lundi 18 janvier 2021
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code pénal
(Photo/SD/L'Essor).

La réforme de la procédure pénale et l’amélioration des conditions de travail des forces de sécurité ne seront-elles que des promesses ?

L’union nationale des personnels et retraités de la Gendarmerie (UNPRG), comme nombre d’observateurs des forces de sécurité intérieure, relève que depuis de nombreux mois un profond malaise dans la Police et la Gendarmerie s’est installé. Un constat qui  se traduit tragiquement par une vague de suicides (en  2017, dix-sept gendarmes se sont suicidés) et des burn out qui suffisent à démontrer le désarroi de nos policiers et gendarmes. Une situation dont les causes sont multifactorielles, objectifs quantitatifs, capacités opérationnelles et budgétaires insuffisantes, dégradation des conditions de vie familiale et de travail.

Comme l’a rappelé le général Richard Lizurey, directeur général de la Gendarmerie nationale, lors de son audition le 13 mars au Sénat devant la commission d’enquête des forces de sécurité intérieure, dans le cadre des discussions en interministériel, sur les trois cents propositions de terrain formulées par la Gendarmerie, seules trente ont été retenues. L’oralisation des procédures serait une solution et permettrait de gagner du temps, même s’il faut faire face à des difficultés techniques, psychologiques ou juridiques.

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Conférer une compétence nationale à l’officier de police judiciaire permettrait de réduire encore la complexité. La Gendarmerie a proposé que les agents de police judiciaire reçoivent une compétence générale en matière de mesures non coercitives, afin d’étaler la charge de travail, pour le moment assumée uniquement par les officiers de police judiciaire.

Illustration (MG/L’Essor).

Le travail d’investigations judiciaires qui conduit à l’interpellation est souvent sapé par la remise en liberté du délinquant. Un état de fait qui crée un sentiment de frustration pour les gendarmes de voir à nouveau dans la rue, quelques jours à peine après leur passage devant le tribunal, des personnes qui ont fait l’objet d’une procédure longue et difficile.

Un autre point de frustration concerne les transfèrements. En effet, cette mission a été transférée à la pénitentiaire avec les ETP et les crédits correspondants. Or, dans de nombreux cas, on demande quand même aux gendarmes de l’assurer.

Le gendarme n’a pas l’habitude du combat syndical. Il raisonne en fonction de la parole donnée. Si cette dernière n’est pas tenue, cela décrédibilise celui qui l’a donnée.” “Général Richard Lizurey”

L’union nationale des personnels et retraités de la Gendarmerie, apporte une nouvelle fois son soutien aux forces de sécurité, qui attendent plus que des promesses dans le cadre de la police de sécurité du quotidien (PSQ). Elles attendent une véritable réforme du mille-feuille de la procédure pénale, propice à dégager du temps supplémentaire et dont pourrait bénéficier l’opérationnel, mais également la suppression des tâches indues, l’amélioration significative des conditions de vie de famille et de travail au quotidien et surtout le respect de la parole donnée.

Jean-François Stephan, vice-président national “commission active – réserve”,
président départemental UNPRG UD 56

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