vendredi 27 avril 2018
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La nouvelle vie en Chine de “Vésuve de Brekka”, cheval de la Garde républicaine

“Vésuve de Brekka”, un bel hongre bai brun de huit ans, cheval de la  Garde républicaine depuis cinq ans, a entamé une seconde carrière lundi en Chine, comme cadeau diplomatique du Président de la République française au Président de la République populaire de Chine.

Lors de sa visite du 26 mars 2014, le président Xi Jinping avait été fasciné par l’escorte, entre les Invalides et l’Elysée, via le pont Alexandre III, de 104 cavaliers de la Garde républicaine, dit-on à l’Elysée.

A l’occasion de sa première visite d’Etat en République populaire de Chine, Emmanuel Macron a donc offert “Vésuve de Brekka” et son harnachement (selle et sabre). Les chevaux de la Garde républicaine représentent l’excellence des missions d’honneur de la Présidence lors de l’accueil de chefs d’Etat.

Diplomatie du cheval

Le Président de la République français initie avec ce geste, précise-t-on à l’Elysée une “diplomatie du cheval” entre la Garde républicaine et les autorités chinoises via un accord de partenariat qui valorise l’excellence de la filière équine française dotée de nombreux atouts pour accompagner le développement de ce secteur en Chine. C’est donc la “diplomatie du cheval” à la française après la “diplomatie du panda” à la chinoise, Pékin ayant prêté un couple de pandas à Paris en 2012. Le fruit des amours de ce couple est né au zoo de Beauval en novembre. Brigitte Macron en est la marraine.

La Garde républicaine, quartier des Célestins à Paris (Photo d'illustration S.D/L'Essor).
La Garde républicaine, quartier des Célestins à Paris (Illustration/SD/L’Essor).

“Vésuve de Brekka” avait participé à sa dernière escorte présidentielle le 11 novembre 2017 sur les Champs-Elysées. Hongre (cheval châtré) bai brun, il est né le 10 juin 2009 à Colomby (Manche) à 25 km de Cherbourg, dans l’élevage de Pierre Le Boulanger. Après avoir passé une semaine d’examens par les spécialistes de la Garde républicaine (radios, comportement aux différentes allures, caractère, …), il a été acquis par le régiment de cavalerie en 2012.  L’unité (450 chevaux), dernier régiment monté de l’armée française, achète régulièrement des chevaux – prix moyen 5.000 ou 6.000 euros – pour remplacer ses équidés réformés à la fin de leur service actif (15 ans en moyenne) ou après un accident.

Les chevaux de la Garde républicaine – pour la plupart de race selle français – sont achetés à l’âge de trois ans chez des éleveurs privés, dans des régions traditionnelles d’élevage (Normandie, Manche, Vendée). Ils doivent répondre à des critères de taille (minimum 165 cm au garrot à trois ans), de modèle et présenter une robe franche (alezan, bai ou gris). Les jeunes montures sont débourrées au centre d’instruction de Saint-Germain-en-Laye. Le cheval est ensuite confié à un cavalier avec lequel il passera son temps de service.

“Vésuve de Brekka”  a voyagé jusqu’en Chine accompagné du chef vétérinaire et du cavalier soigneur de la Garde républicaine. Ils sont arrivés le 4 janvier pour prendre soin du cheval dans une ferme de quarantaine jusqu’à sa remise officielle au président chinois. Le général de division Damien Striebig, commandant de la Garde républicaine, fait partie de la délégation officielle française.

Alain Resplandy-Bernard, PDG par intérim du PMU, qui a financé le voyage du cheval en Chine, s’est rendu également sur place. L’opération a bénéficié de l’aide du bureau en Chine de l’Union nationale interprofessionnelle du cheval (Unic) représentant la filière équine française (élevage, courses de trot et de galop, paris hippiques).

Selle d’armes modèle 1874

Le cheval a été offert avec son harnachement (selle d’armes et sabre d’officier). La selle d’armes date de 1874 et équipait les régiments de cavalerie de l’armée française. Seule la Garde républicaine utilise des selles de ce type de nos jours. Elle est dépositaire d’un savoir-faire ancien transmis par des générations de maître-selliers. Le sabre d’officier de cavalerie légère est celui du modèle 1822. Ce sabre, qui a équipé l’armée française pendant près de 150 ans, est encore en service au sein de la Garde républicaine. Les armuriers de la Garde républicaine, qui comptent des fourbisseurs parmi eux, exercent un savoir-faire ancestral et conservent un matériel unique en son genre. Le sabre a été gravé : “Emmanuel Macron – Président de la République Française – Pékin – janvier 2018″.

Par ailleurs, selon l’Elysée, un accord de partenariat entre la France et la Chine prévoit des actions préparatoires et des actions de formation. Ainsi, une délégation composée de responsables chinois effectuera une visite d’études au sein de la Garde républicaine française d’ici mars 2018. Une délégation de la Garde républicaine fera une mission d’expertise auprès des unités spécialisées de la partie chinoise avant juin 2018.

Débourrage et dressage

Ensuite, la Garde républicaine accueillera des cavaliers chinois dans le cadre de formations (débourrage, dressage, services d’honneur à cheval). Ces actions de formation pourront être complétées dans les domaines suivants : la création et l’animation d’une commission d’achat de chevaux adaptés aux missions d’honneur, la formation de formateurs ayant vocation à assumer un rôle de formateurs-relais au sein des structures de formation équestre de la partie chinoise, l’éthologie du cheval … La Garde républicaine proposera la réalisation de missions de formation et d’expertise en Chine, par des militaires de la Garde républicaine sur ces mêmes thèmes.

Le cheval apparait à maintes reprises dans la mythologie chinoise, il est souvent muni d’une paire d’ailes et il est associé la plupart du temps au dragon. La légende de l’empereur Huangdi, qui fut amené au Ciel par un cheval volant en est une parmi tant d’autres. Le cheval ailé revient souvent en peinture et en sculpture. L’une des pièces maîtresses du musée du Gansu, l’un des plus grands musées de Chine, représente un “cheval au galop volant”. Le cheval est aussi le 7ème animal dans l’astrologie chinoise, il symbolise l’esprit vif et la créativité.

Aujourd’hui, la Chine commence à développer sa filière équine avec des élevages et des clubs hippiques. Si les paris de toutes sortes, y compris hippiques, sont interdits en Chine, de riches chinois ont fait construire des hippodromes dans lesquels ils commencent à organiser des courses.

Pierre-Marie GIRAUD

2 Commentaires

  1. Il y a en effet beaucoup à apprendre de ce don fait à la Chine, il s’agit d’un réel échange culturel et de compétences qui est initié par ce geste !

  2. stefie

    Quelle sera la vie de ce cheval en Chine ? Ou vivra t’il ? Que fera t’il ? Est-il prêté comme les pandas chinois ou vraiment offert ?
    J’aimerais bien avoir des nouvelles de ce magnifique animal dans le futur en tout cas.

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