vendredi 30 octobre 2020
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Canon à eau, lacrymo, Flashball... Pour concilier liberté de manifester et maintien de l'ordre, les méthodes varient d'un pays européen à l'autre et ont été examinées lundi lors d'une rencontre organisée à Paris par le Défenseur des droits, Jacques Toubon.

Les forces de l’ordre européennes comparent leurs moyens d’action

Canon à eau, lacrymo, Flashball… Pour concilier liberté de manifester et maintien de l’ordre, les méthodes varient d’un pays européen à l’autre et ont été examinées lundi lors d’une rencontre organisée à Paris par le Défenseur des droits, Jacques Toubon.

Les réclamations adressées au Défenseur des droits concernant la “déontologie de la sécurité” ont augmenté de 22,9% en 2014. Il instruit actuellement une quarantaine d’affaires portant sur le maintien de l’ordre, dont quatre concernent des personnes victimes d’un tir de Flashball. Il enquête aussi sur la mort de Rémi Fraisse, tué par un tir de grenade offensive (modèle désormais interdit) sur le site du barrage contesté de Sivens (Tarn).

A Paris et dans la petite couronne, “nous sommes passés de 6,2 millions de défilants en 1999 à 11 millions pour 2013 et 9,1 millions en 2014”, a expliqué le commissaire Laurent Perraut, chef de la division de l’ordre public. Il y a eu en moyenne 13 manifestations par jour en 2014. Altermondialiste, hooligan, personne “en situation de désespérance sociale”…

Le manifestant est “polymorphe” et parfois “violent”, a décrit le colonel Pierre Casaubieilh, chef du centre d’entraînement des forces de gendarmerie, avançant qu’il fallait faire preuve de “discernement”. Selon lui, de nouvelles technologies entrent en scène: des drones, par exemple, mais à l’avenir peut-être aussi l’ADN synthétique, le canon à son, l’éblouissement… Car si les forces de l’ordre en Europe s’accordent sur le principe d’une réponse proportionnée et graduée aux violences, les moyens et modes d’intervention varient.

En Belgique par exemple, pas d’unité dédiée au maintien de l’ordre, ce sont les policiers locaux qui interviennent sur leurs propres terrains. En Allemagne, l’usage du canon à eau est courant “et n’est pas considéré come une arme car il ne blesse pas”, a expliqué le commissaire divisionnaire Karl-Heinz Schenk, de la police fédérale, mais le Flashball ou le gaz lacrymogène sont prohibés.

En Angleterre, les policiers ont “deux fois moins de jouets” que leurs homologues européens, selon Colin Morgan, chef du maintien de l’ordre de la police de l’ordre. Plutôt que de savoir quelles armes sont utilisées, “c’est plus important de savoir comment elles sont utilisées”, a jugé Anita Danka, conseillère du département des droits de l’Homme à l’OSCE. Selon elle, “les techniques de la police représentent parfois un risque d’escalade et pas de désescalade” de la violence.

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