L'Essor

Assaillants des policiers de Viry-Chatillon: après le verdict, l’indignation générale

L'attaque barbare de Viry-Chatillon, le 8 octobre 2016, n'a duré que 5 minutes. Mais elle a laissé des séquelles dans la chair des victimes et un profond malaise dans le rang des policiers (Photo: DR).

Quel magistrat viendra nous expliquer le verdict énoncé ce dimanche, à une heure du matin, dans l’affaire des policiers brûlés de Viry-Châtillon? Un verdict exonérant de toute responsabilité huit des treize mis en cause, sur les seize recherchés. Nous avions pourtant compris qu’au terme de l’enquête, et selon le parquet, un seul de ces inculpés pouvait espérer obtenir une relaxe, au bénéfice du doute…

Rappel des faits. Le 8 octobre 2016, vers 15h00, une vingtaine de jeunes cagoulés, mineurs au moment des faits, décident de se payer deux voitures de police positionnées pour protéger des caméras de surveillance devant le quartier de la Grande-Borne, à Viry-Châtillon. Un point de trafic de drogue parmi d’autres.

Viry-Chatillon: quatre policiers blessés, dont deux grièvement

La meute arrive avec des barres de fer et des cocktails Molotov. Elle incendie la première voiture, caillasse la seconde. Les quatre occupants s’extirpent de justesse de leurs véhicules transformés en torches. Bilan: quatre policiers blessés, dont deux, une femme et un homme, gravement brûlés. Ce dernier restera plongé dans le coma pendant plusieurs semaines. Il porte, aujourd’hui encore, des stigmates de l’agression sur son visage

Le président de la République de l’époque François Hollande monte immédiatement au créneau. Il réclame des sanctions “à la hauteur de la gravité des actes”. L’enquête de la police judiciaire avance vite. 

Le 15 octobre 2019, le procès de treize inculpés commence, à huis clos, devant la Cour d’assises des mineurs de l’Essonne. Des condamnations à des peines allant de 10 à 20 ans de prison tombent pour huit d’entre eux. Mais le parquet, qui avait requis des peines de 20 à 30 ans de prison, fait appel.

A partir du 2 mars 2021, l’appel se déroule, toujours à huis clos, devant la Cour d’assises des mineurs de Paris. Jusqu’au verdict de ce dimanche 18 avril. Surprise: les condamnation sont réduites à des peines allant de 6 à 18 ans de réclusion, tandis que le nombre de prévenus condamnés passe de 8 à 5…

L’indignation des policiers

L’indignation a naturellement saisi l’ensemble de la communauté des policiers. Certains de leurs syndicats appellent leurs troupes à manifester leur colère dès lundi devant les tribunaux judiciaires. Pour tenter de désamorcer la crise, Gérald Darmanin a annoncé dimanche après-midi qu’il recevra les policiers blessés en 2016…

A L’Essor, nous attendons avec impatience d’avoir connaissance de l’intégralité des attendus du jugement. Des attendus qui n’ont pas pu être lu entièrement à l’audience. La cour a dû en effet se retirer précipitamment du fait de bagarres à la fois dans box des accusés et à l’intérieur de la salle d’audience!

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A L’Essor, nous soutenons les personnels de la Gendarmerie dont certains ont été molestés cette nuit dans l’enceinte même du Palais de Justice. Et nous sommes solidaires de tous les personnels des forces de l’ordre, à Viry-Chatillon comme ailleurs.

Il faudra une explication convaincante pour expliquer ce verdict, pour l’heure incompréhensible. En attendant, nous sommes résolument du coté des indignés!

Alain Dumait,
Directeur de L’Essor de la Gendarmerie

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