L'Essor

Crash en Savoie : le récit de l’opération de secours menée par les gendarmes du PGHM

Photo du lieu du crash dévoilée par les enquêteurs du BEA. Un hélicoptère EC-135 du SAF y a connu un dramatique accident mardi 8 décembre 2020. (Photo: BEA-Aero/Twitter)

Photo du lieu du crash dévoilée par les enquêteurs du BEA. Un hélicoptère EC-135 du SAF y a connu un dramatique accident mardi 8 décembre 2020. (Photo: BEA-Aero/Twitter)

Un hélicoptère du groupe Service aérien français (SAF) –anciennement Secours aérien français– a disparu des radars ce mardi 8 décembre. Le crash s’est produit vers 19h sur les hauteurs de Bonvillard, en Savoie, où l’appareil effectuait un exercice d’hélitreuillage.

Cinq des six passagers ont péri dans l’accident. Prévenus par le rescapé, les secours ont tout mis en oeuvre pour venir le sauver. Dès la réception de l’alerte, les gendarmes secouristes du peloton de gendarmerie de haute-montagne (PGHM) de la Savoie ont pris la tête d’une opération hors norme. C’est ce qu’a expliqué à France Bleu de chef d’escadron Pascal Ribes, patron de l’unité.

Lire aussi: Accident de Bonvillard: cinq décédés et un ancien pilote de la Gendarmerie grièvement blessé

Accès impossible par les airs

Une équipe composée de deux gendarmes secouristes et d’un médecin du Samu a tout d’abord décollé de Modane, à bord d’un appareil du détachement aérien de la Gendarmerie (DAG). Direction le massif du Grand Arc, en amont de la commune de Bonvillard. C’est là, d’après les renseignements fournis, que se trouverait la zone présumée du crash. Malheureusement, le plafond nuageux et la mauvaise visibilité ne permettent pas de l’atteindre.

Au même moment, l’ensemble des gendarmes de l’unité montagnarde restant prennent la route vers Frontenex. La petite commune, située à côté d’Albertville, accueille un aérodrome où est d’ailleurs installé une base du SAF. Des renforts venus des PGHM de Haute-Savoie et d’Isère, ainsi que de la CRS Alpes et des sapeurs-pompiers les y rejoignent. Au total, près d’une quarantaine de secouristes spécialisés étaient sur place, prêts à intervenir.

La cinquantaine de secouristes appuyée par trois hélicoptères de la Gendarmerie et de la Sécurité civile ont utilisé la base du SAF d’Albertville pour mener l’opération de secours suite au crash d’un EC-135. (Capture d’écran / Google Street Map)

Caravane terrestre

Deux autres hélicoptères de la Gendarmerie et de la Sécurité civile venus de Chamonix et d’Annecy ont également rejoint l’opération. L’accès par les airs étant impossible, il est décidé de mettre en place une caravane terrestre. Des secouristes sont alors déposés à plusieurs centaines de mètres de dénivelé du crash. Une distance qu’ils ont du parcourir à pied, dans des conditions difficiles. Le terrain, alternant zones boisées et enneigées, est particulièrement accidenté.

Après la fouille de la zone, entre 500 et 900 mètres de dénivelé plus haut, ils finissent par trouver le pilote-instructeur. Grièvement blessé, il se trouve à proximité des lieux de l’accident. Il aurait réussi à s’extraire de l’appareil au moment du crash. Les cinq autres occupants de l’hélicoptère EC-135 n’ont quant à eux pas survécu. Parmi eux, se trouvaient trois autres employés du SAF: un second pilote, un instructeur treuilliste et un treuilliste. Deux policiers de la CRS Alpes se trouvaient également à bord. Et notamment le commandant de l’unité d’Albertville.

Rescapé du crash, le pilote-instructeur est un ancien gendarme

Un peu plus de deux heures après l’alerte, les gendarmes secouristes ont du “lutter contre le temps pour évacuer le pilote en état d’urgence absolue”, indique le commandant du PGHM de Savoie. Ils ont réussi à le porter jusqu’au point où ils avaient été hélitreuillés. Mais les conditions météo s’étant dégradées davantage entre-temps, la récupération aérienne n’a pas pu avoir lieu. Il a fallu continuer la descente à pied. 700m de dénivelé supplémentaires pour rejoindre un parking de la vallée où le blessé a pu être évacué. Souffrant de multiples fractures, il a ensuite été transporté au CHU de Grenoble. Les dernières informations précisent que ces jours ne sont plus en danger.

Ancien pilote de l’aviation légère de l’armée de Terre (Alat), puis de la Gendarmerie, il avait récemment pris sa retraite militaire après avoir servi au groupement instruction de la Gendarmerie et des forces armées, à Cazaux. Il avait alors rejoint le groupe privé SAF Hélicoptères, spécialisé dans les services, le transport et le secours aérien héliporté. Pour l’heure, comme le rapporte la procureur de la République d’Albertville, il reste impossible de déterminer si le rescapé était aux commandes de l’appareil ou non au moment du crash.

L’enquête sur le crash confiée aux gendarmes

Le parquet d’Albertville a ouvert une enquête pour tenter de comprendre les raisons de cet accident dramatique. Les investigations ont été confiées à la section de recherches de la gendarmerie des transports aériens, co-saisie avec la SR de Chambéry, le PGHM de Modane, l’identification criminelle locale ainsi que l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie (IRCGN). Une équipe du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) de l’aviation civile a également ouvert une enquête de sécurité, comme c’est généralement le cas suite à un accident aérien.

LP

(Article mis à jour le 11/12/2020)