mercredi 23 septembre 2020
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Ministère de l'Intérieur, place Beauvau, Paris. (Photo d'illustration M.G L'Essor).
Ministère de l'Intérieur, place Beauvau, Paris (Illustration/MG/L'Essor).

Barrage du Tarn : Bernard Cazeneuve suspend l’utilisation des grenades offensives

Les grenades utilisées par les forces de l’ordre lors de manifestations ne peuvent en principe pas tuer, selon des spécialistes, et pourtant l’une d’elles, une grenade “offensive”, est soupçonnée d’être à l’origine de la mort de Rémi Fraisse. Sans attendre les conclusions de l’enquête administrative sur l’emploi de ces projectiles, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé mardi la suspension de l’utilisation des grenades offensives dans les opérations de maintien de l’ordre.

Peu avant, le procureur d’Albi avait annoncé que des traces de TNT, explosif contenu dans les grenades de la gendarmerie, avaient été retrouvées sur les vêtements du manifestant de 21 ans tué dimanche sur le site du barrage contesté de Sivens. La thèse d’un décès dû à une grenade offensive “est probable mais serait une occurrence absolument exceptionnelle”, a estimé un expert du maintien de l’ordre.

Les grenades ne sont pas censées tuer

Les forces de l’ordre, gendarmes et policiers, emploient – outre les grenades lacrymogènes – deux types de grenades lors de manifestations comme celle de Sivens: celles dites de “désencerclement” ou “assourdissantes”, et celles dites “offensives”.

Les premières contiennent de petites billes en plastique qui éclatent de façon fragmentée au moment de l’explosion, et “peuvent éventuellement blesser très légèrement, mais c’est très rare”, selon une source policière travaillant dans le maintien de l’ordre.

Les secondes sont en revanche plus puissantes. “Cela provoque un bon effet de souffle et pas mal de bruit”, explique une source sécuritaire. Ce genre de grenade peut provoquer parfois de graves blessures. “Il suffit qu’un manifestant prenne à la main une grenade offensive au moment où elle explose et il peut avoir la main arrachée, c’est déjà arrivé”, a expliqué cette source.

Un audit est en cours

L’utilisation de l’une ou l’autre de ces grenades dépend de la situation et de l’appréciation des forces de l’ordre qui, lorsque cela est possible, doivent prévenir les manifestants que des grenades vont être tirées. Mais les spécialistes se montrent catégoriques : ces deux types de grenades ne peuvent tuer, sauf improbable concours de circonstances. “On peut toujours imaginer le cas d’un manifestant qui se jette sur une grenade et qu’elle explose sous lui au niveau du cœur. Mais même là, cela semble difficile”, assure un gendarme sous couvert d’anonymat.

Dans l’hypothèse où l’une de ces grenades aurait provoqué la mort de Rémi Fraisse, tous évoquent une combinaison avec un autre élément comme un fumigène, une cartouche de gaz ou même peut-être un aérosol. Une enquête administrative sur l’utilisation des grenades offensives a été demandée aux Inspections générales de la Police et de la Gendarmerie par le ministre de l’Intérieur et ses résultats devraient être communiqués sous 15 jours.

“Cet audit a pour objectif d’examiner les procédures qui encadrent l’utilisation de ces grenades, les techniques d’emploi et les alternatives à leur utilisation”, a-t-on précisé dans l’entourage du ministre.

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