vendredi 23 octobre 2020
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Son ADN avait été identifié sur les vêtements de la victime près de 16 ans après le drame: un homme de 52 ans sera jugé à partir de mardi par la cour d'assises du Val-d'Oise pour le meurtre et le viol d'une étudiante, retrouvée étranglée dans un sous-bois en 1994.

Jugé 19 ans après pour le viol et meurtre d’une étudiante

Son ADN avait été identifié sur les vêtements de la victime près de 16 ans après le drame: un homme de 52 ans sera jugé à partir de mardi par la cour d’assises du Val-d’Oise pour le meurtre et le viol d’une étudiante, retrouvée étranglée dans un sous-bois en 1994.

Eric Goudard, ancien employé d’une société d’enseignes lumineuses, déjà condamné à six ans de réclusion pour viol et à trois ans de prison avec sursis pour agression sexuelle, a été écroué en mai 2010 dans cette affaire, au terme d’une enquête restée longtemps infructueuse. Placé sous curatelle renforcée depuis un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2004 et souffrant depuis cette date de troubles cognitifs, il dit ne pas se souvenir des faits qui lui sont reprochés, sa mémoire ayant été, selon lui, “grillée” par l’AVC.

Des affirmations remises en cause par les experts psychiatres, qui évoquent des troubles de la mémoire “spectaculairement exagérés” avec une possibilité de “simulation”, et estiment “peu probable” que l’accusé n’ait aucun souvenir de l’affaire.

La victime, Delphine Roussel, avait été retrouvée par un promeneur le 23 mai 1994 dans un sous-bois de Groslay (Val-d’Oise), le corps dénudé et un lacet de chaussure noué autour du cou. Ses vêtements, soigneusement pliés, avaient été entreposés quelques mètres plus loin. La jeune femme, dont la disparition avait été signalée trois jours plus tôt, n’avait plus donné de nouvelles à sa famille depuis le 14 mai. Décrite comme sérieuse et réservée, elle vivait seule dans un petit appartement, à quelques kilomètres de Groslay.

“Cold case”

L’enquête, bloquée par le manque de témoignages et d’ADN exploitable, avait été relancée un an plus tard par un courrier anonyme reçu par la police. Son auteur assurait avoir été témoin du meurtre, commis par un homme “un peu dénudé sur la tête et pas très grand”. Mais aucune trace n’avait été retrouvée pour identifier le signataire. Et faute de pistes concluantes, l’enquête avait abouti à un non-lieu, en 1999.

Pour éviter la prescription définitive, le parquet de Pontoise a toutefois décidé, en 2008, de saisir d’une nouvelle enquête la section de recherches de la gendarmerie de Versailles, pour faire des analyses complémentaires sur les scellés.

Le pari s’est avéré gagnant

Après quelques mois d’efforts, les spécialistes de l’IRCGN (experts scientifiques de la Gendarmerie) parviennent à isoler un profil génétique sur les vêtements de Delphine Roussel. Puis à rapprocher ce profil de celui d’Eric Goudard, grâce au fichier des empreintes génétiques.

“En 1994, les outils techniques n’étaient pas aussi pointus. Ce sont les progrès effectués dans le domaine de la police scientifique qui ont permis d’identifier le suspect”, explique un enquêteur, qui souligne que l’affaire aurait pu rester, sans ces nouveaux outils, un “cold case” (affaire classée).

Entendu par les enquêteurs, l’accusé n’a rien confirmé. Mais son ex-épouse, placée en garde à vue, a reconnu être l’auteur de la lettre anonyme, racontant avoir vu son mari rentrer tard le soir du meurtre, fortement alcoolisé, le pantalon couvert de terre et la main droite coupée. Assurant n’avoir fait le lien avec le meurtre de Delphine Roussel qu’en lisant les journaux, elle a expliqué avoir gardé le silence par peur de représailles, confiant au passage des détails marquants sur son mari, dont son habitude de “plier toujours ses habits” et de ne “laisser jamais rien traîner”

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