lundi 26 octobre 2020
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Martinique : les saisies d’armes par la gendarmerie en progression constante

Sans atteindre les records de la Guadeloupe et de Saint-Martin en terme de criminalité, la Martinique connaît aussi des problèmes prégnants de violence et une banalisation des armes à feu chez les jeunes. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls doit se rendre dans ces trois territoires antillais d’ici une dizaine de jours.

Depuis le 1er janvier, 9 personnes ont été tuées par arme à feu sur les 12 homicides recensés sur cette île de 400.000 habitants.

Les faits armés impliquent surtout les 18-30 ans, une population “de délinquants ou pré-délinquants, déjà dans une logique de violence”, analyse le colonel Philippe Debarge, commandant de la gendarmerie de Martinique. Pour le secrétaire départemental du syndicat SGP FO Police, Michel Marmot, “de plus en plus de gens portent des armes: posséder une arme, ça devient un challenge, un signe de maturité”.

Beaucoup de blessures par balle

Mais ce type de délinquance est aussi rendu possible par la présence de nombreuses armes à feu sur le territoire. 6.843 armes sont détenues légalement en Martinique, mais “on est loin d’imaginer le nombre d’armes qui circulent”, alerte Michel Marmot. Il pointe du doigt les trafics de drogue en provenance de l’île voisine de Sainte-Lucie: “Il y a toujours eu des armes à feu arrivant par canot”.

Cependant, ces “petits arrivages” ne peuvent être à l’origine d’une prolifération des armes en Martinique, nuance le colonel Debarge. Aucun trafic organisé n’a pour l’heure été mis au jour. La provenance de ces armes peut en partie s’expliquer par des cambriolages chez des particuliers, ou la “récupération” de l’arme d’un proche “parfois là depuis longtemps”, avance Matthieu Garrigue-Guyonnaud, directeur de cabinet du préfet.

“Les vols avec armes à feu ont tendance à augmenter”, note le colonel Debarge, et “les sept dernières années, le volume d’armes saisies par la gendarmerie est en progression constante”, sans pouvoir déterminer si les contrôles sont simplement plus efficaces ou si la circulation d’armes augmente. Sur les huit premiers mois de l’année, 330 armes ont été saisies, contre 306 en 2012, dont 55 armes de poing et 24 armes d’épaule, le reste étant constitué d’armes blanches, selon les chiffres de la préfecture.

Les dégâts sont constatés sur le terrain par les services de secours. “Il y a beaucoup de sorties pour blessure par balle, à peu près une par semaine en moyenne”, assure un médecin du Samu de Fort-de-France, ajoutant que ce sont des “dossiers habituels” au Samu. Les autorités confirment l’utilisation d’armes de petit calibre, parfois “anciennes” et souvent “trafiquées”.

La préfecture va lancer dans les semaines à venir une campagne “Déposez les armes”, comme celles qui ont eu lieu en Guadeloupe.

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