samedi 31 octobre 2020
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Justice (Photo Matthieu GUYOT/Essor)
(Photo/MG/Essor).

Dix mois de prison avec sursis pour deux gendarmes qui avaient joué les gros bras

Dix mois de prison avec sursis ont été infligés mercredi par le tribunal correctionnel de Montpellier à deux gendarmes de la Section de recherches de Montpellier, soupçonnés d’avoir joué les gros bras pour extorquer la démission de quatre salariés d’une concession automobile appartenant à un ami en août 2010.

Une interdiction d’exercer de cinq ans a en outre été prononcée à l’encontre desdits gendarmes. Une peine de dix-huit mois de prison avec sursis assortie de 20.000 euros d’amende a été infligée au garagiste Eric C., 46 ans. Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur-adjoint Jacques-Philippe Redon qui avait fait part à l’audience, le 9 janvier, de son “amertume” de voir sur le banc des prévenus, ces “gendarmes d’élite de la SR” avec lesquels il avait “l’habitude de travailler”.

Jean-Robert Phung, l’avocat des trois prévenus, avait lui plaidé pour la relaxe ou tout au moins pour un supplément d’information après “une procédure TGV” au cours de laquelle de “nombreux actes élémentaires n’avaient pas été effectués”. Me Jean-Robert Phung a indiqué qu’il allait interjeter appel “sans l’ombre d’une hésitation”.

Selon les quatre ex-salariés, le concessionnaire, l’un des plus importants de Montpellier, a utilisé ses amis gendarmes, Rodolphe D., 39 ans et Jérôme G., 44 ans, aux dossiers impressionnants, 25 ans et 15 ans de service sans tache jusque-là, pour obtenir leur démission. L’audience avait été l’occasion de mettre en exergue les méthodes de ce patron qui avait obtenu, entre 2009 et 2011, 120 départs volontaires de salariés (ruptures de contrat), sans licencier personne. “Le problème, c’est que vous refusez le licenciement parce que ça prend du temps et que ça risque de coûter cher, surtout lorsqu’un salarié a une dizaine d’années d’ancienneté”, avait relevé le président du tribunal Philippe De Guardia à l’audience, reconnaissant toutefois que les parties civiles avaient éventuellement intérêt à agir “pour améliorer leur dossier prud’homal”.

Les deux gendarmes avaient été suspendus après le rapport de sept mois d’enquête de l’Inspection générale de la Gendarmerie.

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