jeudi 1 octobre 2020
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Manoeuvres avec le bouclier au Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) à Saint-Astier en Dordogne. Photo d'illustration M.G/L'Essor).
Manoeuvres avec le bouclier au Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) à Saint-Astier en Dordogne. Photo d'illustration M.G/L'Essor).

Calais: policiers et gendarmes mobiles évacuent trois camps de migrants

L’évacuation par la police de trois camps de migrants à Calais, qui abritaient quelque 650 personnes depuis plusieurs semaines, a démarré mercredi peu avant 08H00. Sous un ciel couvert et gris, de nombreux migrants qui étaient encore sous des tentes ou sous des bâches de fortune, ont quitté d’eux-mêmes leurs abris lorsqu’ils ont vu arriver les forces de l’ordre, huées par les militants associatifs.

Dans le calme et sous les objectifs des nombreuses caméras de journalistes, les policiers, parfois assistés d’un interprète, inspectaient les tentes une à une, évacuant les rares personnes restantes, notamment dans le plus gros camp, dit camp des Syriens, qui abritait également beaucoup d’Afghans et environ 400 personnes, toutes nationalités confondues.

Plusieurs dizaines de migrants -environ 200, selon les associations- avaient trouvé refuge depuis la nuit de lundi à mardi dans le centre de distribution des repas dont les forces de l’ordre tentaient mercredi de les déloger. Les policiers et gendarmes mobiles se heurtaient à la résistance de quelques activistes, qui avaient notamment mis en place quelques barricades improvisées, à l’aide de bennes à ordures.

“Il n’y aura pas d’interpellations sauf en cas de rébellion” de la part des activistes, a affirmé lors d’un point presse peu avant le préfet du Pas-de-Calais Denis Robin, qui propose de l’hébergement aux migrants, sans limite de nombre mais pas à Calais. “Les gens stressent et cherchent l’endroit où ils se sentent le plus en sécurité”, a expliqué Cécile Bossy, de la mission Médecins du monde à Calais.

Une épidémie de gale touche les migrants

Cette évacuation vise notamment à éradiquer une épidémie de gale qui touche les migrants depuis plusieurs semaines. Le traitement contre la gale a débuté mardi soir lors de la distribution des repas par l’association Salam. “C’était le carnaval”, a affirmé Cécile Bossy, qui a notamment dénoncé l’absence de décontamination de vêtements. “Ils n’ont pas proposé les douches qui étaient supposées être mises en place lors de l’évacuation”, a-t-elle ajouté, déplorant une opération “tout sauf professionnelle”.

Les migrants ont été invités par les forces de l’ordre à monter dans les bus pour prendre une douche et parfaire leur traitement contre la gale, et rencontrer les agents de l’Ofii (Office français de l’immigration et de l’intégration) pour une analyse de leur dossier, mais les associations les ont dissuadés de monter.

Entre 800 et 850 migrants sont actuellement présents dans le Calaisis, et 600 à 650 d’entre eux occupaient jusqu’à mercredi matin la seule zone portuaire de Calais, dernière étape avant de tenter de passer en Angleterre. Leur nombre a doublé en l’espace de quelques semaines. Ce démantèlement, -qui concerne le campement dit des Syriens, situé à l’entrée du port de Calais, le campement dit des Africains, situé sur le quai de la Gironde, au bord d’un canal, ainsi qu’un campement situé place Henri Barbusse,- devait être “accompagné d’une prise en charge et d’une mise à l’abri des migrants les plus fragiles”, selon le préfet du Pas-de-Calais, Denis Robin.

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