jeudi 1 octobre 2020
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Centrale nucléaire du Tricastin
Centrale nucléaire du Tricastin (Illustration).

Greenpeace à Fessenheim : “contre des terroristes, les gendarmes auraient ouvert le feu”

Les gendarmes intervenus à la centrale nucléaire de Fessenheim lors de l’intrusion de Greenpeace ont apporté une réponse “proportionnée” face à des militants “identifiés comme pacifistes”, mais ils auraient ouvert le feu s’ils avaient été confrontés à des terroristes, a déclaré le préfet du Haut-Rhin, Vincent Bouvier.

Des militants aux intentions pacifistes et non pas de terroristes

“Si ces personnes avaient été identifiées comme des terroristes, évidemment ça se serait passé autrement. Nous aurions été dans une logique d’ouverture du feu, et d’ailleurs les gendarmes sont entraînés et armés pour s’opposer à une attaque terroriste”, a-t-il assuré. “La réponse des gendarmes a été proportionnée et adaptée à la menace”, a souligné le représentant de l’Etat.

Le préfet intervenait lors d’une réunion, prévue de longue date à Colmar, de la Commission locale d’information et de surveillance  de la centrale. “On a dit  “que se serait-il passé si ça avait été des terroristes?”, on a évoqué une facilité d’intrusion. Je peux comprendre cette inquiétude, mais je ne la partage pas”, a dit le préfet.

Les gendarmes sont présents en permanence sur le site et se sont interposés face aux militants dès 5h45, soit cinq minutes après l’arrivée du groupe de Greenpeace, a détaillé M. Bouvier. “Ils ont immédiatement identifié le fait qu’il s’agissait de militants aux intentions pacifistes et non pas de terroristes, et ils ont évidemment adapté leurs méthodes à ce type d’intrusion”, selon le préfet, et ce bien que les anti-nucléaires aient “refusé d’obtempérer” et que certaines aient “bousculé” des gendarmes.

“Il faut tirer les leçons de ce qui s’est passé”

“Je ne veux pas verser pour autant dans l’autosatisfaction ni le triomphalisme, car il faut tirer les leçons de ce qui s’est passé”, mais il faut se garder de toute “conclusion hâtive”, a souligné le préfet.

Cinquante-six militants de Greenpeace se sont introduits mardi matin à l’aube dans l’enceinte de Fessenheim, la plus vieille centrale nucléaire en activité de France, pour dénoncer les failles de sécurité des centrales vieillissantes. Vingt-deux d’entre eux ont réussi à monter sur le toit d’un des deux bâtiments réacteurs pour y déployer une énorme banderole.

“Ce qui est difficile dans ces cas, c’est que vous avez en face de vous des militants dont les méthodes sont assez brutales. Enfoncer un portail avec un camion de 19 tonnes ce n’est pas anodin”, a ajouté le préfet. Tous les militants restés au sol (soit 34) ont été interpellés dès 8h30, selon lui. Pour les 22 autres qui étaient montés sur le toit, leur interpellation n’est intervenue qu’à 12h30, car entretemps “s’était ouverte une période – assez longue il est vrai – de négociations, pour les faire quitter ce site, pour les faire redescendre en toute sécurité”, a expliqué M. Bouvier.

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