dimanche 17 février 2019
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Les gendarmes mobiles protégeant l'Assemblée nationale, le samedi 9 février (Crédit photo: Capture d'écran Télé bocal).
Les gendarmes mobiles protégeant l'Assemblée nationale, le samedi 9 février (Crédit photo: Capture d'écran Télé bocal).

Blessure grave devant l’Assemblée : une réponse “très graduée et très progressive”, dit le général Cavallier

On en sait un peu plus sur le lancer de la grenade qui a entraîné la blessure grave d’un manifestant devant l’Assemblée nationale, ce samedi 9 février. Selon le général (2S) Bertrand Cavallier, spécialiste du maintien de l’ordre, c’est bien une grenade GLI-F4 qui serait à l’origine de la grave blessure à la main de Sébastien M., un jeune plombier d’Argenteuil.

Une enquête a été confiée à l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN) par le parquet de Paris. Les enquêteurs vont rechercher à détailler les circonstances du lancer de grenade et voir s’il a bien été conforme à la doctrine.

Lire aussi sur L’Essor: Blessure à la main devant l’Assemblée: l’IGGN saisie par le parquet

Des gendarmes sereins

Ces investigations sont attendues sereinement par les gendarmes. Car selon Bertrand Cavallier, ancien commandant du Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) de Saint-Astier (Dordogne), la réponse des militaires dans l’opération de maintien de l’ordre “a été très graduée et très progressive”.

Les violences devant l'Assemblée nationale, ce samedi 9 février (Crédit photo: capture d'écran Ruptly).
Les violences devant l’Assemblée nationale, ce samedi 9 février (Crédit photo: capture d’écran Ruptly).

Samedi, la tête de cortège des Gilets jaunes mobilisés pour la treizième journée de manifestation chemine sans incident devant l’Assemblée nationale. C’est après son passage que plusieurs personnes s’en prennent aux palissades d’un chantier situé près d’une entrée du Palais-Bourbon donnant sur la Seine. Des gendarmes de l’escadron 12/6 de Lodève (Hérault) sont présents sur le trottoir devant l’Assemblée, tandis que des gardes républicains sont déployés derrière les grilles. La tentative d’intrusion est d’abord contrée par les mobiles et les gardes républicains avec des lancers de grenades lacrymogènes.

Faisant face aux manifestants, les gendarmes mobiles essuient plusieurs jets de projectiles. Les premières grenades n’ayant pas été suffisantes, c’est à ce moment là, selon Bertrand Cavallier, que le commandant du peloton en personne lance une grenade GLI-F4 au sol pour éviter une intrusion dans la chambre des députés. Une vidéo montre alors un jeune homme qui fait un pas vers la grenade avant de baisser pour la saisir. De son côté, l’avocat du jeune blessé – on ignore s’il est bien l’homme de la vidéo – a assuré que son client avait essayé de se protéger avec sa main.

Fin de dotation

La grenade à fusil et à main lacrymogène instantanée (GLI) modèle F4 est la munition la plus puissante qui équipe les gendarmes. A cause de son action explosive due à la présence de tolite, cette arme de force intermédiaire est à triple effet lacrymogène, sonore et de souffle.

Lire aussi sur L’Essor: La GLI-F4, une grenade sur la voie de garage (actualisé)

Elle est actuellement en fin de dotation. Contestée, elle va équiper les unités jusqu’à épuisement des stocks. La crise des Gilets jaunes et l’intense utilisation de ce type d’armes intermédiaires par les forces mobiles devraient accélérer son remplacement. Le premier calendrier esquissé prévoyait une disparition progressive de la GLI-F4 dans l’arsenal des gendarmes au cours des années 2020-2022.

Sa remplaçante, la GM2L, est déjà en service. Elle a par exemple été utilisée dans l’opération de maintien de l’ordre de Notre-Dame-des-Landes au printemps 2018. Fabriquée par la même société, la société d’armement et d’études Alsetex, qui appartient au groupe Etienne Lacroix, cette grenade est assourdissante et lacrymogène, mais sans effet de souffle contrairement à la GLI-F4. Contrairement à cette dernière, la GM2L ne contient pas d’explosif brisant mais un dispositif pyrotechnique.

Gabriel Thierry

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Un commentaire

  1. Mreno

    Ayant participé aux événements de 1968, avec des équipements pour le maintien de l’ordre qui étaient très loin de ceux qui équipent les personnels aujourd’hui, je précise qu’à cette époque il y avait des morts lors des manifestations, un commissaire de Police notamment.le ministre de l’intérieur, le Préfet de Police avaient su dans l’ensemble gérer ces troubles. Mais surtout, les politiques de l’époque avaient pris les bonnes décisions. Je pense en particulier au Général de Gaulle mais aussî a Georges Pompidou. Nous avons la sensation, aujourd’hui, que le gouvernement manque tres sérieusement d’expérience dans la gestion des affaires, ce qui est profondément regrettable. Je veux rendre hommage aux personnels des Escadrons de Gendarmerie Mobile dont la mission s’avère de plus en plus compliquée malgré une formation beaucoup plus complète et technique que dans les années 60. Mon profond respect à ces gendarmes qui travaillent sur le terrain dans des conditions extrêmement difficile.

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