dimanche 29 novembre 2020
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Illustration PGHM (M. GUYOT/L'Essor).
Illustration PGHM (M. GUYOT/L'Essor).

Mont-Blanc: les gendarmes du PGHM de Chamonix font de la prévention

Surfréquentation, camping sauvage, alpinistes mal préparés… Les gendarmes  du PGHM de Chamonix reprendront cet été leur mission d’information et de dissuasion sur la voie d’ascension la plus empruntée du Mont-Blanc, le dispositif expérimenté en 2013 étant jugé positif malgré quelques ratés.

Dès le 15 juin, des militaires du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix et du groupement départemental s’installeront au refuge de Tête Rousse, à 3.167 mètres d’altitude, sur la “voie normale” d’ascension du Mont-Blanc (4.810 mètres à la dernière mesure). Présents 46 jours dans l’été, les gendarmes auront pour mission de prévenir les comportements dangereux et de dissuader les alpinistes tentés de monter au refuge du Goûter, 700 mètres plus haut, sans avoir réservé.

Le Mont-Blanc est un site classé

A cet égard, l’expérimentation menée l’an dernier a été un succès. “On n’a plus de campement massif en face du refuge”, a souligné le colonel Bertrand François, commandant du groupement de Haute-Savoie, au cours d’une conférence de presse mercredi à Saint-Gervais. Avec l’ouverture du nouveau refuge ultra-moderne du Goûter, les autorités ont en effet voulu mettre fin au camp de dix à quarante tentes installées sur l’arête, dont certaines étaient louées alternativement par différentes cordées.

“Le Mont-Blanc est un site classé et ce site classé nous oblige. La liberté n’est pas le foutoir”, a justifié Georges-François Leclerc, préfet de Haute-Savoie, évoquant une “menace écologique” dans ce type de pratiques. Les quelques tentes montées en 2013 “ont toujours été démontées illico presto. On n’a pas rencontré de résistance dure”, a expliqué Jean-Baptiste Estachy, commandant du PGHM de Chamonix.

Un seul camp de base est désormais autorisé sur la voie normale, au niveau du refuge de Tête Rousse. Sur cet itinéraire, la fondation Petzl avait compté 17.000 passages (à l’aller et au retour) à l’été 2011.

“On n’a pas supprimé les problèmes, on les a déplacés”

Le nombre d’accidents a lui plutôt augmenté l’été dernier en raison d’une plus grande fréquentation due à une bonne météo, a expliqué le commandant Estachy. Mais sur le seul couloir du Goûter, “on n’a eu qu’un accident mortel en toute fin de saison, ce qui est inférieur aux autres années car on a le plus souvent entre deux et cinq accidents mortels”, a-t-il pointé.

Difficile cependant d’établir un rapport de cause à effet entre cette moindre mortalité et le dispositif mis en place, la météo et la fréquentation jouant un rôle déterminant dans la survenance des accidents. De 1990 à 2011, 74 alpiniste sont morts entre Tête Rousse et le refuge du Goûter. “La Coordination montagne”, collectif d’associations d’alpinistes à l’origine peu favorable au déploiement de gendarmes en haute montagne, parle aujourd’hui d’un “plutôt bon bilan”.

“Cela a été relativement bien perçu par les alpinistes, même si on aurait préféré ne pas avoir à en arriver là”, explique Olivier Obin, chargé de projet. Mais “on n’a pas supprimé les problèmes, on les a déplacés, même si c’est plus marginal”, estime-t-il. Ainsi, certains alpinistes qui n’ont pas réservé au refuge du Goûter préfèrent monter à l’abri Vallot (4.367 mètres) plutôt que de s’acquitter de la somme prohibitive (105 euros) pour dormir dans le sas du refuge, au milieu des crampons et des chaussures.

“Ça a été un peu le foutoir”, reconnaît Raymond Courtial, du club alpin français, évoquant les déchets laissés par les alpinistes dans cet abri de détresse. “Occuper Vallot, c’est mettre en péril des alpinistes qui seraient en difficulté”, prévient-il en outre. L’été dernier, des guides se sont ainsi plaints de ne pas avoir pu y mettre leurs clients épuisés à l’abri car la cabane était déjà bondée. “Il y a un problème de sécurité”, reconnaît le commandant Estachy: “Vallot ne peut pas être une étape. A 4.300 mètres d’altitude, les gens ne récupèrent pas”. “Il va falloir s’attaquer au problème”, appuie Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais.

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