mercredi , 16 juin 2021

véhicules de gendarmerie (S.D L'Essor).
Photo d'illustration (S.D L'Essor).

Les dispositifs d’appuis interdépartementaux généralisés

Le ministère de l’Intérieur s’apprête à généraliser les dispositifs d’appuis interdépartementaux des gendarmes. Le Gouvernement avait validé cette réforme il y a plus d’un an.

Cette réforme vise à réduire les délais d’interventions en s’affranchissant des découpages judiciaires et administratifs. “Ce dispositif va désormais être généralisé à l’ensemble des unités situées à moins de 20 kilomètres d’une limite départementale”, précise la Place Beauvau dans une réponse parlementaire. L’extension concerne 735 unités. Jusqu’ici, seules 224 unités de Gendarmerie réparties sur 41 départements pouvaient dépasser les frontières de leur préfecture.

Lire aussi: Le Premier ministre valide le dispositif d’appui interdépartemental de la Gendarmerie

Edouard Philippe, alors Premier ministre, avait annoncé cette réforme en septembre 2019. Il s’exprimait lors du congrès de l’association des maires ruraux de France. Une déclinaison, expliquait-il, de la police de sécurité du quotidien. “Nous donnerons la priorité au contact, soulignait Edouard Philippe. Nous concentrerons également les efforts sur les publics les plus vulnérables. Et puis nous formerons nos gendarmes pour les aider à mieux prendre en compte des spécificités de la sécurité du monde rural.”

Le dispositif de gestion des événements

L’Arme revoit donc ses interventions entre les préfectures avec ces dispositifs d’appuis interdépartementaux. Mais elle planche également sur ses interventions à l’intérieur de chaque département. C’est la réforme du dispositif de gestion des événements. Les “DGE” permettent “de décloisonner les assiettes territoriales en mutualisant les patrouilles de plusieurs unités”. Les marges dégagées sont réinvesties dans des missions de contact et de prévention de la délinquance”, remarque également la Place Beauvau dans sa réponse au sénateur Hervé Maurey.

Une nouvelle organisation qui s’appuie sur l’informatique. “Le commandant de groupement de gendarmerie départementale peut désormais analyser, à partir des données issues des interventions du passé, le nombre de patrouilles nécessaires pour assurer la fonction intervention sur un territoire donné et sur une période de temps, expliquait la direction générale. Un algorithme optimise le juste besoin en fonction des positions choisies.”

Toutefois, contrairement à celle des dispositifs d’appuis départementaux, cette réforme suscite des interrogations. Si, sur le papier, la nouvelle organisation doit permettre la réduction du nombre de permanences de gendarmes, des militaires doutent. “Au final, c’est un bouzin qui va plomber la Gendarmerie”, s’inquiète un sous-officier sur un forum de gendarmes. Ce militaire craint “plus de fatigue, plus de permanences, des délais d’interventions à rallonge, et bien entendu tous les dangers qui s’y rattachent“. Une inquiétude partagée par l’association professionnelle GendXXI qui avait demandé à la rentrée un audit du nouveau dispositif. “Il est urgent de dialoguer pour éviter de remplacer notre modèle de travail par un système innovant mais au final moins efficace”, expliquait l’association sur sa page Facebook.

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