lundi 28 septembre 2020
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Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a affirmé mercredi à l'Assemblée nationale, ne pas avoir donné de consignes de fermeté aux forces de l'ordre pour encadrer les manifestations contre le barrage de Sivens dans le Tarn le soir où Rémi Fraisse est décédé.

Décès de Rémi Fraisse : B. Cazeneuve dit ne pas avoir donné de consignes de fermeté

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a affirmé mercredi ne pas avoir donné de consignes de fermeté aux forces de l’ordre pour encadrer les manifestations contre le barrage de Sivens dans le Tarn le soir où Rémi Fraisse est décédé.

“Est-ce qu’il y a eu des consignes de ma part pour qu’il y ait de la fermeté dans un contexte où il y avait de la tension? J’ai donné des instructions contraires et je le redis devant la représentation nationale”, a déclaré le ministre en réponse à une question de François de Rugy (EELV) à l’Assemblée nationale. “J’avais conscience depuis des semaines du climat d’extrême tension de Sivens. J’étais désireux de faire en sorte que celui-ci ne conduise pas à un drame”, a affirmé le ministre. “C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’y avait pas de forces prépositionnées le vendredi soir à Sivens et si elle l’ont été ultérieurement, c’est qu’il y a eu dans la nuit du vendredi au samedi des heurts qui témoignaient de la violence d’un petit groupe qui n’a rien à voir avec les manifestants pacifiques de Sivens”, a-t-il ajouté.

“Dire toute la vérité à la justice”

Rémi Fraisse a été tué par une grenade offensive lancée par les gendarmes. Selon des informations publiées mercredi par Le Monde et Mediapart, le commandant du groupement de gendarmes mobiles de Limoges, qui opérait à Sivens le 26 octobre, le soir de la mort de Rémi Fraisse, a déclaré sur PV trois heures après le drame que le préfet du Tarn leur “avait demandé de faire preuve d’une extrême fermeté vis-a-vis des opposants par rapport à toute forme de violences envers les forces de l’ordre”.

Mais, quelques jours plus tard, le 9 novembre, le préfet du Tarn Thierry Gentilhomme a démenti, assurant au quotidien régional La Dépêche du Midi n’avoir “donné aucune consigne de sévérité aux forces de l’ordre”. De plus, le ministre a assuré que “dès le moment où le drame a été connu, l’action publique s’est enclenchée et une seule et unique consigne a été donnée aux agents qui sont sous (sa) responsabilité : dire toute la vérité à la justice”.

E. Cosse demande au président de la République de dire la vérité aux Français

Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’EELV demande “une nouvelle fois au président de la République, dans l’attente des résultats des enquêtes en cours, de répondre dès maintenant aux questions de la famille de Rémi Fraisse et de dire la vérité aux Français sur la décision qui a été prise de ne pas révéler la vérité pendant ces premières 48 heures”.

Europe Ecologies-Les Verts (EELV) “constate que de nouvelles révélations, publiées ce jour dans le journal Le Monde, viennent conforter ce qu’ils craignaient depuis plusieurs jours: un procès-verbal daté du 29 octobre confirme que les gendarmes connaissaient dès le départ les causes de la mort de Rémi Fraisse”. “Pourtant, il a fallu plus de deux jours pour que l’Etat et le gouvernement ne les reconnaissent”, ajoute la patronne des écologistes.

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