mercredi 8 avril 2020
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Les chiens, majoritairement des Husky, ont été retrouvés dans des conditions qualifiées de déplorables par les gendarmes. (Photos : GGD66/Facebook)
Les chiens, majoritairement des Husky, ont été retrouvés dans des conditions qualifiées de déplorables par les gendarmes. (Photos : GGD66/Facebook)

Ce que révèle l’enquête des gendarmes sur un élevage de chiens insalubre dans les Pyrénées-Orientales 

Suite à un signalement reçu fin janvier, une cinquantaine de chiens ont été saisis par les gendarmes du Soler, dans les Pyrénées-Orientales. Élevés dans des “conditions déplorables“, les animaux ont été recueillis par la société protectrice des animaux (SPA). Entre découvertes, pétition et constitution de partie civile, l’enquête — qui se poursuit — agite le département.

Un élevage non-déclaré

C’est sans doute le bruit qui aura en premier lieu attiré l’attention des riverains et des passants de la commune du Soler, dans les Pyrénées-Orientales. Certains s’inquiètent. Les aboiements sont parfois nombreux. Informés de potentiels faits de maltraitance animale, les gendarmes ouvrent une enquête, sous la direction du parquet. Rapidement, ils remarquent au cours de leurs patrouilles que les bruits pourraient correspondre à la présence de nombreux animaux. “Bien plus que neuf chiens”, confirme un militaire de la brigade locale ayant participé aux investigations. Or le site n’est pas apparemment pas déclaré comme un élevage et n’a fait l’objet d’aucune inspection des services compétents.

Pourtant, toute personne qui détient plus de neufs chiens, se doit de répondre à plusieurs obligations légales. La principale étant la mise en place d’installations conformes, jugées indispensables au bien-être animal. Elles doivent également permettre une bonne gestion des déchets et la limitation des potentielles nuisances, qu’elles soient sonores ou encore olfactives.

Les animaux dans la tempête

Nous sommes fin janvier. Alors que la région vient de subir le passage de la tempête Gloria, de nouvelles intempéries sont annoncées. Accompagnés des services vétérinaires et de membres de la société protectrice des animaux (SPA), les gendarmes constatent sur place que les chiens sont détenus dans des conditions visiblement déplorables. Le terrain sur lequel le chenil semble installé est inadapté. Les boxes dans lesquels vivent les animaux sont grillagés mais ne disposent pas de toiture qui permettrait de les abriter de la pluie. Certains enclos sont même partiellement inondés. Par ailleurs, ils ne trouvent aucune gamelle de nourriture. Seules des gamelles d’eau sont présentes, mais souillées par de la boue. Des détritus et gravas jonchent aussi le terrain.

47 chiens placés en refuge

Face aux éléments, le parquet décide de la saisie des animaux et de leur placement en refuge. Pour une grande majorité, les chiens saisis sont des Huskies. On compte également quelques bergers allemands et chiens loups tchèques. D’après la SPA qui a pris en charge les animaux dans le cadre d’une réquisition judiciaire, au total 47 chiens ont été recueillis. En effet, outre les animaux présents sur le site d’élevage, d’autres chiots étaient également présents au domicile de la personne mise en cause. Ils ont depuis été repartis dans différents refuges.

“La saisie des chiens découle dune procédure durgence, souligne la responsable du service de protection animale de la SPA, contactée par L’Essor. Avec la médiatisation de l’affaire au cours des derniers jours, nos refuges sont débordés d’appels de personnes qui souhaitent adopter ces chiens. Mais il est important de préciser que pour le moment, ces animaux font l’objet d’une procédure judiciaire et ne peuvent pas être proposés à l’adoption.”

Une pétition pour “sauver les chiens”

Depuis la saisie, la propriétaire des chiens milite d’ailleurs sur internet pour prouver publiquement sa bonne foi et récupérer ses animaux. Elle dénonce un conflit avec des voisins et une association locale, qui auraient profité des conditions météorologiques exceptionnelles pour la dénoncer aux autorités. Une pétition en ligne a même été lancée. Dans cette dernière, la propriétaire tente de défendre la rusticité des installations. “Il ne faut pas oublier que nos chiens sont des nordiques primitifs. Dans leur milieu naturel, ils évoluent en montagne avec des températures polaires et des conditions extrêmes sans difficulté!” Au moment où nous publions, elle dépasse les 600 soutiens.

Lire aussi : Un trafic international de chiens démantelé en Haute-Saône

Les chiens en vente sur Le Bon Coin

Mais au-delà de la négligence envers les animaux et de la non-conformité des installations, un autre volet intéresse à présent les enquêteurs. Appuyés par les services des impôts, les gendarmes se penchent aujourd’hui sur les bénéfices qu’aurait réalisée la mise en cause. En effet, se revendiquant comme un élevage, elle proposait ses chiens à la vente sur internet, via son site web et la plateforme de petites annonces Le Bon Coin. Problème, cette activité n’aurait pas non plus été déclarée aux services de l’État compétents.

Pour l’heure, l’enquête se poursuit. Le parquet décidera prochainement des suites à donner. La SPA s’est quant à elle constituée partie civile pour défendre les droits des animaux.

Loïc Picard

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