samedi 23 mars 2019
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photo d'illustration : Les gendarmes de l'OCLCH escortent un homme soupçonné de crimes de guerre (Illustration. Ph O. GENZEL/OCLCH )
Photo d'illustration : Les gendarmes de l'OCLCH escortent un homme soupçonné de crimes de guerre (Illustration. Ph O. GENZEL/OCLCH )

Les gendarmes arrêtent un criminel de guerre syrien présumé

Les gendarmes français viennent de réaliser une importante arrestation : celle d’un criminel de guerre syrien, soupçonné de crimes contre l’humanité entre 2011 et 2013 dans son propre pays.
Selon les informations de L’Essor, l’homme a été interpellé mardi en région parisienne par des gendarmes de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH) et de la section de recherches (SR) de Paris.

Ce syrien doit être présenté vendredi à un juge d’instruction en vue d’une mise en examen, ce qui constitue une première en France dans la traque des responsables d’exactions attribuées au régime de Bachar al-Assad. Le parquet de Paris avait ouvert mardi une information judiciaire pour “actes de torture”, “crimes contre l’humanité” et “complicité de ces crimes”.

Depuis janvier 2018, les investigations sur ce suspect sont conduites par la section AC5 du parquet de Paris, pôle compétent pour les crimes contre l’humanité, les crimes et les délits de guerre.
L’OCLCH, bras armé de la section AC5, avait monté une équipe commune d’enquête avec le BKA, l’office fédéral de police criminelle allemand. Une collaboration qui a permis à la police allemande d’arrêter, également mardi, deux autres Syriens en Allemagne. L’OCLCH avait également envoyé des équipes dans d’autres pays européens dans le cadre de ce dossier.

L’homme interpellé en France est un ancien membre des services de renseignement syrien, repéré en janvier 2018 par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). On le soupçonne d’avoir participé aux exactions commises contre des civils entre 2011 et 2013.  Les deux autres suspects arrêtés en Allemagne sont aussi soupçonnés d’être également d’anciens agents syriens.

Les dossiers relatifs à la Syrie constituent désormais le plus gros portefeuille des dossiers traités par l’OCLCH. Sur un total de 105 dossiers traités actuellement par l’office, 25 soit du près du quart, concernent des crimes de guerre, des crimes de tortures et des disparitions forcées de militaires et de civils, liés à la guerre civile en Syrie.

Fin janvier, la ministre des Armées Florence Parly a déclassifié 14 notes secret défense de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) concernant ces crimes de guerre à la demande de deux magistrats parisiens. La ministre avait fait de même ,fin novembre 2018, pour six notes de la DGSE et de la direction du renseignement militaire (DRM) à la demande des mêmes magistrats

Parmi les dossiers syriens dont l’OCLCH a été saisi, figure celui connu sous le nom de “César”, nom de code d’un photographe de la police militaire syrienne qui a fait défection avec les photos de 5.500 cadavres d’opposants torturés puis suppliciés. Son CD-ROM a été remis à six pays européens, dont la France qui s’est saisie du dossier pour rechercher si des victimes sont françaises.

Né en 2013, l’OCLCH est le benjamin des 14 offices centraux du ministère de l’Intérieur. Installé à Paris et dirigé par le colonel de gendarmerie Eric Emeraux, il compte  une vingtaine d’hommes et de femmes.

Il gère également des dossiers sur le Rwanda, la République centrafricaine, la Côte d’Ivoire, la Bosnie, le Kosovo, le Sri Lanka, le Soudan du Sud, l’Irak et la Libye.

 

P-M.G

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