vendredi , 18 juin 2021

La traque de Valentin Marcone continue. Illustration: hélicoptère EC-145 de la Gendarmerie nationale. (L.Picard/L'Essor)
La traque de Valentin Marcone continue. Illustration: hélicoptère EC-145 de la Gendarmerie nationale. (L.Picard/L'Essor)

L’inquiétant profil de Valentin Marcone, le fugitif suspecté d’avoir abattu son patron et un de ses collègues aux Plantiers

Valentin Marcone, 29 ans, demeure introuvable. La traque de l’homme le plus recherché de France, suspecté d’avoir abattu son patron et l’un de ses collègues de travail dans une scierie des Plantiers (Gard), le mardi 11 mai au matin, mobilise des hélicoptères, des drones, des brigades cynophiles et près de 350 gendarmes, dont des hommes du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN).

La gendarmerie a lancé, jeudi 13 mai, un appel à témoins pour tenter de retrouver le suspect qui se cache au cœur de la forêt cévenole. Une zone de 15km2, quadrillée jour et nuit par les forces de l’ordre. La prudence s’impose. Très bon tireur, le fugitif est armé. “Il semblerait qu’il puisse y avoir une arme de poing, probablement celle utilisée lors du double assassinat, et une arme longue dont les caractéristiques laissent envisager une dangerosité toute particulière” a expliqué le procureur de la République de Nîmes Eric Maurel.

Des éléments de personnalité inquiétants

Lors des perquisitions menées à son domicile, les enquêteurs ont mis la main sur une douzaine d’armes et 3.300 munitions de tous calibres. Licencié dans un club de tir sportif, le suspect dispose d’un permis de port d’armes. Une passion omniprésente sur son compte Facebook que les enquêteurs étudient actuellement. Illustré par l’image d’une carabine, ce dernier révèle, selon le procureur, “des éléments de personnalité qui tendent à confirmer la dangerosité criminologique de cet individu”. Le suspect, qui aurait voulu devenir tireur d’élite avant d’être recalé pour des problème de vue, y multipliait les références à un jeu vidéo de guerre. Plus inquiétant, il publiait également régulièrement des messages hostiles aux autorités : police, justice ou hommes politiques. 

Un profil qui contraste de prime abord avec la vie de famille de ce presque trentenaire, marié et père d’une petite fille. Cet homme aux cheveux châtain très courts et aux fines lunettes cache en effet une personnalité procédurière et un comportement de “type paranoïaque” depuis quelques temps, selon le procureur d’Alès, François Schneider.

Il tue son patron pour une simple remarque

Installé depuis une dizaine d’années aux Plantiers, commune de 259 habitants, Valentin Marcone, décrit comme discret et ayant peu ou pas d’amis, était en conflit avec de nombreuses personnes. Ancien employé de mairie, il avait lancé une procédure aux prud’hommes contre l’ancien maire des Plantiers. Il avait aussi déposé de nombreuses plaintes dont certaines classées sans suite et faisait lui-même l’objet de poursuites. Il n’était cependant pas connu pour des violences et son casier judiciaire est vierge. Selon France Info, quatre familles des Plantiers avec lesquelles le suspect avait eu maille à partir ont tout de même été évacuées de leur domicile par mesure de précaution.

Alors, que s’est-il passé ce mardi 11 mai dans la scierie où il travaillait depuis environ un an ? D’après une habitante du village, citée par l’AFP, l’homme aurait pu “péter les plombs” en raison du confinement et de ses différents professionnels et de voisinage. Ce matin-là, après une simple remarque de son patron, à qui il n’aurait pas dit bonjour, il a sorti un pistolet et tiré, abattant le chef d’entreprise de 55 ans, puis un de ses collègues de 32 ans qui tentait de s’interposer, de plusieurs balles dans la tête. Le mis en cause est ensuite rentré chez lui. Il aurait récupéré une arme et des vêtements et serait parti dans les bois.

Plusieurs hypothèses à l’étude

Un important dispositif de surveillance aérienne par hélicoptères et drones et de blocage des axes routiers et contrôle des automobilistes est mis en place depuis le 11 mai. Pour l’heure, rien ne le fait sortir de sa cachette, pas même les appels à la reddition de son père. Valentin Marcone a-t-il pu passer entre les mailles du filet ? C’est peu vraisemblable compte tenu des moyens engagés. A-t-il mis fin à ses jours ? Son profil, extrêmement déterminé, rend cette hypothèse peu probable même si les chiens de la Gendarmerie n’ont pour l’instant pas réussi à la pister.

Lire aussi: Les gendarmes mobilisés sur un double meurtre dans le Gard, le GIGN en renfort (actualisé)

Reste une dernière possibilité, aujourd’hui privilégiée par les autorités. Celle que Valentin Marcone a fait le choix de rester sur un territoire qu’il connaît très bien, où il lui arrivait de chasser et de s’entraîner au tir. “Il peut potentiellement nous attendre sur son terrain, dans sa zone de confort. Il a peut-être installé un poste de combat”, remarquait jeudi le commandant du groupement de gendarmerie du Gard, le général Philippe Ott. Des propos appuyé par Eric Maurel: Valentin Marcone, “est apte à la survie en milieu hostile”. Il a “l’habitude de partir en montagne, de faire des randonnées. C’est un chasseur”.

4 comments

  1. Certes la législation sur les armes n’est pas votre tasse de thé, mais depuis le temps que les faits divers sont en leur centre faites l’effort d’aller à la source avant de reprendre une dépêche et d’évoquer induement le ”port d’armes”.
    C’est une disposition strictement accordée à un nombre limité de personnes et qui ne concerne pas les adhérents de la Fftir.
    Les armes sont classées en 4 catégorie et leur détention répond à des règles précises dont l’autorisation préfectorale pour celles qui relèvent de la catégorie B.
    Le nombre d’armes susceptibles d’être détenues par un tireur licencié Fftir est de :
    – 03 armes de poing à percussion annulaire à un coup pour un mineur de 12 ans.
    – 12 armes quel que soit le type d’arme et de 10 armes de poing à percussion annulaire à un coup pour un majeur.
    Par arme il est autorisé l’acquisition de 1000 cartouches renouvelable une fois par an.
    https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/N287
    Enfin, l’implication des tireurs sportifs dans des faits divers de quelque type que ce soit est infime au regard des 228.000 licenciés.

    • “Enfin,l’implication des tireurs sportifs dans des faits divers de quelque type que ce soit est infime au regard des 228.000 licenciés.”
      C’est bien un tireur sportif qui a tué les trois gendarmes de la Compagnie de Gendarmerie d’Ambert (63) dans la nuit du 22 au 23 décembre 2020 et un tireur sportif qui vient de tuer deux personnes à Les Plantiers (30).
      5 morts,c’est “infime”?
      Les veuves et les orphelins apprécieront…
      Faites attention quand vous écrivez !

      • Le quotidien “Sud-Ouest” publie aujourd’hui dans son édition numérique Premium un article de Sylvain Cottin titré “De Xavier Dupont de Ligonnès jusqu’au tueur des Cévennes,les clubs de tir dans la ligne de mire”.
        Les lecteurs abonnés de cette édition peuvent constater que les tireurs sportifs et futurs criminels ne sont pas “infimes”.

  2. Le respect dû aux proches des victimes n’interdit pas d’établir un ratio de la mortalité liée à la pratique du tir sur une année. Or, il est incomparable en nombre très limité de victimes par rapport à toutes celles susceptibles d’une quelconque statistique.

    En matière de prévention, au niveau de la pratique du tir sportif et de loisir au sein d’un club de tir, il existe une
    chaine de contrôles qui n’assure pas une efficacité avérée : la preuve en est apportée par les deux derniers cas vécus par la gendarmerie.

    Au départ, il s’agit des conditions de délivrance ou de renouvellement d’une licence de tir, puis de celle de l’avis favorable préalable à la détention d’arme autorisée ou déclarée.
    La première, l’absence de non contre-indication médicale à la pratique du tir n’est le reflet que de l’instantanéité d’une consultation dans un cabinet médical.
    La seconde peut être le résultat d’une absence d’unité de la politique pénale au plan national voire la conséquence de l’organisation du traitement du volume du contentieux au sein de chaque juridiction.
    La troisième a été l’objet en août 2020 d’une modification significative du dispositif de contrôle annuel (3) des tirs, transférant la responsabilité d’octroi de l’avis favorable à la détention ou au renouvellement d’une arme de la Préfecture au seul président de club !
    Une réglementation qui antérieurement, dans un même esprit d’allègement des charges, a réduit le rôle des forces de l’ordre au ‘’ contrôle de la détention et de la circulation des armes ‘’, L’acuité de cette mission est à situer en parallèle de toutes les autres priorités fixées aux F.O.

    Force est de constater que les capacités d’appréciation des administrateurs d’un club de tir sont limitées et que leurs ‘’radars’’ comme ceux de la gendarmerie n’ont pas offert l’efficacité suffisante permettant d’écarter un tireur potentiellement dangereux. Au demeurant, il existe tout autre moyen de commettre un homicide sans être membre d’un club de tir ce que semble démonter la rubrique des faits divers avec les formes différentes d’utilisation de la coutellerie.

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