lundi 26 octobre 2020
Accueil / Opérationnel / Mort de Rémi Fraisse : le gendarme qui a lancé la grenade en garde à vue
Justice (Photo Matthieu GUYOT/Essor)
(Photo/MG/Essor).

Mort de Rémi Fraisse : le gendarme qui a lancé la grenade en garde à vue

Les magistrats instructeurs ont placé mercredi en garde à vue le gendarme qui a lancé la grenade responsable de la mort de Rémi Fraisse lors de heurts avec les forces de l’ordre dans la nuit du 25 au 26 octobre dernier sur le site du barrage de Sivens (Tarn).

“Le gendarme qui a lancé la grenade a été placé en garde à vue ce matin par les juges d’instruction”, a indiqué Pierre-Yves Couilleau, procureur de la République à Toulouse, confirmant une information du Parisien et d’Aujourd’hui en France.

Selon l’avocat de la famille de Rémi Fraisse, Arié Alimi, “le choix du régime de garde à vue désavoue ipso facto les conclusions de l’enquête administrative” de l’Inspection générale de la Gendarmerie (IGGN) qui avait écarté, début décembre, toute faute professionnelle des gendarmes. “Une garde à vue ne peut être réalisée que s’il existe des éléments susceptibles d’établir la réalité de l’infraction reprochée”, a rappelé Me Alimi. “Cependant, la garde à vue ne présume rien des suites de l’enquête ni des suites judiciaires qui seront données dans la mesure où toute personne placée en garde à vue est présumée innocente”, a-t-il ajouté.

Une garde à vue “absolument nécessaire” pour GendXXI

“La garde à vue est le cadre le plus porteur de droits”, a souligné le procureur Couilleau, récusant toute conclusion hâtive. “Si, par nature, une garde à vue est symboliquement négative, elle est absolument nécessaire pour que ce gendarme puisse bénéficier de la totalité de ses droits (…) et avoir accès au dossier”, rappelle GendXXI, première association professionnelle de défense des gendarmes tout récemment créée.

 “Avertissements effectués” 

La garde à vue entre dans le cadre de l’information judiciaire ouverte par le parquet de Toulouse pour “violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner”, à la suite du décès le 26 octobre du manifestant Rémi Fraisse, un botaniste de 21 ans, sur le site du projet de barrage contesté dans le Tarn. Cette enquête, ouverte contre X, vise des “faits commis par une personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions”.

Deux juges d’instruction ont été désignés pour mener les investigations. L’IGGN avait estimé dans son rapport que les avertissements préalables au lancer de grenade ont été effectués et que le lanceur avait “démontré sa volonté d’éviter de blesser un manifestant en prenant la précaution d’utiliser une paire de jumelles pour vérifier si personne ne se trouvait dans la zone”.

Dans son audition la nuit même des faits par les enquêteurs, révélée par Mediapart, le lanceur de la grenade, le maréchal des logis chef J., explique avoir pris cette décision “au vue de la situation qui est à (ses) yeux critique”. “Avant de la jeter, je préviens les manifestants de mon intention (…) Je prends soin d’éviter de l’envoyer sur les manifestants eux-mêmes mais à proximité de ces derniers”, déclare-t-il.

“Des adversaires extrêmement déterminés”

Le capitaine J., commandant l’escadron de gendarmerie mobile en charge des opérations, justifie l’emploi d’une grenade offensive en raison d'”adversaires extrêmement déterminés et rompus à ce genre de lutte, équipés de casque, masque à gaz et de boucliers artisanaux pour certains, usant d’explosifs de conception artisanale”, selon un PV d’audition.

L’IGGN avait de plus réaffirmé que les autorités n’avaient eu confirmation de la cause exacte de la mort que le 28 octobre, après les résultats de la police scientifique. Le gouvernement avait été accusé d’avoir tenté de cacher les faits. Les PV d’audition des gendarmes témoins du drame ont cependant montré que les forces de l’ordre avaient fait, dès les heures qui ont suivi le drame, le lien entre la mort de Rémi Fraisse et l’explosion d’une grenade offensive lancée par un gendarme, dont l’utilisation a depuis été interdite par le gouvernement.

Crowdfunding campaign banner

5 Commentaires

  1. Isabelle

    Soutien à ce gendarme qui, comme ses collègues, risquent leur vie pour que notre société ne se laisse pas détruire par ceux qui utilisent la violence comme mode d’action (qu’ils soient terroristes islamistes ou anarchistes, ils veulent détruire, blesser, tuer).
    Si l’on admet que seul la violence exercée par l’État pour protéger les citoyens et leurs intérêts est légitime, alors, c’est la fin de la démocratie.
    Infinie reconnaissance à nos forces de l’ordre (et à nos soldats qui défendent la France à l’étranger, et en ce moment sur notre territoire aussi).

  2. Isabelle

    Correction message précédent : ‘Si l’on n’admet PAS que seule la violence exercée par l’Etat est légitime (…), c’est la fin de la démocratie’.

  3. Thevin Philippe

    Bonjour,
    Soutien indiscutable au gendarme mobile mis en garde à vue !
    Il était dans l’exercice de ses fonctions, et n’avait nullement l’intention de donner la mort. Posons nous la question de savoir ce qu’était venu faire ce manifestant ?, si ce n’est qu’en découdre avec les forces de l’ordre !
    Je souhaite, que toute l’institution de la Gendarmerie Nationale apportera son soutien inconditionnel au Gendarme mobile mise en garde à vue, ainsi qu’au Général Denis Favier, qui a eu le courage de défendre ses hommes.
    Félicitations mon Général.

  4. atos

    je voudrais dire A CELUI OU CEUX QUI ont PRIS CETTE DÉCISION, ce n est surement pas eux (les robes noires de palais de justice) qui sont en 1ere ligne dans les manif ou face aux agresseurs armés ! il est plus aisé et sécurisant de juger bien tranquille dans un fauteuil moelleux,
    un CHARLIE

  5. Jeanmi

    Quelle honte ! Encore une fois c’est les casseurs qui ont raison. Il faut vraiment une réforme de la justice. Courage au chef R.
    J’espère que la direction de la gendarmerie va réagir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Gratuit : la newsletter de "l'Essor"!

Recevez chaque semaine notre newsletter " Rue Bleue " : des articles inédits, une veille sur la presse et des informations pratiques

Votre inscription est réussie ! Pensez à confirmer cette inscription dans le mail que vous allez recevoir. Merci.