vendredi 30 octobre 2020
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Palais de justice de Nice août 2014 (Photo d'illustration/S.D/L'Essor).

Nice : le meurtre du gendarme Brière devant les assises

Le décès du gendarme Daniel Brière, mortellement fauché en 2012 par un jeune voleur de voiture, avait suscité un émoi national: le procès d’assises, qui s’ouvre lundi à Nice, doit déterminer si Alexandre Baudry a foncé délibérément sur le militaire qui tentait de l’interpeller.

Le meurtrier présumé est un jeune homme de 23 ans, au profil de petit délinquant local, déscolarisé depuis la 3ème, désœuvré dans son village de Peille (Alpes-Maritimes) dans l’arrière-pays niçois. En janvier, le tribunal correctionnel de Nice l’a condamné à quatre ans de prison pour une série de onze cambriolages, mais aussi pour le vol de la voiture qui a servi d’arme de mort contre le capitaine Daniel Brière.

Devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes, il encourt la réclusion à perpétuité pour ce crime, jugé durant une semaine. Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, avait rendu un hommage à la Nation au major Brière, élevé au rang de capitaine à titre posthume, mort à 52 ans l’arme à la main en tentant d’intercepter le voleur de voiture.

“Ce refus d’obtempérer, cette violence, ce meurtre, doivent être punis avec toute la sévérité que prévoit la loi. Les forces de l’ordre sont l’expression de cette loi. Ceux qui refusent de s’y soumettre lancent un défi à notre société”, avait lancé Manuel Valls, dans l’ambiance très chargée en émotion de l’ancienne caserne du gendarme.

Daniel Brière était marié et père de deux enfants, dont un fils gendarme. Sa mort s’était en outre inscrite à l’époque dans une série noire pour les forces de l’ordre du département: un policier national était mort à Cannes, trois policiers municipaux avaient été blessés à Nice, par la faute de chauffards ivres.

Nombreuses circonstances aggravantes

Le 17 octobre 2012, jour du drame, Daniel Brière dirigeait sur le terrain une enquête pour interpeller un voleur de voiture dans l’arrière-pays niçois. Depuis la mi-journée, six gendarmes en “planque” attendaient le retour du voleur d’une Austin Mini, repéré dans le village de La Grave-de-Peille. Deux militaires restaient non loin du lieu du stationnement, quatre autres couvraient les deux itinéraires de fuite possible.

Alexandre Baudry, alors âgé de 21 ans, monte seul dans la voiture volée et s’engage sur la route où sont positionnés près d’un pont le capitaine Brière et son coéquipier, l’adjudant Sébastien Moreau. Les militaires sont en tenue civile, mais porteurs de brassards orange fluo avec indication gendarmerie.

L’adjudant essaie de sortir une herse pour interrompre la progression du véhicule, tandis que Daniel Brière sort son arme, se met face au véhicule qui vient sur lui à vive allure et fait les sommations d’usage. Le choc sera particulièrement violent, projetant le gendarme en l’air à environ 12 mètres de là.

Quant au conducteur, il poursuit sa route en direction de Nice, avant d’abandonner le véhicule en tentant de l’incendier. En 2012, au début de l’enquête, le procureur de Nice Eric Bedos avait mentionné “une sorte de bref freinage réflexe du conducteur”. Mais il avait estimé que le jeune homme n’avait pas fait le choix d’éviter le gendarme.

Alexandre Baudry est sous le coup de nombreuses circonstances aggravantes. Il avait bénéficié cinq jours avant le drame d’une mise en liberté sous contrôle judiciaire. Il venait de purger 8 mois de prison préventive pour sa série de cambriolages. Il circulait aussi sans permis. Selon Me Emmanuelle Vial, son avocate, “il roulait dans une pente à 80 km/heure et a percuté le gendarme sans faire exprès”. “Il voit quelqu’un en civil qui le braque et il a peur”, décrit-elle. Elle plaidera l’homicide involontaire.

La parole d’Alexandre Baudry sera confrontée aux déclarations de l’ancien coéquipier du gendarme, unique témoin de la scène qui s’est déroulée en quelques secondes. Les avocats de la famille du défunt n’ont pas souhaité s’exprimer avant le procès.

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