dimanche 17 février 2019
Accueil / Opérationnel / Du bocage normand à la Mer Egée, la longue traque d’un gang de “voleurs dans la loi”
Le chef de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) le général Bernard Thibaud présente l’office au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et à son adjoint Laurent Nunez au fort de Montrouge près de Paris le 9 février (PMG/L'Essor)
Le chef de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) le général Bernard Thibaud présente l’office au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et à son adjoint Laurent Nunez au fort de Montrouge près de Paris le 9 février (PMG/L'Essor)

Du bocage normand à la Mer Egée, la longue traque d’un gang de “voleurs dans la loi”

L’enquête – “hors norme”, selon le lieutenant de Gendarmerie qui l’a dirigée – a duré deux ans. Sous le nom “Caucase Normandie”, elle a mobilisé des dizaines de gendarmes et de policiers. Ils sont parvenus à démanteler totalement un réseau géorgien de “voleurs dans la loi”, soupçonnés d’un millier de cambriolages dans l’ouest de la France. Un réseau, dirigé depuis la Grèce par un mafieux géorgien russophone qui a été arrêté.

Ce travail minutieux des enquêteurs a été révélé, ce samedi 9 février, au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et à son adjoint Laurent Nunez venus visiter l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI), installé au Fort de Montrouge près de Paris.

Leurs tatouages racontent leur méfaits

“Vory v zakone”. Sous ces deux mots russes, qui signifient “voleurs dans la loi”, se cachent des groupes mafieux, d’origine géorgienne, nés sous la période tsariste. Très hiérarchisés, ces groupes ont fait régner la loi dans les prisons de l’ex-URSS avec l’assentiment des autorités jusqu’en 2005. Les “voleurs dans loi” ont ensuite quitté la Russie pour s’installer dans des pays de l’Union européenne. Ils portent tous des tatouages qui retracent leurs méfaits et leurs condamnations.

L’opération “Caucase Normandie” est lancée début 2016. Les gendarmes voient s’accumuler les plaintes pour cambriolages, vols à l’étalage et extorsions de fonds, commis par une centaine de voleurs d’abord en Normandie puis, dans tout l’Ouest. Au total, plus d’un millier de cambriolages et autres délits seront recensés. Les enquêteurs découvrent que les voleurs sont dirigés par un “surveillant”, basé à Caen, qui rend compte au chef du réseau installé à Thessalonique (Grèce).

L’OCLDI monte alors – c’est une première – une cellule d’enquête avec la police grecque. L’office obtient aussi l’appui de l’agence européenne de police criminelle Europol, avec un budget de 70.000 euros, de l’unité de coopération judiciaire de l’UE Eurojust et de la police géorgienne. Cinq réunions de travail internationales sont tenues. Le GIGN envoie une équipe en Grèce à deux reprises pour mettre en place des techniques d’enquête spécialisées (vidéo, sonorisation, écoutes, observations …).

Le 18 avril 2018, un coup de filet est lancé. Simultanément, 32 arrestations sont réalisées : 23 en France, 9 en Grèce où le chef du réseau, un Géorgien, est arrêté. C’est la première fois en France que les enquêteurs arrivent à remonter jusqu’à la tête d’un réseau de “voleurs dans la loi”.

104 gendarmes et 10 policiers à l’OCLDI

Fort de 104 gendarmes et 10 policiers, répartis dans une unité centrale au Fort de Montrouge et dans quatre antennes régionales (Rennes, Nancy, Lyon, Toulouse), l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) traite actuellement 95 dossiers. Il suit les crimes et les délits perpétrés en France par des malfaiteurs de la communauté des gens du voyage et par des groupes criminels urbains ainsi que par des groupes mafieux, originaires de l’Europe centrale.

Ces infractions vont des cambriolages de commerces et d’habitations à des vols avec violences ou à la fausse qualité, en passant par les vols de fret, de moteurs de bateaux, de véhicules, d’engins de chantier, de métaux, de pièces détachées d’automobile, et par le casse de distributeurs automatiques de billets. Des crimes et des délits perpétrés sur l’ensemble du territoire national, principalement la nuit.

L’OCLDI est commandé par le général de brigade Bernard Thibaud.

P-M.G    

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Un commentaire

  1. Boyer liliane

    Merci pour cet excellent travail concernant les mafieux géorgiens

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