jeudi 4 mars 2021
Accueil / Articles abonnés / Dix hélicoptères H160 pour la Gendarmerie
obtenez le dossier "Réussir le concours de sous-officier"
Hélicoptères : la Gendarmerie nationale sera la première force de police au monde a être équipée du H160 (Photo: Airbus Helicopters)
Hélicoptères : la Gendarmerie nationale sera la première force de police au monde a être équipée du H160 (Photo: Airbus Helicopters)

Dix hélicoptères H160 pour la Gendarmerie

Dix hélicoptères H160 vont être commandés en remplacement d’une partie des Ecureuil vieillissants. Des appareils modernes, qui permettront d’assurer des missions d’antiterrorisme, de police judiciaire de haut niveau et de transport de troupes ou de matériels.

Le coronavirus a été une épreuve terrible, mais il aura eu, paradoxalement, des effets positifs pour la Gendarmerie. Pour soutenir la filière aéronautique durement touchée par la crise sanitaire, le gouvernement a sorti le carnet de chèques et annoncé, le 9  juin, une série de mesures, dont la commande de 10 hélicoptères H160 par l’Institution. Lancés en mars 2015, ces appareils, d’un coût total de 200  millions d’euros, vont remplacer une partie des vingt-six Ecureuil vieillissants de l’Arme : ces appareils monoturbines qui datent des années 80 n’ont plus le droit de survoler les zones urbaines depuis l’entrée en vigueur d’un règlement européen, en 2014  !

68 brevets déposés

Le contraste avec le nouvel appareil sera saisissant. Le H160 est en effet un petit bijou de technologie pour lequel le fabricant, Airbus Helicopters, assure avoir déposé 68 brevets. Parmi eux, celui qui concerne les pales intéressera sûrement les riverains des sections aériennes de la Gendarmerie. Leur forme de boomerang permet en effet de “réduire les niveaux sonores d’à peu près 50  %, et la consommation de carburant de 15% ”, explique Laurence Petiard, d’Airbus Helicopters.

Mais cette baisse du niveau sonore sera également un atout opérationnel. “Avec un appareil aussi peu bruyant, la discrétion jouera en faveur des forces de l’ordre“, explique Stéphane Rousseau, responsable du marketing opérationnel d’Airbus Helicopters. Ce pilote expérimenté sait de quoi il parle  : il était encore colonel de Gendarmerie il y a un an, et a notamment commandé le Groupement des forces aériennes de gendarmerie d’Ile-de-France. En mission de police judiciaire, alors qu’il surveillait un go-fast depuis son EC135, il a vu “les malfaiteurs s’arrêter en plein milieu de la nuit après deux heures de route, juste pour entendre les pales” et déceler une éventuelle filature aérienne.

Des hélicoptères taillés pour l’antiterrorisme

Ces missions de filature, souvent nocturnes, accaparent les pilotes, en plus du vol lui-même. Pour les aider, “les automatismes et les fonctions du pilote automatique permettent une réduction de la charge de travail et un gain de sécurité“, précise Stéphane Rousseau. En effet, le “pilote consommera moins d’énergie dans la gestion de son vol et se consacrera plus à la mission. Quand on est en PJ ou en mission antiterroriste de nuit, avec des conditions météorologiques défavorables, le fait d’avoir ce type de pilote automatique ou une avionique sur laquelle se reposer, c’est une vraie plus-value”.

L’ancien gendarme ne mentionne pas l’antiterrorisme par hasard. Les caractéristiques de l’H160 en font un allié précieux pour cette mission. Aujourd’hui le GIGN, tout comme le Raid, utilise soit les EC145 de la Gendarmerie, soit les Puma du groupe interarmées d’hélicoptères, fournis par les armées de Terre et de l’Air. Une cohabitation pas toujours aisée.

Pas de budget pour les hélicoptères

Nous avions relaté (L’Essor n° 534, octobre 2019) le fait que les gendarmes d’élite, faute de budget et contrairement à leurs homologues policiers, ne pouvaient plus s’entraîner depuis 2017 avec les hélicoptères des armées.

A l’origine de cette situation ubuesque, un conflit financier entre les deux ministères de tutelle. L’une des solutions alors envisagée était la constitution d’une flotte d’hélicoptères lourds au sein du ministère de l’Intérieur. A l’époque, cette hypothèse paraissait bien lointaine. Quelques mois de coronavirus auront changé la donne. Certes le H160, avec ses 6 tonnes, est dans la catégorie bimoteur de moyen tonnage, donc pas un appareil lourd, mais il est quand même proche des Puma (7 tonnes) des armées. Il peut même aller plus vite et plus loin, mais en emmenant moins de monde. “Cet appareil pourra faire ce que l’on ne peut faire aujourd’hui  : traverser la France sur tout type de crise terroriste”, explique Stéphane Rousseau.

Si on le compare aux appareils de la Gendarmerie EC135 et EC145 de 3,6  tonnes, les progrès sont encore plus évidents. “L’espace disponible pour les passagers est de 40  % plus important. Cela permet d’emporter plus de personnels, mais aussi plus de matériels”, énumère Stéphane Rousseau, qui précise que «  la distance franchissable est supérieure de 20  % à celle de l’EC145  ».

Dans l’attente d’une loi d’orientation et de programmation de sécurité intérieure

Pour le jeune retraité de l’Arme qui a volé sur tous ces engins, un autre atout du H160 est son confort. “C’est bluffant, je le dis en tant que pilote. On a l’impression d’être sur un tapis volant“, s’enthousiasme-t-il. S’il insiste sur ce point, ce n’est pas “que pour le confort du passager“, mais aussi en raison de techniques propres au GIGN ou au Raid, et “notamment le tir embarqué. Ce confort de vol amène de meilleures conditions pour réaliser un tir précis”.

Lire aussi: Soutien à la filière aéronautique: dix hélicoptères H160 pour les gendarmes

Si l’achat de ces appareils est une très bonne nouvelle pour la Gendarmerie, la décision en a été prise très rapidement. Le 13 mai, devant les députés, le général d’armée Christian Rodriguez expliquait ainsi attendre une loi d’orientation et de programmation de sécurité intérieure pour remplacer ses vieux hélicoptères. “Une étude est en cours sur les besoins de la Gendarmerie pour les dix à quinze prochaines années, afin de permettre au ministre de fixer des priorités et de proposer des choix budgétaires appropriés”, notait alors le Directeur général de la Gendarmerie.

Crowdfunding campaign banner

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Gratuit : la newsletter de "l'Essor"!

Recevez chaque semaine notre newsletter " Rue Bleue " :  articles inédits, veille sur la presse et infos pratiques

Votre inscription est réussie ! Pensez à confirmer cette inscription dans le mail que vous allez recevoir. Merci.