samedi 31 octobre 2020
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L'évacuation de 300 squatteurs avec et sans papiers, dont des enfants, qui a débuté mardi à Matoury en Guyane française a mobilisé 150 gendarmes.

Expulsion de 300 squatteurs en Guyane : 150 gendarmes mobilisés

Une opération d’évacuation de 300 squatteurs avec et sans papiers, dont des enfants, a débuté mardi à Matoury en Guyane française, a-t-on appris auprès de la préfecture. L’expulsion qui s’est déroulée sans heurts a été immédiatement suivie de la destruction des maisons auto-construites sans autorisation sur un terrain privé, selon la même source.

Au terme de la première journée, 45 maisons étaient détruites. ” Une personne a été placée en garde à vue ” selon la préfecture, alors que 150 gendarmes ont été dépêchés sur les lieux. La Croix rouge, le Samu social et des représentants du consulat d’Haïti étaient présents.

L’opération doit se poursuivre mercredi. Sur les 87 familles délogées, beaucoup se retrouvent à la rue. ” 12 familles ont été reçues et des solutions d’hébergement ont été trouvées ” a annoncé la préfecture mardi soir par communiqué. Cinq autres familles se sont vu attribuer un logement en amont de l’expulsion, selon les informations données par le directeur de cabinet du préfet. Les 21 autres qui avaient répondu à la proposition de la préfecture d’ouvrir un dossier de demande de relogement ” devraient être intégrées dans des programmes neufs dans un délai d’un mois “, a ajouté le directeur de cabinet.

“La loi est faite pour être respectée, mais n’y avait-il pas d’autres solutions que de mettre des femmes et des enfants, aussi brutalement, dehors ? ” a commenté, sur les lieux, Monique Guard, présidente de l’association des consommateurs et des familles de Guyane – UFC que choisir. ” On essaye d’humaniser au mieux une opération difficile “, a assuré le directeur de cabinet du préfet.

Des déménageurs engagés par l’huissier qui pilotait l’opération ont entassé à la hâte les affaires des occupants dans des camions, avant que la pelleteuse ne détruise les frêles habitations. ” Pourquoi employer ces moyens là ? C’est lamentable. La rentrée vient de commencer, les enfants vont aller où ? ” s’est alarmé la présidente de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) de Guyane, Sylvie Chenu.

En octobre 2009 le tribunal de Cayenne avait autorisé l’expulsion et la démolition des maisons illégalement construites sur ce terrain privé de 24 hectares situé en pleine zone d’activité commerciale. La décision s’appliquait à 23 maisons existantes. Depuis, le nombre de baraques construites en tôle ou ” en dur ” a quadruplé.

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