samedi 31 octobre 2020
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Le nouveau ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, fin 2019 au Sénat. (M. GUYOT/ESSOR)
Le nouveau ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, fin 2019 au Sénat. (M. GUYOT/ESSOR)

Monsieur le ministre, Gérald Darmanin, les gendarmes comptent sur vous !

Dès son premier jour comme ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin s’est rendu dans le Lot-et-Garonne, au siège de la brigade de proximité de Port-Sainte-Marie, accompagné du Directeur général de la Gendarmerie le général d’armée Christian Rodriguez. Il a partagé un moment le chagrin de tous les collègues et amis de Mélanie Lemée,  fauchée à 25 ans le samedi 4 juillet au soir par un chauffard en possession de cocaïne.

En outre, sur son compte Twitter, le nouveau ministre a assuré les gendarmes “de son soutien total”, ajoutant qu’il sera “toujours à leur coté”. Il ne pouvait pas faire mieux pour son entrée en fonction et le début de ses relations avec les personnels de l’Arme ! Ensuite, évidemment, il sera jugé sur ses actes…

L’épineuse question du budget de l’Arme

Et d’abord sur la préparation du budget de l’Etat pour 2021, en ce qui concerne les forces de l’ordre et en particulier le programme 152 “Gendarmerie Nationale”. Comme le notait encore en novembre 2019 le rapporteur pour avis de la Commission des lois sur ce budget des forces de sécurité, le sénateur Henri Leroy (ancien officier rang de la Gendarmerie), il est déplorable que “depuis plusieurs exercices, l’approche déséquilibrée du Gouvernement privilégie le renforcement des effectifs, au détriment de l’entretien des équipements et de l’amélioration des conditions de travail des policiers et gendarmes”.

Lire aussi: Gérald Darmanin remplace Christophe Castaner au ministère de l’Intérieur

C’est le point essentiel : le budget de la Gendarmeries souffre, depuis longtemps, d’un sous-investissement, qui entraîne une insuffisance de la rénovation des casernes, un vieillissement du parc automobile, et même une pénurie d’équipements de protection ! Sans parler de l’entretien des armes et leurs approvisionnements en cartouches. Il a même fallu, récemment, réduire les entrainements au tir. Monsieur le ministre, vous qui êtes l’ancien responsable des “comptes publics”, 100 000 gendarmes et 30 000 réservistes (qui ne demandent qu’à se mobiliser davantage, si les crédits sont là…), vous attendent sur ce point. Dès la rentrée septembre !

Il ne faut pas désarmer policiers et gendarmes !

Le deuxième point concerne la doctrine du maintien de l’ordre. Vous savez que les gendarmes ont été en première ligne pour affronter aussi bien les Gilets jaunes, les opposants violents à la réforme des retraites, que pour assurer l’exécution des mesures prises par le gouvernement dans le cadre du confinement. Or, sous la pression politico-médiatique, parallèlement, on cherche à désarmer policiers et gendarmes.

En 2017 votre prédécesseur interdisait l’usage des grenades offensives ; le 26 janvier Christophe Castaner annonçait le retrait immédiat de la grenade lacrymogène GLI-F4 ; puis, en mai, c’était au tour de la technique dite “clé d’étranglement”, utilisée pour interpeller des individus récalcitrants, qui était remise en cause.

Gendarmes et policiers veulent bien se retrouver en première ligne pour maintenir un ordre public de plus en plus souvent et violemment contesté, ils veulent bien voir évoluer leurs moyens, la doctrine… mais pas au détriment de leur sécurité personnelle ! Ils réclament tous à bénéficier d’une meilleure formation, notamment.

Les gendarmes compteront sur Gérald Darmanin

Enfin, les gendarmes, Monsieur le ministre, qui savent ce qu’obéir veut dire, souhaitent être soutenus par ceux qui les commandent. Ils savent compter sur leur directeur général. Ils compteront aussi sur vous.

Vous êtes jeune, député à moins de 30 ans, ministre à 34, et à l’Intérieur à 37. Cette réussite légitime vos ambitions. La modestie de vos origines, comme le terroir valenciennois qui vous a vu grandir, a forgé votre volonté. Et vous avez la confiance personnelle du Premier ministre – qui vient de la réitérer publiquement – et celle du président de la République. Réussir au poste que vous avez ardemment souhaité occuper est une nécessité pour votre avenir.

Appuyez-vous sur les gendarmes! Ils sont le rempart de la République. Ils peuvent être vos précieux soutiens. A vous de les séduire, en les défendant. En les aimant!

Alain Dumait
Directeur de L’Essor de la Gendarmerie nationale

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4 Commentaires

  1. pandori

    Bonjour Monsieur Dumait

    Sachez que les Gendarmes qui sont des militaires n’ont pas de collègues, mais des camarades! C’est fâcheux pour un bulletin corporatiste qui se veut Journal des Gendarmes!

    Bien cordialement
    AAP
    Ancien de l’Arme

    • Alain Dumait

      Vous avez raison : Mélanie Lemée avait des “camarades” ! ( je suis encore un peu “pékin”…). Mais vous avez tort de croire que nous sommes un “bulletin corporatiste”… On pouvait considérer que nous l’étions aussi longtemps que l’Essor était – mais pas seulement – “le journal d’expression de l’UNPRG”. Nous ne le sommes plus depuis le 10 juin 2019. Par la volonté du président de l’UNPRG. Comme nos articles sont tous écrits par des journalistes professionnels, et comme nous nous adressons non seulement à l’ensemble de la communauté des gendarmes, mais aussi, au delà, à tous les amis des gendarmes, nous affirmons être un vrai journal, et pas seulement un “bulletin corporatiste”…
      Très cordialement,
      Alain Dumait, éditeur de L’Essor

  2. Jms

    Tous les ministres de L’interieur ont toujours promis soutien…mais parfois peu de résultats. Les syndicats de police savonnent la planche. Nous sommes des militaires. Même si les derniers Directeurs ont semble-t-il défendu les personnels. Gardes à vous repos..Cette Gendarmerie (comme la police) souffre d’un encadrement pesant, d’une hiérarchie qui comme l’etat asphyxie les femmes et homes de terrain. On parle de police de proximité. Plus de gendarmes dans nos campagnes sauf la tablette…Dans les années 80, nos brigades étaient même dans les cités sensibles, on a tout supprimer. La police a pris le relai sans effectifs…Solution: redéploiement des effectifs PN /GN , Sans étude qui dure 2 ans avec des commissions qui nourrissent les bureaucrates. En 6 mois …c’est fait.Nous sommes en France…..Envoyer des forces mobiles fatiguées et usées…On bouche les trous.

  3. Josette FREISZ

    Vous êtes formidables les gendarmes.
    Soutien indéfectible. Prenez soin de vous pour vos familles.

    Bien cordialement.
    josette Freisz.

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