samedi 11 juillet 2020
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Exercice d'évacuation d'un diplomate en zone de guerre (photo GIGN)

Ces gendarmes anges gardiens des diplomates français

Les diplomates français en poste en zone de crise ont des anges gardiens. Des gendarmes qui ont subi une formation spéciale. Cette année, le GIGN va former vingt nouveaux gendarmes à ces missions délicates.

Ces anges gardiens portent le nom de Techniciens en escorte d’autorité et sécurisation de site (TEASS). Derrière ce sigle se cache une spécialité et un brevet obtenu après une intense formation de six semaines.

Actuellement, une cinquantaine de TEASS sont déployés, par exemple en Irak et au Venezuela. La Gendarmerie dispose d’un vivier d’une centaine de ces spécialistes, issus principalement de la mobile. Ils renforcent la Force sécurité protection (FSP) du GIGN, chargée elle, de la protection rapprochée des ambassadeurs comme à Bagdad.

La sécurité des 500 emprises diplomatiques et des 500 instituts français relève de la direction de la sécurité diplomatique du Quai d’Orsay. Dirigée par un officier de Gendarmerie, le général de division Hubert Bonneau, elle compte 500 gendarmes et policiers détachés pour cette mission.

Le nombre des TEASS devrait être porté cette année à 120 pour tenir compte de l’augmentation du nombre des pays connaissant une situation sécuritaire dégradée.

Un excellent documentaire d’Enquête exclusive (“Gendarmes d’élite, ils protègent la France en terrains hostiles“), diffusé la semaine dernière sur M6, raconte leur sélection et leur formation. Ce reportage les montre aussi, accompagnant des diplomates français à Bagdad, meurtrie par le terrorisme et à Caracas, minée par une violence quotidienne.

Pour protéger les ambassades et le personnel diplomatique dans les zones de guerre, la France s'appuie sur une centaine…

Publiée par Enquête exclusive sur Jeudi 13 février 2020

Engagement, dynamisme, autonomie

“On attend de vous engagement, dynamisme et autonomie”, prévient d’entrée leur formateur dans l’un des camps d’entrainement du GIGN en région parisienne. Au premier jour de leur formation, ils sont treize. À la fin du stage, six semaines plus tard, cinq seulement verront leur uniforme s’orner du macaron TEASS.

Entretemps, on va les empêcher de dormir, leur demander de manœuvrer de nuit dans une eau à quelques degrés, ou de réapprendre à tirer. “En une journée, se félicite un stagiaire, on a tiré un nombre de cartouches supérieur à ce que l’on tire habituellement dans la mobile en deux ou trois ans”.

Le niveau de tir constitue d’ailleurs l’une des conditions impératives pour obtenir le brevet. Autre obligation, également éliminatoire, celle du saut depuis un pont harnaché avec une sangle. L’un des stagiaires refusera de sauter. Élimination immédiate.

Esprit d’équipe et gestion du stress

Pendant ces six semaines, les instructeurs vont tester l’esprit d’équipe des stagiaires, leur gestion du stress et leur capacité à analyser le terrain.

Matthias obtiendra finalement son brevet. Six semaines plus tard, il partira pour Bagdad. En 60 jours, il va faire 150 sorties pour accompagner des diplomates. Ou, plus prosaïquement, pour escorter la comptable de l’ambassade qui va retirer 100.000 euros à la banque. “À chaque fois que tu sors, dit Mathias, tu dois être parano”. Une leçon retenue de l’un de ses instructeurs: “Il faut en permanence changer ses habitudes pour ne pas tomber dans la routine”.

Chaque mission dure trois mois. Chaque gendarme TEASS doit en faire deux dans le même pays. Des missions usantes pour ces anges gardiens avec de très rares moments de détente. Si ce n’est les conversations régulières par Skype avec sa famille.

Lire aussi: Les six antennes GIGN de métropole se musclent

Rattachés à leur escadron de gendarmerie ou à leur régiment de la Garde républicaine, les TEASS intégreront cette année les six antennes GIGN (AGIGN) de métropole (Toulouse, Reims, Dijon, Orange, Nantes et Tours). Avec leur arrivée, l’effectif de ces antennes passera de 32 gendarmes à une cinquantaine.

PMG

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2 Commentaires

  1. Person

    Ces véhicules brûlés, un scandale, révoltant.

    Dans quel pays sommes nous ?

    Les Gendarmes et leurs familles ne sont plus en sécurité dans les gendarmeries.

    De quel côté est notre justice,?
    Elle est Républicaine ou sous influence politique ?

    Bon courage à nos amis Gendarme

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