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Le GIGN envoyé en Guyane aux trousses d’une bande brésilienne ultra violente

Un village en Guyane

Un village en Guyane (Photo d'illustration L'Essor).

La Gendarmerie a décidé d’envoyer une équipe du GIGN aux trousses d’une bande brésilienne ultra violente qui s’en prend aux mines d’or, légales ou illégales, qui pullulent dans la forêt guyanaise

L’envoi de ces gendarmes issus de la force intervention de l’unité d’élite devrait permettre d’“inverser le rapport de force” avec une équipe à la dangerosité extrême, explique le patron de la gendarmerie Outre mer. 

“On met de gros moyens pour casser cette bande”, précisait le général Jean-Marc Descoux lors d’une audition parlementaire mercredi 10 mars. Les 21 gendarmes de Satory travailleront avec des gendarmes de l’antenne GIGN locale, la plus importante des 14 existantes en métropole et outre-mer.

“Le prix d’une vie humaine est totalement négligeable” pour cette bande brésilienne

“Des agents de renseignements de la Gendarmerie qui travaillent sur cette bande localement” seront également mis à contribution. Le général Descoux mentionne en outre “un dispositif de police judiciaire car il faudra judiciariser l’action”

Il émet pourtant des doutes sur une issue pacifique de la confrontation avec le meneur de cette bande “dont on considère qu’il est d’une violence extrême”. Pour ce brésilien traqué, “le prix d’une vie humaine est totalement négligeable (…). Si on l’engage, il n’acceptera pas, sauf s’il y est vraiment contraint, la moindre reddition”.

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Une mine d’or protégée par les gendarmes prise d’assaut

Pour illustrer la détermination de ces équipes de délinquants qui gravitent autour du milieu de l’orpaillage, le général Descoux rappelle l’attaque qui a eu lieu en mars 2020 dans le secteur de la Mana. Suite à une recrudescence d’attaques de mines légales, la gendarmerie de Guyane avait en effet envoyé huit gendarmes mobiles protéger une mine légale. 

Malgré cette présence de forces de l’ordre, une bande brésilienne est montée à l’assaut. 

“On est dans un département français et on a tiré plus de 70 cartouches d’armes automatiques pour défendre le site”, souligne Jean-Marc Descoux. L’attaque s’est bien terminée pour les gendarmes et les assaillants se sont repliés dans la forêt.

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En 2012, sur le site d’orpaillage illégal de Dorlin, un accrochage avec la bande du brésilien Manoel Moura Ferreira, dit “Manoelzinho” s’était terminée de façon tragique. Les malfaiteurs avaient tué à l’arme de guerre deux militaires français et blessé trois gendarmes. 

Matthieu Guyot

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