dimanche 27 septembre 2020
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Des sous-officiers et officiers de la Gendarmerie dans la cour d'honneur des Invalides.(M.Guyot/L'Essor)
Des sous-officiers et officiers de la Gendarmerie dans la cour d'honneur des Invalides.(M.Guyot/L'Essor)

Un gendarme obéit… mais n’en pense pas moins !

[ÉDITO] Malgré leur devoir de réserve, les gendarmes ne sont pas exempt d’opinion. Une expression souvent silencieuse, à qui L’Essor donne de la voix depuis 1936.

Un gendarme doit obéissance à ses chefs. Il en a d’ailleurs fait le serment avant d’exercer ses fonctions:

“Je jure d’obéir à mes chefs en tout ce qui concerne le service auquel je suis appelé, et dans l’exercice de mes fonctions, de ne faire usage de la force qui m’est confiée que pour le maintien de l’ordre et l’exécution des lois.”

Mais, hors service, c’est un citoyen comme un autre, qui pense ce qu’il veut des ordres qu’il reçoit, aussi bien que des consignes que le gouvernement donne à ses chefs.

Liberté d’expression et devoir de réserve

Le gendarme a même le droit d’exprimer son opinion, en dehors du service, mais dans les limites de son “devoir de réserve”. Un devoir qui vient limiter pour lui, le droit commun découlant de l’article 11 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen: “La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme: tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi”.

C’est dans ce cadre que nous interrogeons chaque mois la communauté des lecteurs de l’Essor sur une question d’actualité proposée sur lessor.org. Bien sûr, ce n’est pas un sondage, mais l’audience de notre site (285.000 visiteurs uniques sur les 30 derniers jours) confère aux réponses enregistrées (anonymement) une certaine crédibilité.

Sur la base des premières réponses à la question du mois de mai, nos lecteurs internautes pensent majoritairement que les règles imposées par les pouvoirs publics en matière de confinement n’étaient pas assez sévères.

En tant que citoyens, les gendarmes sont souvent pour des mesures plus strictes. Ainsi, interrogés en février sur l’augmentation des refus d’obtempérer, ils étaient près de 90% à souhaiter un accroissement des sanctions!

Du côté de l’opinion générale

Le gendarme n’est pas d’un tempérament laxiste. On s’en doutait! Mais il est souvent du coté de l’opinion générale, et, de ce fait, critique (silencieusement) à l’égard du pouvoir politique. En décembre 2018, une courte majorité se dégageait pour déclarer un certain soutien aux gilets jaunes…

De même les études menées par plusieurs instituts de sondage, dont l’Ifop, partenaire de L’Essor, indiquent que le vote des gendarmes aux élections politiques est sensiblement plus “à droite” que celui de l’ensemble de l’électorat.

Lire aussi: Sondage exclusif d’avril 2007 Ifop/L’Essor: les gendarmes préfèrent Marine Le Pen

À L’Essor, fidèle à la ligne adoptée dès 1936 par notre fondateur, Jean Cousteix, nous pensons qu’il est utile que l’on sache ce que les gendarmes pensent. Sans tabou. Que les pouvoirs publics le sachent. Que la direction générale le sache. Ainsi que la communauté des gendarmes et de leurs amis. C’est compris dans notre mission d’information. Seule notre indépendance nous le permet.

Alain Dumait, directeur de L’Essor

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