dimanche 25 octobre 2020
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Dans l’Oise, les chasseurs vigilants partenaires de la Gendarmerie (Vidéo)

“Nous sommes les yeux et les oreilles de gendarmes”  C’est ainsi que le président de la fédération des chasseurs de l’Oise Guy Harlé d’Ophove résume le dispositif “Chasseurs vigilants”
Mis en place en décembre 2017 par le groupement de gendarmerie départementale, il est né d’un simple constat : les gendarmes ne peuvent être partout tandis que 17450 chasseurs sillonnent jour et nuit ce département giboyeux.
Constatant “de plus en plus d’acte d’incivilités, pour ne pas dire plus”, c’est naturellement que les membres de ce “réseau extraordinaire”, présent “dans chaque village”, se sont tournés vers la Gendarmerie, explique Guy Harlé d’Ophove

Les volontaires ont dû montrer patte blanche

Les gendarmes ont donc accepté de décliner dans le monde de la chasse le dispositif Participation citoyenne, (NDLR que beaucoup connaissent sous le nom de voisins vigilants). Pour en être, les 161 chasseurs sélectionnés sur la base du volontariat ont dû montrer patte blanche (lire encadré)et suivre une formation durant laquelle “nous leur expliquons ce qu’ils peuvent faire et ne pas faire, sachant qu’ils n’ont pas à intervenir”, explique le colonel François Brémand, commandant le groupement de l’Oise.
“Nous leur apprenons à préserver une scène de crime et à ne rien toucher pour que nous puissions récupérer des empreintes et de l’ADN”, poursuit l’officier
Ce que l’Institution attend d’eux se résume en trois mots : observer, alerter et sensibiliser. 
“IIs peuvent observer des faits qui leur paraissent suspects au cours de leurs actions de chasse, ou de leurs déplacements en différents endroits du territoire, plus ou moins isolés”, explique le capitaine Eric Lecacheur, responsable de la prévention et du partenariat du groupement.

Les chasseurs vigilants n’interviennent pas

Pas question pour eux d’intervenir s’ils constatent une infraction, comme cela a pu être craint lors du lancement de l’opération (Lire ci dessous). L’alerte se fait classiquement via le numéro d’appel national, 17, s’il y a un signe d’urgence ou en contactant la brigade de gendarmerie de leur domicile dans le cas contraire. 
Ils se tournent pour cela vers leur interlocuteur habituel. “Nous avons mis en place un réseau de référent chasse, composé d’un titulaire et un suppléant dans chaque communauté de brigades et chaque brigade territoriale autonome”, détaille le capitaine Lecacheur. 
“Le rôle du référent chasse est de favoriser le contact avec les chasseurs”, précise l’adjudant Yann Biren référent chasse à la brigade du Coudray-Saint-Germer. 
“Nous attendons d’eux une remontée d’information qui concerne des domaines très divers, qui vont des atteintes à l’environnement à de la police judiciaire ou toute autre chose car tout renseignement reste bon à prendre. Même s’il n’est pas exploitable, cela permet aussi d’avoir un lien”, ajoute le sous-officier, lui-même chasseur.
Dernier action attendue des chasseurs vigilants : la sensibilisation “des personnes qu’ils ont occasion de rencontrer sur le respect de la nature, de la faune et de la flore”

Un réseau de vigilance dans tout le département

Le dispositif Chasseurs vigilants “a vocation à compléter le réseau de vigilance mis en place au sein du département”, précise le colonel Brémand.
Ce réseau comprend tout d’abord les 232 commune qui ont signé un protocole de participation citoyenne rassemblant 1210 voisins vigilants 
“Nous avons également plusieurs systèmes d’alerte par SMS au profit des commerçants, des artisans et des agriculteurs ainsi qu’un partenariat avec des Cavaliers vigilant dans le sud de l’Oise que nous allons élargir au niveau départemental”, complète le capitaine Lecacheur. 
Le groupement est par ailleurs en discussion avec des représentants de randonneurs pour créer un dispositif de randonneurs vigilants. 
“Nous sommes prêts à récupérer toutes les bonnes volontés”, conclut le capitaine Lecacheur.
Matthieu Guyot
Polémique lors du lancement de l’opération
La mise en place du dispositif Chasseurs vigilants s’est accompagné d’une polémique dont gendarmes et chasseurs se seraient bien passés.
Tout est parti d’un article du Parisien que le colonel Brémand n’hésite pas à qualifier de fake news
“Il contenait trois éléments qui ne correspondaient pas à la réalité”, regrette l’officier supérieur. “Il parlait de +brigades de chasseurs+, alors que nous n’avons pas de brgades de chasseurs, il évoquait des +chasseurs assermentés+alors qu’ils ne le sont pas et parlait de +patrouilles armées dans les campagnes+alors qu’il n’y a pas de patrouilles armées et qu’il y a d’ailleurs beaucoup de chasseurs qui ne sont pas armés”.
Certaines associations, dont la Ligue des droits de l’homme, se sont alors emparées du sujet, “ce qui était logique vu le contenu de l’article”, déplore, le colonel Brémand qui rappelle que “les chasseurs vigilants reçoivent une formation par la Gendarmerie. Ils sont sélectionnés et passés au fichier du traitement des antécédents judiciaires pour savoir s’ils ont des antécédents. Nous mettons de côté ceux qui ne peuvent pas rentrer dans le dispositif”
Le président de la fédération des chasseurs de l’Oise Guy Harlé d’Ophove est encore plus direct:“cette polémique était ridicule et non fondée. On nous a accusé d’être une milice armée, c’est du fantasme. Nous, on observe, on rend compte, point barre. Notre mission s’arrête là”. 
Regrettant un procédé “intellectuellement malhonnête”, il estime que ce qui est demandé aux chasseurs vigilants, n’est qu’un “acte citoyen que tout le monde devrait faire. L’affaire de la sécurité n’est pas l’affaire que les forces de l’ordre. Chaque citoyen, à son niveau, doit participer”.
Article paru dans L’Essor n° 520 – Août 2018 
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