mercredi 21 octobre 2020
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Agé de 21 ans, le conducteur soupçonné d'avoir mortellement fauché le gendarme mercredi nie en bloc alors que deux de ses camarades ont rapporté aux enquêteurs qu'il avait foncé délibérément sur la victime. Il était en cours de défèrement samedi soir à Nice et devrait, notamment, être mis en examen pour "homicide volontaire sur militaire de la Gendarmerie dans l'exercice de ses fonctions" et "tentative d'incendie volontaire de véhicule automobile".

Le meurtrier présumé du major Briere devant les juges

Le conducteur de 21 ans soupçonné d’avoir mortellement fauché mercredi un gendarme au volant d’une voiture volée, était en cours de défèrement samedi soir à Nice, alors que deux camarades ont rapporté aux enquêteurs qu’il avait foncé délibérément sur la victime.

Ce jeune homme, qui nie en bloc, devrait notamment être mis en examen pour “homicide volontaire sur militaire de la gendarmerie dans l’exercice de ses fonctions” et “tentative d’incendie volontaire de véhicule automobile”, à l’issue de sa présentation à deux juges d’instruction avec cinq autres suspects, a précisé le procureur Eric Bedos.

Le major Daniel Briere, âgé de 52 ans, marié et père de deux enfants, dirigeait mercredi une enquête sur le terrain pour interpeller le voleur d’une Austin Mini, subtilisée la veille et repérée à La Grave-de-Peille dans l’arrière-pays niçois. Le conducteur du véhicule l’a projeté en l’air à environ 12 mètres.

Il a ensuite partiellement incendié la voiture, avant de prendre la fuite à pied et d’être interpellé le lendemain. Le militaire est lui décédé peu après son arrivée à l’hôpital.

Le président François Hollande, accompagné du ministre de l’Intérieur Manuel Valls, a rendu hommage samedi à l'”exceptionnel courage” du major après avoir rencontré sa famille pendant une demi-heure à la préfecture des Alpes-Maritimes à Nice. Ses obsèques auront lieu lundi à Nice.

Les cinq autres membres de sa bande, âgés de 16 ans à 23 ans, se verront reprocher selon les cas “un cambriolage”, “un vol de voiture en réunion” et “une soustraction de criminel à l’arrestation ou aux recherches”.

L’homme de 21 ans, auteur présumé de l’homicide, avait bénéficié cinq jours avant le drame d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire. En janvier, il avait été mis en examen et placé en détention provisoire pour une dizaine de cambriolages, le vol de deux voitures et la détention de cannabis. Dans le passé, il avait en outre été condamné à trois reprises, sans emprisonnement ferme. La plupart des autres suspects n’ont pas de casier judiciaire.

Ces petits délinquants étaient surveillés depuis un certain temps par la gendarmerie qui a donc pu avancer très vite dans l’enquête. Trois individus reconnaissent avoir participé à un cambriolage le 26 septembre chez une femme à l’Escarène, non loin du lieu du drame. Ils avaient notamment volé les clefs de l’Austin Mini. Trois semaines plus tard, trois personnes, dont l’auteur de l’homicide volontaire, vont récupérer la voiture. L’un d’eux a déclaré aux enquêteurs qu’il avait laissé le véhicule et les clefs au meurtrier présumé, a indiqué le procureur.

Le principal suspect “conteste en totalité sa participation, non seulement au vol de voiture, mais aussi à l’homicide volontaire du lendemain, prétendant n’être jamais monté dans cette Austin Mini”, rapporte Eric Bedos. Mais son téléphone portable a été localisé “avant les faits, à proximité du lieu où aura lieu le choc mortel” et “après les faits, à proximité du lieu où sera retrouvée abandonnée l’Austin Mini volée”.

Environ deux heures après le drame, il appelle un ami qui vient le chercher en voiture avec deux camarades, ont établi les enquêteurs. Deux de ces jeunes gens ont expliqué que “le suspect principal leur a avoué s’être trouvé seul dans la voiture volée Austin mini, avoir parfaitement identifié sur la route la présence de deux militaires de la gendarmerie, avoir non seulement délibérément fait front vers eux avec la voiture, mais surtout avoir accéléré, baissé la tête et pris la fuite”, souligne le procureur.

Le coéquipier du gendarme tué avait également constaté une accélération, malgré les sommations du major Brière.

Par Catherine Marciano (AFP)

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