vendredi 25 septembre 2020
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Aéroport : heurts entre gendarmes et squatteurs

Le gouvernement a affiché vendredi sa détermination à faire “respecter la loi” en mobilisant 500 gendarmes pour déloger à l’aube des squatteurs opposés au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), près de Nantes, lors d’une opération émaillée d’affrontements entre forces de l’ordre et opposants.

“Il est hors de question de laisser un kyste s’organiser, se mettre en place, de façon durable avec la volonté de nuire (…) Nous mettrons tout en œuvre pour que la loi soit respectée, pour que les travaux puissent avoir lieu”, a expliqué le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, lors d’un déplacement à Lorient (Morbihan).

L’opération, lancée moins d’une semaine après une manifestation géante de “réoccupation” de la zone réservée au futur aéroport et à la veille d’une nouvelle manifestation à Nantes, “vise à évacuer trois sites occupés illégalement: le Rosier, la Lande de Rohanne et la Châtaigneraie”, a détaillé le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet. Les autorités veulent permettre à l’aéroport du Grand Ouest de prendre ou reprendre possession des lieux et d’engager immédiatement des travaux de “déconstruction” des squats, “partout où cela sera légalement possible”, a précisé le porte-parole. L’opération vise “la saisie et l’évacuation des matériaux, outils et matériels de chantier”, a-t-il précisé.

Pour le préfet de Loire-Atlantique, Christian de Lavernée, il s’agit aussi d’empêcher la constitution d’un “camp retranché” dans le bocage nantais. La Châtaigneraie et la Lande de Rohanne sont les lieux où les opposants avaient construit de nouvelles habitations samedi, lors d’une manifestation qui a réuni entre 13.500 et 40.000 personnes opposées au projet cher au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes.

Dans la matinée, de vifs affrontements ont éclaté un peu partout sur la ZAD (zone d’aménagement différé, réservée à l’aéroport), les opposants jetant des bouteilles et des cailloux en direction des forces de l’ordre, qui répliquaient avec des grenades et des bombes lacrymogènes. Un gendarme a été légèrement blessé à la main, un opposant atteint au pied, et deux journalistes TV légèrement blessés à la tête par des cailloux. Le terrain ne semblait pas maîtrisé par les gendarmes.

“C’est la honte! Je suis en colère, je suis un citoyen de gauche, j’ai souvent voté PS et je ne le ferai plus comme beaucoup d’autres: la seule réponse à nos lettres à MM. Ayrault et Hollande, c’est les gaz lacrymogènes”, s’étranglait un opposant.

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