jeudi 4 mars 2021
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Des prélèvements doivent être effectués dans et autour des zones d’explosion (Photo: J.M Tanguy).
Des prélèvements doivent être effectués dans et autour des zones d’explosion (Photo: J.M Tanguy).

Avec les Techniciens en identification criminelle de la force Barkhane

Deux gendarmes, Techniciens en identification criminelle (TIC), opèrent au Sahel, au cœur de la lutte anti-terroriste. Leur activité est tellement sensible qu’ils font partie des personnels que la force Barkhane tient dans l’anonymat. L’Essor les a rencontré sur le terrain.

L’un travaille au sein du Ciel, le Counter IED Exploitation Laboratory. C’est un laboratoire d’exploitation contre les IED, ces explosifs improvisés confectionnés par les terroristes. L’autre est affecté dans une Weapons Intelligence Team (WIT). Soit une équipe chargée de réaliser les analyses techniques et tactiques de premier niveau sur ces IED.

Un mini-Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie (IRCGN)

Le Ciel est l’équivalent, toutes proportions gardées, d’un mini-Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie (IRCGN) déployé sur le théâtre des opérations. Tandis que les WIT correspondent, en zone de conflit, aux Techniciens en identification criminelle (TIC) qui opèrent en Gendarmerie sur les scènes de crime. A l’instar de ce qui se fait en France, les deux entités travaillent main dans la main. Les militaires du Ciel exploitent les éléments recueillis sur le terrain par les WIT.

Le gendarme détaché au Ciel est, en temps normal, affecté à la brigade de recherches de Toulouse comme Technicien en identification criminelle. Nous n’avons pas pu le rencontrer. Il était alors en “renforcement d’une mission prévôtale”, explique son chef, issu de l’arme du Génie.

Les missions du Ciel tournent principalement autour des IED. Il faut “comprendre le mode de fonctionnement, les possibilités du dispositif, et identifier les adversaires”, explique cet officier supérieur. Avant de détailler sa mission. Elle consiste à “renforcer la protection de la force Barkhane, l’attaque des réseaux adverses, et l’appui à la judiciarisation”.

Leurs analyses alimentent plusieurs bases de données

De fait, une fois que le démineur du Ciel s’est assuré d’une absence totale de danger – qui peut provenir, par exemple, d’un sur-piégeage –, chacun de ses spécialistes apporte sa contribution à la compréhension des indices recueillis. Et parfois de l’engin dans sa totalité. Leurs constatations sont utilisables en justice.

Comme en Gendarmerie, les résultats de leurs analyses alimentent plusieurs bases de données. En particulier Cithare, utilisée par les experts en déminage.

Le Ciel incarne le deuxième niveau de l’exploitation. Au troisième niveau, on trouve l’IRCGN, la Direction générale de l’armement, ou la Direction du renseignement militaire. Le premier niveau est assuré par les WIT, qui recueillent les indices après la découverte d’un IED, que l’engin ait explosé ou non. Parfois, ceux-ci sont ramenés par un soldat de Sabre (forces spéciales) ou de Barkhane, désormais formés à l’utilisation d’équipements de recueils d’indices sans polluer les lieux.

“Etre pointilleux”

Cette prévention de la pollution est l’une des premières préoccupations à garder en tête, tout en s’occupant d’éventuels blessés et, évidemment, de la situation militaire environnante, explique le chef des WIT.

Les prélèvements de terre doivent avoir lieu dans et à proximité des cratères, et le moindre indice, tel un composant électronique servant au déclenchement ou un fragment de l’engin, doit être collecté.

Lire aussi: Comment travaillent les techniciens d’identification criminelle de la force Barkhane

Formé comme TIC en 2013, le gendarme affecté en WIT, l’adjudant Olivier, vit ici sa deuxième mission au Sahel. La première qualité requise selon lui pour ces missions à haut risque ? “Etre pointilleux.”

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