mercredi 21 août 2019
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Un village en Guyane
Un village en Guyane (Photo d'illustration L'Essor).

L’opération Harpie, une mission à risques pour les militaires

Trois nouvelles victimes de plus. Après le dramatique accident de ce mercredi 17 juillet, le nombre de militaires morts durant une mission de l’opération Harpie s’élève désormais à huit, selon le ministère des Armées.

Un hommage leur est rendu ce mercredi 24 juillet au 19ème régiment du génie de Besançon, l’unité des trois hommes. Une cérémonie privée à laquelle participe la ministre des Armées Florence Parly aux côtés des familles des victimes. C’est la ministre qui prononcera l’éloge funèbre devant les cinq autres soldats blessés lors de l’opération.

Harpie est une opération bien connue des gendarmes. Et pour cause: depuis le début de la mission, en 2008, les gendarmes s’y succèdent, au péril de leur vie – trois d’entre eux seront ainsi blessés en 2012. Cette mission a pris le relais d’Anaconda (2002-2008), une opération elle uniquement composée de militaires de l’Arme. En 2006, au cours de cette opération, l’adjudant Alain Claverie s’était noyé, emporté par le fleuve.

Lire aussi sur L’Essor: Militaires tués en Guyane en luttant contre l’orpaillage illégal: leurs biographies

Une opération risquée

Depuis l’année dernière, les gendarmes sont montés en puissance dans Harpie. L’an passé, selon le dernier bilan disponible, près de 260 gendarmes étaient ainsi mobilisés. La préfecture de Guyane avait salué un “investissement accru” de l’Arme, notant que les effectifs engagés en forêt avaient “très sensiblement” augmenté.

L’opération Harpie, dirigée par le préfet et le procureur de la République, tente de mettre sous pression les orpailleurs. “Tant qu’il y aura de l’or, il y aura des garimpeiros, rapporte à l’AFP le directeur de cabinet du préfet de Guyane, Olivier Ginez. Notre but est de tenir le coffre et de travailler à trouver des alternatives économiques à l’orpaillage, via le développement.”

Mais l’activisme des forces de l’Etat – Harpie rassemble notamment, outre la Gendarmerie, les forces armées en Guyane et les douanes – dérange les orpailleurs. Il y a plus d’un mois, en juin 2019, deux gendarmes mobiles et un chasseur alpin sont blessés au cours d’une mission. Ils ont subi un “abordage“, selon la gendarmerie de Guyane, qui a provoqué “des blessures graves”.

Lire aussi sur L’EssorGuyane: Des gendarmes et des chasseurs alpins blessés lors de l’éperonnage de leur pirogue

Des risques bien connus de l’ancien gendarme David Gris. Ce dernier est l’auteur d’un ouvrage sur la mission Harpie, “Garimpeiros: la lutte contre l’orpaillage illégal racontée par un gendarme“. Une “ruée vers l’or” qu’il a décrite sur Franceinfo. Les orpailleurs, explique-t-il à la radio, “ont une économie parallèle et leurs propres lois dans la forêt. Ça se termine souvent en bain de sang, non seulement de leur côté mais aussi du nôtre”.

Saisies en hausse des gendarmes

Conséquence de la présence accrue des gendarmes, les saisies sont en hausse. L’an passé, les gendarmes avaient saisi 26 millions d’euros de matériel, contre environ 14 millions l’année précédente. Dans le détail, 765 sites avaient été détruits en 2018 et 120 kilos de mercure et 5 d’or saisis.

Pollution d'une crique par l'orpaillage en juillet 2006 (Crédit photo: Nateko/ Wikipedia).
Pollution d’une crique par l’orpaillage en juillet 2006 (Crédit photo: Nateko/ Wikipedia).

En tout, en 2018, 1.267 missions ont été conduites sur les terrains occupés par les Garimpeiros, ces orpailleurs illégaux. Ils seraient environ 10.000 à chercher de l’or dans la jungle guyanaise. En plus d’être criminelle, cette activité est désastreuse pour l’environnement.

Le mercure utilisé pour l’extraction pollue les cours d’eau et les rivières, créant un risque sanitaire pour les populations locales. Quant à la déforestation causée par les chercheurs d’or, elle inquiète: entre 2001 et 2018, ce sont 157.000 hectares de forêt qui ont été détruits pour l’extraction de l’or, selon un rapport du WWF.

Camille Chatelain

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