lundi 28 septembre 2020
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Traitement des prélèvements ADN à l'IRCGN (Photo d'illustration - MG/ESSOR)
Traitement des prélèvements ADN à l'IRCGN (Photo d'illustration - MG/ESSOR)

Enlèvement de Bérényss : l’ADN a permis de faire gagner un temps précieux aux gendarmes

 Dans l’affaire Bérényss, l’ADN a une nouvelle fois permis l’interpellation d’un suspect, permettant “de faire gagner un temps précieux” aux enquêteurs, mais reste encore à prouver qu’il s’agit bien du ravisseur, estime le directeur adjoint de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN).

Il aura fallu pas moins d’une quarantaine d’heures aux gendarmes de l’IRCGN pour “cartographier” les vêtements de la fillette enlevée jeudi en Meurthe-et-Moselle, rechercher les zones de contact et isoler l’ADN du suspect, explique le colonel Jacques Touron. En moyenne, huit heures sont nécessaires pour dresser le profil génétique – sorte de pictogramme chiffré – d’un suspect.

Dans cette affaire, les gendarmes n’ont pu dresser qu’un profil partiel mais assez complet pour être envoyé immédiatement au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg). Fichier qui traite pas moins de trois millions de profils génétiques, correspondant à 2,75 millions d’individus et environ 250.000 traces inconnues.

Limité à l’origine aux infractions sexuelles, il a été étendu aux meurtres, cambriolages, vols simples, tags ou dégradations. Le profil partiel a alors “matché” avec celui d’un agriculteur d’une cinquantaine d’années. Son ADN avait été entré au Fnaeg “à l’occasion d’une très récente plainte en cours d’enquête pour des faits d’agression sexuelle sur des membres de sa famille”, selon le procureur de Briey, Yves Le Clair.

Le travail des gendarmes de l’IRCGN se poursuit 

“L’inscription au Fnaeg dure 40 ans pour un condamné et 25 ans pour une personne mise en cause”, explique Cyril Gout, adjoint au chef du service central de l’Identité judiciaire. Depuis son lancement en 2001, le Fnaeg, qui occupe une cinquantaine de personnes au sein de la sous-direction de la police technique et scientifique, a permis 135.000 rapprochements de profils permettant la résolution d’affaires” et pas moins de 26.000 rien qu’en 2014, précise le policier.

“La particularité de l’ADN, c’est qu’il est plus facile à récolter que des empreintes digitales qui nécessitent un contact plus ferme. L’ADN est un élément pertinent pour identifier une personne présente sur les lieux de l’infraction”, ajoute le colonel Touron. Selon lui, le Fnaeg a permis “aux enquêteurs de gagner un temps précieux”. “Nous avons pu cibler en peu de temps un suspect alors qu’il aurait fallu poster des centaines de gendarmes pour dresser des barrages et attendre peut-être quinze jours, trois semaines pour l’arrêter grâce à l’enquête classique”, estime le gendarme.

Pour autant, “les enquêteurs doivent encore prouver que le suspect a bien enlevé la petite fille”, et le travail des gendarmes de l’IRCGN va se poursuivre. “Nous allons faire une confirmation par transfert croisé pour retrouver l’ADN de la victime chez le suspect, à son domicile ou sur sa voiture par exemple” et rechercher ainsi de nouvelles preuves de l’implication du suspect.

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