mardi 13 avril 2021
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Un téléphone mobile désossé (Crédit photo: Tacowitte / Flickr).
Un téléphone mobile désossé (Crédit photo: Tacowitte / Flickr).

La Gendarmerie adopte le logiciel Devery Analytics pour le traitement des données mobiles

Au printemps 2019, la Gendarmerie avait lancé un appel d’offres pour la fourniture d’un logiciel de traitement des données issues de la téléphonie. Spécialiste de la géolocalisation, la société Deveryware vient de remporter le contrat. D’une valeur de 2,3 millions d’euros, il court sur 4 ans.

A terme, les 30.000 gendarmes chargés d’une mission d’enquête en métropole et en outre-mer seront dotés d’un logiciel baptisé Devery Analytics Telephony Data. Ce logiciel “allégera la contrainte sur les enquêteurs et augmentera leurs capacités d’investigation” promet le groupe français.

L’analyse des données mobiles: un acte devenu incontournable

L’analyse des données mobiles est désormais un acte incontournable des enquêtes judiciaires. “Avec l’explosion des technologies digitales, la preuve numérique est devenue déterminante dans la plupart des enquêtes pénales. Les données et les métadonnées sont souvent indispensables au recueil d’indices graves et concordants sur un suspect”, explique au Figaro une avocate générale à la cour d’appel de Paris.

Dans le cadre de leurs investigations, et après accord d’un magistrat, les gendarmes sont ainsi amenés à obtenir auprès des opérateurs de téléphonie et des fournisseurs d’accès à internet des informations relatives à leurs abonnés. Il s’agit en particulier des fadettes, ces factures détaillées qui listent les appels entrants et sortants des particuliers. Des informations brutes analysées par les enquêteurs. Il leur faut alors éplucher de longues listes rébarbatives de coordonnées géographiques. Objectif: établir des liens, identifier des comportements suspects ou recueillir des éléments de preuve.

Faciliter le travail d’enquête

Devery Analytics facilitera grandement ce fastidieux travail d’enquête. Configuré pour répondre à une quarantaine de type de requêtes, il est capable d’analyser les fadettes en un temps record. Et de délivrer le résultat de divers croisements. Grâce au bornage, l’algorithme géolocalisera toute personne ayant laissé une trace numérique à un endroit donné. Tous les appels, SMS ou connexion à un réseau internet seront passés au crible. Et rendus sur un écran de contrôle sous forme de carte ou de diagramme. De quoi suivre le tracé d’un téléphone mobile dans le temps et dans l’espace pour permettre à l’enquêteur de valider des hypothèses ou d’affiner ses recherches. Et répondre à un besoin de plus en plus pressant. La Plateforme nationale des interceptions judiciaires (Pnij), pensée dès 2005 pour résoudre ces difficultés, tarde en effet à faire ses preuves.

Lire aussi: Comment un apprenti et un gendarme ont pris de vitesse les ingénieurs de la Pnij

Devery Analytics n’a cependant rien de révolutionnaire. En novembre 2019, un gendarme du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) et un apprenti avaient développé un outil en interne pour traiter ces fameuses fadettes. Baptisée Geofadet, cette application de géopositionnement des factures détaillées avait pris de vitesse l’appel d’offres lancée par la Gendarmerie au printemps. Laquelle a finalement décidé de se tourner vers Deveryware.

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