jeudi 1 octobre 2020
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Assemblée nationale
L'Assemblée nationale (Photo d'illustration L'Essor).

Commission d’enquête sur maintien de l’ordre : des victimes de tirs de flashball demandent son interdiction

Des victimes de tirs de flashball ont demandé jeudi l’interdiction des lanceurs de balles de défense (LBD), utilisés par les forces de l’ordre, lors d’une audition à l’Assemblée nationale devant la commission d’enquête sur le maintien de l’ordre.”Nous nous opposons à tout usage du flashball”, a affirmé devant la commission Florent Castineira, membre d’un collectif de blessés “contre les violences policières” fort d’une dizaine de membres.

Le flashball “mutile très souvent et c’est en tant que tel qu’il doit être interdit”, a ajouté Quentin Torselli, 30 ans, blessé à un œil par un tir lors d’une manifestation contre le projet d’aéroport de Notre-Dames-des-Landes en février 2014. “On compte 36 mutilés, blessés graves, connus et un mort par flashball tué lors d’une intervention policière à Marseille en 2010”, selon Florent Castineira. Cet homme de 24 ans a perdu un oeil après avoir été touché par une balle de flashball en marge d’un match de football à Montpellier en 2012.

Bien que cette arme soit considérée comme non-létale, “il existe toujours un risque de mutilation ou de mort”, a plaidé le père de Geoffrey, un lycéen grièvement blessé au visage en 2010 lors d’une manifestation lycéenne à Montreuil. Le parquet de Bobigny a requis un an de prison contre le policier mis en cause. Le jugement est attendu le 2 avril.

Sur cette quarantaine de cas, “on compte seulement une condamnation” de policier, a assuré Florent Castineira, pour qui “l’impunité policière est la règle”. Pierre Douillard, éborgné à l’âge de 16 ans par un tir de flashball en 2007, a regretté que “de nombreuses auditions se soient transformées en tribune pour la Gendarmerie et la Police”, suscitant l’agacement du président de la commission, Noël Mamère (EELV), qui a rétorqué que “mettre en cause l’impartialité” de la commission n’était “pas juste”.

La commission d’enquête parlementaire sur le maintien de l’ordre et le respect des libertés publiques a été créée en décembre après la mort en octobre de Rémi Fraisse, un opposant au barrage de Sivens (Tarn) tué lors d’affrontements avec les gendarmes. Les auditions doivent se terminer en avril et le rapport doit être rendu avant l’été.

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