mercredi 30 septembre 2020
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Palais de justice
Illustration (MG/L'Essor).

“Chahut” ou “violences” sur une collègue: cinq gendarmes jugés à Vienne

“Chahut” entre adultes consentants ou “bizutage” qui dérape sur fond de sexisme, cinq gendarmes ont comparu mardi devant le tribunal de grande instance de Vienne en Isère, pour des brimades à l’égard d’une de leurs jeunes collègues.

“Bidasserie”, “chahut”, “plaisanterie virile”, “chamaillerie” ou encore “mauvaise blague”: l’audience du TGI de Vienne a rivalisé de vocabulaire pour décrire les faits dénoncés par une jeune adjointe âgée de 20 ans, au sein de la brigade de Roussillon en Isère. Ils se sont déroulés sporadiquement de janvier 2013 à avril 2014 et ont valu à ces militaires âgés de 27 à 37 ans, d’être poursuivis des chefs de “violences commises en réunion sans ITT  avec la circonstance aggravante qu’elles ont été commises à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique” et “arrestation, enlèvement, séquestration ou détention provisoire avec libération avant le 7e jour”.

Gazée avec une bombe lacrymogène, victime, accuse-t-elle, d’un coup de tête, d’un croc-en-jambe, poussée pieds et poings liés dans une cellule “pour rire”, attachée à un arbre ou à un véhicule de la brigade, le tout sur fond d’ambiance de “corps de garde” comme l’a noté un militaire, la jeune gendarme a dénoncé les faits le 9 avril après s’être tue pendant plus d’une année.

Mais décrite comme “active dans les chahuts”, “exubérante”, “très proche du groupe” de ces gendarmes jusqu’à avoir des relations intimes avec deux d’entre eux, la jeune femme “oscille entre fille de joie et fille de peine”, comme l’a résumé le procureur de la République, Matthieu Bourrette.

“Je condamne les actes qui se sont passés”

A la barre, la jeune femme, cheveux courts, look sage, voix en dedans, a concédé ne pas avoir su dire “non” lorsque les “chahuts”, dont la brigade semblait être régulièrement le théâtre, dépassaient les bornes. “Je ne condamne pas les personnes, je condamne les actes qui se sont passés”, a-t-elle déclaré avant d’ajouter: “Je reconnais que je voulais me faire accepter à la Gendarmerie”.

Les prévenus pour lesquels l’avocat Me Gabriel-Versini-Bullara demande la relaxe, ont eux nié toutes intentions délictuelles, évoquant des “chicaneries” ou “une grosse connerie sans intention de (lui) faire du mal”. “Elle n’a jamais été un défouloir, ni un souffre-douleur”, a assuré l’un d’eux.

A l’encontre des cinq gendarmes dont les états de service flatteurs ont été rappelés, le parquet a requis des peines allant de 800 euros d’amende avec sursis à quatre mois d’emprisonnement avec sursis.

Le délibéré est attendu le 30 septembre.

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Un commentaire

  1. Pandore

    Avec un chef présent et conscient ça n aurait pas pu arriver

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