mercredi 28 octobre 2020
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Décrit tour à tour comme "calme" et "anti-social", Jimmy Van Mullem affichait sur les réseaux sociaux son hostilité envers les gendarmes avant de renverser en juillet 2010 l’adjudant Jeannick Tapella lors d'un contrôle routier. Il s'est défendu lundi devant la cour d'assises du Pas-de-Calais de l'avoir volontairement fauché. Le gendarme était décédé un peu moins de quatre mois après l'accident, des suites de ses blessures.

Affaire Tapella : le prévenu affichait son hostilité envers les gendarmes sur les réseaux sociaux

Décrit tour à tour comme “calme” et “anti-social”, Jimmy Van Mullem affichait sur les réseaux sociaux son hostilité envers les gendarmes avant de renverser en juillet 2010 l’adjudant Jeannick Tapella lors d’un contrôle routier. Il s’est défendu lundi devant la cour d’assises du Pas-de-Calais de l’avoir volontairement fauché. Le gendarme était décédé un peu moins de quatre mois après l’accident, des suites de ses blessures.

“Jimmy a-t-il le droit de tout?” demande la présidente de la cour d’assises Catherine Schneider, paraphrasant les propres mots du jeune homme. Le prévenu ne répond que du bout des lèvres. Son bégaiement prive la cour de longues réponses, qu’il préfère écrire sur une feuille, dans le silence de la salle d’audience.

“Les schtroumpfs qui me font chier, je les écrase.”

La cour s’arrête longuement sur l’hostilité contre les gendarmes que le jeune homme, aujourd’hui âgé de 29 ans, affichait jusque dans les jours précédents le drame. Dans son monde, ils sont “les schtroumpfs”. A sa belle-sœur sur la messagerie instantanée MSN, il écrit le 13 juillet: “les schtroumpfs qui me font chier, je les écrase.” “Ce sont des paroles en l’air?” demande l’avocate des parties civiles. “Oui”, répond Jimmy Van Mullem.

Il avait également évoqué un jeu virtuel, qui consistait à engranger un nombre de points croissants selon les sévices infligés à un gendarme procédant à un contrôle routier. “Une blague”, écrit-il. Quelques jours plus tard, il percute l’adjudant Tapella lors d’un contrôle routier à Thélus près d’Arras. Le 20 juillet, au lendemain des faits commis sous l’emprise de la drogue, il envoie un texto: “Maintenant mon chien il est vengé.” Son American Staffordshire avait été emmené par les gendarmes deux ans plus tôt et euthanasié car il ne répondait pas à la législation en cours sur les chiens dangereux.

Jimmy Van Mullem ne se rappelle pas un délit de fuite, en mars 2010, au même endroit. Un contrôle où il se fait prendre à la même vitesse excessive, par le même gendarme qu’il percutera quelques semaines plus tard.

Une personnalité “anti-sociale”

“J’ai plus de colère qu’avant”, a confié Sylvie Tapella, la veuve du gendarme, après avoir entendu l’accusé, “parce qu’il n’assume rien. C’est toujours soit des plaisanteries, soit la faute de quelqu’un”. “Il conduisait sans permis, la loi apparemment il s’en fout”, a ajouté Mme Tapella, qui voyait Jimmy Van Mullem pour la première fois lundi. Hostilité, mépris de l’autorité, projection sur autrui de la responsabilité de ses déboires, absence de remords: pour le psychiatre, “la psychopathie ne fait pas de doute”. L’expert estime l’hypothèse d’un acte volontaire “crédible”.

Depuis l’obtention de son permis en 2006, l’accusé avait multiplié les infractions au code de la route, du défaut d’assurance à l’excès de vitesse. Des délits de plus en plus fréquents en 2010, en même temps que s’accélère sa consommation de drogue. Des amphétamines, 8 grammes par jour, qui lui permettent de rester éveillé plusieurs jours d’affilée.

Le portrait dressé par le psychiatre s’oppose parfois à l’enquête de personnalité. Il est décrit par sa famille et ses amis comme quelqu’un de serviable. Sa mère, appelée à témoigner, reconnaît qu’il “veut toujours avoir raison”. Ses proches soulignent tout de même qu’il roulait “comme un malade”. “Quand je prends des stupéfiants je ne pense pas aussi bien que maintenant que j’en suis sorti”, reconnaît Jimmy Van Mullem sur sa feuille. “J’ai honte de moi plus que tout et je vis depuis deux ans et demi avec la mort d’un homme sur la conscience et j’en suis plus que désolé”, lâche-t-il sur le papier.

Accusé d’homicide volontaire sur un gendarme et de tentative d’homicide volontaire sur son collègue, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Ses coaccusés risquent eux jusqu’à trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.

(D’après AFP)

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