mercredi 23 septembre 2020
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La sûreté est au cœur des Droits naturels et imprescriptibles de l'Homme, aujourd'hui encore inscrits en préambule de la Constitution. (Illustration / WikimédiaCommons)
La sûreté est au cœur des Droits naturels et imprescriptibles de l'Homme, aujourd'hui encore inscrits en préambule de la Constitution. (Illustration / WikimédiaCommons)

Police de proximité: le modèle de la Gendarmerie, 2e partie

La sureté de chacun, c’est à dire la tranquillité publique, a été posée comme un droit imprescriptible dès 1789. C’est une demande –et souvent une revendication– de tout citoyen, partout et dans tous les temps.

Le texte de l’époque, toujours inscrit au préambule de notre Constitution, considère même que sans la garantie, et donc l’effectivité de ce droit, un pays peut être considéré comme étant “sans constitution”! La fourniture de ce bien précieux est d’ailleurs la justification historique de tout Etat… Encore faut-il que ce dernier s’en donne les moyens, non seulement matériels, mais également légaux, et, au-delà, qu’il ait pour cela une politique efficace, basée sur des principes expérimentalement vérifiés. La police de proximité en fait partie.

Dictatures = surveillance du parti

Evidemment, la question se pose différemment selon que l’on vit en régime totalitaire ou en démocratie. Dans le premier cas, la tranquillité générale sera assurée par une surveillance permanente imposée par un pouvoir et par son parti, omniprésent. Les modèles contemporains qui viennent à l’esprit sont ceux de la Chine, du Vietnam ou de la Corée du Nord. Mais on a vu aussi qu’une dictature n’était jamais complètement à l’abri d’une révolution… Dans le second cas, celui d’une démocratie, même imparfaite comme la nôtre, la solution est bien sûr plus compliquée.

Mais des exemples existent de démocratie où la surveillance, toujours nécessaire à la tranquillité générale, est acceptée et n’est pas remise en cause. C’est le cas au Japon, avec leurs Kobans (cinq fois moins d’homicides volontaire qu’en France). Mais aussi en France, avec la gendarmerie départementale que beaucoup nous envient.

Le directeur de L’Essor répond aux critiques

Cette opinion, approuvée par une majorité de commentateurs de ce premier article, mérite d’être précisée.

  • Tout d’abord M. A-A.P., qui signe “Pandori”, me fait remarquer –ce dont je le remercie– “qu’il y a un commissariat très récent au cœur du quartier des Moulins, à Nice, financé par le conseil général et dans lequel viennent tirer les gendarmes pour s’entraîner”. Dommage qu’il estime devoir ajouter (pour m’insulter?) que je “ne connais pas le sujet de la sécurité et encore moins de la Gendarmerie”… Je veux essayer de lui prouver le contraire!

Un commissariat de police, ou d’ailleurs une brigade de Gendarmerie, c’est bien! Encore faut-il que cette présence s’accompagne d’une forme ou une autre d’ilotage; par de la présence visible. Dans l’eau, le poisson ne cesse de bouger. Par ailleurs, une présence policière se juge à ses résultats. Feu la politique dite “du chiffre” ne peut plus être défendue. Mais qui peut se satisfaire de la montée quotidienne et générale des violences, pas seulement urbaines? La solution est bel et bien dans le retour à une vraie police de proximité, et il n’y en a pas d’autre!

La reconquête sera difficile

  • M. ou Mme D.L., qui signe “Un petit gardien de la Paix”, m’interpelle: “Voudriez-vous, vous et votre famille, demeurer dans les pires quartiers des grandes métropoles françaises? Ceci sous prétexte que votre lieu d’emploi est dans ces quartiers?”
  • Moins poli, “Sam” , ajoute : “Je prend note de l’excellente idée de ce monsieur de faire vivre les policiers au sein des cités avec leur famille… Qu’il aille donc faire un tour à La Courneuve et y faire respecter l’ordre.”
  • Plus catégorique, “Alexandre Jamet” déclare: “Les choses sont ainsi qu’il serait fou, de nos jours, de demander à des policiers d’habiter dans leurs circonscriptions. Pour la même raison qu’il leur ait dorénavant interdit de se rendre en uniforme au travail: pour leur propre sécurité. Les commissariats implantés au cœur des cités sont des forteresses assiégées…”

Toutes ces remarques, critiques, voire lazzis, démontrent d’abord que ce ne sera pas chose facile. On a parlé à juste titre de “reconquête”.

Je rappelle ici qu’il fut un temps pas si lointain où policiers comme gendarmes vivaient là où ils étaient affectés. Les brigades de Gendarmerie (une par canton, au départ…) datent de 1820. Les sergents de ville, ancêtres des gardiens de la paix, de 1829.

On me dit: “dans les cités de non-droit d’aujourd’hui, ce n’est plus possible”. Si on s’accommode de ce constat, ce sera donc la guerre civile. Une guerre d’ailleurs annoncée par l’ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, dans son message d’adieu… Pour être menée, cette reconquête doit être organisée. C’est pour cela il faut commencer par se fixer ce but!

Police de proximité: le gouvernement n’a pas le choix!

Je sais bien que le sujet de la tranquillité publique, de la police de proximité, ne peut pas être isolé de plusieurs autres. Tout le monde sait, même si tous ne veulent pas le reconnaître, que les violences dans les cités sont plutôt une conséquence d’un urbanisme irresponsable, de la non-assimilation de populations exogènes, d’un laxisme général, d’une éducation défaillante, dans un système bureaucratique centralisé… Le film Les Misérables dit tout ça, très bien!

Je sais aussi qu’on a changé d’époque. Les gendarmes ont arraché le droit de s’associer, et les policiers de se syndiquer, depuis 1945. Mais cela ne change pas la nécessité absolue d’assurer la tranquillité de tous. Même si ça complique un peu les choses.

De toute façon, un gouvernement qui ne saurait pas assurer l’ordre, non seulement dans les 7e et 8e arrondissements de Paris, mais aussi à Nice, La Courneuve ou Montfermeil, peut commencer à compter ses abattis (je veux dire, ces bulletins de vote…).

Alain Dumait
Directeur de L’Essor de la Gendarmerie

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3 Commentaires

  1. Fred

    L’inverse de la politique du chiffre toujours élevée en Alpha et Oméga du ministère de l’intérieur, quelque soit le pays:
    https://lavoiedelepee.blogspot.com/2020/07/gardiens-ou-guerriers-la-securite-au.html

    • Alain Dumait

      Très bon article de Michel Goya, en effet !

  2. En guise de commentaire, le président de la FNRG-Somme, membre du comité national, Jean-Marie Leroy, tient à nous signaler l’article de Philippe Bilger : https://www.philippebilger.com/blog/2020/08/qui-ensauvage-la-france-.html

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