé une forte hausse de la délinquance en octobre, la place Beauvau évoquant une “instrumentalisation” et des “manipulations” du précédent gouvernement en réaffirmant sa volonté de réformer l’outil statistique. L’ONDRP avait confirmé une hausse de “certains indicateurs” de la délinquance en zone Gendarmerie, qu’il faut “analyser” en la mettant notamment sur le compte d’un nouvel instrument de collecte des plaintes utilisé par elle depuis quelques mois. Il réitère mercredi cette analyse en la détaillant.

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a fait état il y a une semaine d’une baisse “significative” des violences aux personnes en novembre, quelques jours avant la publication officielle de ce bulletin qui ne compare jamais la délinquance d’un mois sur l’autre.

Le point de vue de l’Essor

“L’ ONDRP ( observatoire national de la délinquance et des réponses pénales ) est confronté à une situation inédite car les nombres des faits constatés par la Gendarmerie nationale depuis près d’un an et en particulier depuis le mois de juin 2012 affichent des particularités d’autant plus remarquables que dans le même temps rien de comparable n’apparaît dans les statistiques.

Cette décision a été prise par la constatation de différences notoires entre les faits constatés de crimes et délits non routiers par la Police nationale et ceux qui l’ont été par la Gendarmerie nationale . Ainsi , à titre d’exemple, en zone Gendarmerie on enregistre + 108,1 % sur 12 mois en octobre 2012 pour les faits constatés de “violences , mauvais traitements et abandons d’enfants” par la Gendarmerie nationale ( soit + 3 555 faits constatés) et + 73,3% sur 12 mois pour les “harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles contre des mineurs” (soit + 1 871 faits constatés).

Sur ces même douze mois, le nombre de faits constatés de ces mêmes infractions a peu varié en zone de police : + 0,3% sur 12 mois en octobre 2012 pour les “violences, mauvais traitements et abandons d’enfants” enregistrés par la Police nationale (soit +37 faits constatés) et – 1,1% sur 12 mois pour les “harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles contre des mineurs” (soit – 59 faits constatés).

Pour l’ONDRP ces phénomènes difficiles à expliquer, peuvent résulter de la nouvelle collecte des statistiques avec l’application PULSAR et, aussi, de l’arrêt annoncé au mois de mai 2012 de la fâcheuse course effrénée aux chiffres, opération qui a toujours eu des conséquences néfastes. Il faut aussi tenir compte du fait que certains faits commis en zone Police sont enregistrés en zone Gendarmerie.

A notre avis, toujours, il faut attendre la suite des évènements pour mieux comprendre et nous faisons confiance à l’ONDRP pour mieux éclairer notre lanterne.”

Accéder au dernier bulletin mensuel de l’ONDRP :

http://www.inhesj.fr/sites/default/files/bm_novembre_2012.pdf

Accéder aux fiches départementales :

http://www.inhesj.fr/sites/default/files/files/departements_octobre_2012.pdf

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