lundi 23 juillet 2018
Accueil / A la une / Notre-Dame-de-Landes : l’opération semble s’inscrire dans la durée (Vidéos)

Notre-Dame-de-Landes : l’opération semble s’inscrire dans la durée (Vidéos)

Version actualisée à 17h42 ce jeudi 12 avril.

Sur fond de début de polémique politique entre des élus écologistes, deux députés de la République en marche qui demandent une pause, écartée par le premier ministre et le président de la République sur TF1 ce jeudi, les opérations se poursuivent à Notre-Dame-des-Landes où une opération de déblaiement des squats détruits a débuté jeudi matin après une offensive majeure des gendarmes mercredi.

Nous avons annoncé de manière très claire que l’aéroport ne serait pas fait et l’ordre républicain rétabli. Les gens qui aujourd’hui manifestent, sont présents, occupent illégalement des territoires publics ou privés. » Emmanuel Macron sur TF1 ce jeudi.

Le chef de l’Etat a également annoncé que “tout ce qui était évacuable avait été évacué”, semblant signifier une fin, temporaire ou définitive, des opérations d’expulsion. Treize nouveaux squats ont été évacués mercredi, portant ainsi à 29 le nombre total de squats évacués depuis le début de l’opération a annoncé la préfète de Loire-Atlantique dans un communiqué, ce qui correspond, indique-t-on dans la Gendarmerie, aux premiers objectifs fixés à la force de police. Vingt-six de ces 29 squats ont été détruits et trois sont en cours de destruction a précisé Nicole Klein.

Les forces de l’ordre continuent leur travail avec discernement et sérénité, dans le respect le plus strict du droit. Je rends hommage à leur engagement sans faille, à leur professionnalisme et à leur mobilisation exceptionnelle. Depuis le début de l’opération, 32 d’entre eux ont été blessés :traumatismes crâniens, sonores, fracture faciale, traumatismes et fractures diverses “, a souligné Nicole Klein, préfète de la Loire-Atlantique.

Travail de maîtrise du terrain

Après ces premières opérations d’expulsion, la Gendarmerie va se focaliser sur le déblaiement des gravats et la maîtrise de la zone. Sur la radio France Info, la colonelle Karine Lejeune, porte-parole de la Gendarmerie ainsi détaillé cette “phase des stabilisations pour éviter les réinstallations”. Dimanche, les gendarmes auront sans doute fort à faire: un appel a été lancé pour venir reconstruire des habitations sur la “zone à défendre”.

Ce jeudi après-midi, les affrontements se sont cependant nettement durcis. Des gendarmes de l’escadron de Roanne, en liaison,  sont tombés nez à nez avec une barricade. Ils ont alors fait alors demi-tour. C’est là qu’ils ont été pris à partie par des opposants. L’affrontement, violent, se traduira par dix blessés chez les gendarmes qui ont subi des jets d’acide, de pavés, et d’engins explosifs artisanaux. Quatre ont été brûlés aux jambes, un à la tête par un pavé, et un sixième touché aux jambes par des projectiles multiples. Cinq gendarmes ont été évacués au centre hospitalier de Nantes.

41 gendarmes blessés

Au total, selon nos informations, ce sont 41 gendarmes de tous grades qui ont été blessés dont certains grièvement.  “Nos forces subissent sur place une violence qui va croissant depuis le début de la semaine, les zadistes initiaux ayant fait appel à des renforts extérieurs dès le début de l’opération. Ces individus n’ont d’autre but que d’en découdre avec les forces de l’ordre tout en se présentant comme victimes” , témoigne un  haut gradé de la direction générale.

 “ces opposants virulents  encagoulés et équipés de boucliers et de masques à gaz pour certains n’ont qu’une ambition :  casser du gendarme et  Ils érigent des barricades sur lesquelles ils laissent des banderoles mentionnant l’acronyme ACAB= All Cops Are Basterds (tous les flics sont des bâtards) et n’hésitent pas à aller au contact et à provoquer les gendarmes” poursuit ce haut gradé de la Gendarmerie : un haut gradé de la Gendarmerie

Lire aussi sur L’EssorL’UNPRG rend hommage au sang-froid des gendarmes face aux casseurs de Notre-Dame- des-Landes

Pour l’instant, la Gendarmerie a recensé environ“150 à 200 personnes” venues renforcer les zadistes et “s’opposer” à l’action des forces de l’ordre. Si de nombreux opposants, parfois étrangers, sont arrivés en renfort, la Gendarmerie ne remarque pas, pour le moment, de phénomène massif, notamment à la faveur des nombreux foyers de contestation actuellement en France.

Des interpellations

Enfin, le parquet général de Rennes a indiqué dans un communiqué que deux individus majeurs avaient été interpellés et placés en garde à vue. L’un à 14h10 pour “violences volontaires sur une personne dépositaire de l’autorité publique” (jets de pierre sur un gendarme qui n’a pas été atteint par les projectiles) et “participation sans arme à un attroupement après sommation de se disperser“. L’autre a été appréhendé à 15h15 pour des faits de participation à un attroupement avec arme.

Lire aussi sur L’EssorNotre-Dame-des-Landes : un hélicoptère visée par une fusée (Vidéo) 

De leurs côtés les zadistes comptent aussi leurs blessés : 80 mercredi soir selon leur équipe médicale. Par ailleurs, le club de la Presse de Nantes, qui annonce que trois journalistes ont été blessés appelle à “cesser cette escalade  de la violence”. Un zadiste a par ailleurs assigné la préfète de Loire-Atlantique en justice. Sur France 3 Pays de Loire, l’avocat de cet homme a justifié cette action :”On considère que les moyens qui ont été mis en oeuvre, et surtout la base juridique sur laquelle l’expulsion s’est faite, a été illégale”.

D.C avec G.T

Une opération hors-normes pour Gendarmes et citoyens

“Contrairement à du maintien de l’ordre traditionnel, où nos adversaires veulent protester contre un projet ou faire du pillage, les zadistes de Notre-Dame-des-Landes veulent défendre un territoire, comme s’il leur appartenait, observe Ludovic Lacipière, un gendarme mobile membre du conseil d’administration de l’association professionnelle Gendarmes et citoyens. Ils s’opposent à l’Etat de droit, et leur seul moyen, c’est de briser du gendarme. Ils utilisent des techniques de guérilla, avec des petits groupes qui harcèlent les forces de l’ordre, pour défendre leur zone le plus longtemps possible. Nous ne sommes malheureusement pas surpris du degré de violence : cela a déjà été le cas à Sivens, ou dans d’autres opérations à Notre-Dame-des-Landes. Nous avons bon espoir sur l’issue de l’opération au vu des moyens engagés par la direction. C’est le premier déploiement de force de cette ampleur, à ma connaissance. Mais quand on voit le nombre de squats à démanteler, nous nous disons bien que cela ne se fera pas en quelques jours. L’opération va forcément durer plus longtemps.”

A voir également

Les gendarmes sont accusés d'avoir tué Adama Traoré par la famille ( Photo d'illustration)

Deux ans après sa mort, la famille d’Adama Traoré dénonce la lenteur de la justice

Deux ans après la mort d’Adama Traoré à Persan (Val d’Oise), le 19 juillet 2016, le …

9 Commentaires

  1. Marie-Paule Trey-Balansa

    Je trouve inadmissible et intolérable que nos gendarmes puissent être agresses. Pourquoi ne sont ils pas

    davantage protégés. Pourquoi la Justice ne condamne t’elle pas sévèrement ces délinquants comme ils

    devraient l’être? Les forces de l’ordre sont assermentées donc leur voix compte double Pourquoi ne leur

    donne pas l’ordre de se défendre comme aux Etats Unis. On dirait que les délinquants ont plus de droits que

    nos policiers….c’est grave et peu sécurisant pour le peuple.

    Je suis femme de militaire et mon père était magistrat mais un magistrat qui aimait et respectait la Police

  2. dominique RUFFIN

    Je pense que le Centre de Saint Astier va pouvoir s’installer provisoirement à NDLL au moins les moblots pourront faire leurs périodes d’instruction.

  3. Chapeau à tous les collègues gendarmes qui affrontent ces fous! Il faudrait que la justice soit ferme.
    Bon courage à tous!

  4. GASNIER

    Messieurs les responsables politique; devant de telles violences inacceptables il est temps de réagir, d’employer
    des mesures adéquates pour en finir le plus tôt possible à fin de préserver l’intégrité physique de nos forces de l’ordre; 41 blessés dans de telles conditions c’est inadmissible sur 2 jours. C’est plus grave que Mai 68. Ne vous laisser pas engluer dans la boue par ces casseurs!.

  5. C’est bizarre, le pseudo défenseur des droits n’était pas présent…

  6. Delalandre

    Je partage l’indignation de l’UNPRG,bon rétablissement aux trop nombreux blessés .L’évacuation de cette zone aurait due ètre effectuée depuis longtemps. J’ai connu ce genre de mission pendant mon activité c’est toujours a haut risques.

  7. COAT

    Téléspectateur retraité de la gendarmerie, je constate que les moyens mis à disposition des gendarmes mobiles dans leurs missions de maintien de l’ordre n’ont guère évolués depuis la fin des années 60.(Excepté le flash-Ball).

    Quel manque d’imagination….!

    Ne peut-on s’inspirer du “Paint-Ball” et marquer de manière indélébile les plus “agités” soit par un tir tendu dans la partie basse du corps soit avec des drones “saupoudreurs”….?
    Dans les “face à face” de proximité des bombes de peinture fluo pourraient être employées sans danger physique et dissuader tous les participants qui refusent d’évacuer le terrain.

    Il y a certainement d’autres moyens et je laisse cours à l’imagination de chacun pour faire des propositions.

    Les forces de l’ordre font face à des manifestants de plus en plus belliqueux qui n’hésitent pas à employer des moyens pouvant entrainer des blessures graves voir pire.

    Il y a certainement des moyens qui peuvent améliorer les conditions des unités au contact.

  8. Boisier, Henri

    Les gendarmes mobiles ont surement reçu l’ordre d’y aller avec “des pincettes” afin d’éviter des bavures. Dans ces conditions, pourquoi ne pas y avoir envoyé l’armée et le Génie qui aurait rasé la zone en un clin d’oeil. Toujours un pas en avant deux en arrière, rien de changera. Bon courage à tous les “Moblos”./.

  9. GARDET Jean-Pierre

    Retraité de l’Arme depuis bientôt douze ans, je salue bien bas le travail accompli par nos gendarmes, dans un contexte encore une fois difficile.
    Mais que dire de ces pseudos agriculteurs, traîne-savates, parasites et provocateurs professionnels?
    On les traite avec beaucoup trop d’indulgence, il faudrait des armes mieux adaptés à la situation que des gaz lacrymogènes dont ils n’ont plus peur depuis longtemps, ils se servent d’ailleurs des grenades comme balles de tennis!
    Des balles caoutchouc ou plastique leur piqueraient le c.. et ils dégageraient comme des moineaux et des pleutres qu’ils sont; ils savent très bien que la force employée ne sera pas plus forte.
    Moi j’ai peur que dans cette affaire sans fin, force ne reste pas à la Loi, comme on nous l’apprenait.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *