lundi 20 août 2018
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Photo d'illustration (GIGN).
Photo d'illustration (GIGN).

Le chaud dossier de la coordination de la BRI, du GIGN, et du Raid

C’est une petite phrase qui fait du bruit. Interrogé sur BFM ce mercredi 24 mai sur la question d’une éventuelle fusion des forces d’intervention, la BRI, le Raid et le GIGN, Gérard Collomb a répondu que « tout est sur la table ».

Faut-il comprendre que le ministre de l’Intérieur annonce un rapprochement des forces d’intervention ? Non, répond fermement à « L’Essor » la Place Beauvau pour couper court à toute polémique sur ce dossier, un vieux serpent de mer du ministère de l’Intérieur.

A défaut d’une annonce choc sur ce sujet dans sa première grande interview à un média, Gérard Collomb a souligné la méthode qui va guider son action Place Beauvau. « Ce qu’il faut, c’est de l’efficacité », explique-t-il.

« Nous avons un problème de sécurité qui est maximal », rappelle le ministre de l’Intérieur. Et d’indiquer qu’il s’agit « de regarder notre organisation [des forces de sécurité] et d’essayer de la transformer pour qu’elle soit plus efficace ».

Un schéma national d’intervention

Le maintien à un niveau élevé de la menace terroriste, comme l’a montré l’attentat de Manchester, l’arrivée d’une nouvelle équipe à la tête de l’État… Le passage en revue de l’organisation des forces de sécurité s’impose aux pouvoirs publics.

Le ministère de l’Intérieur pourra-t-il faire l’impasse d’une réflexion sur la question cruciale de la coopération des unités spéciales, un an après la mise en place du nouveau schéma national d’intervention ? Présenté par Bernard Cazeneuve en avril 2016, ce plan vise à « optimiser la réponse à une crise majeure », met en place une « procédure de concours capacitaire d’une unité au profit d’une autre » et instaure « une procédure d’urgence absolue ».

Mis au point par l’unité de coordination des forces d’intervention avec les directions compétentes, le schéma national d’intervention a entraîné la création d’antennes du GIGN pour la Gendarmerie. Côté police, de nouvelles unités du Raid en province ont également été créées, tandis que les effectifs de la BRI de la préfecture de police de Paris ont eux été multipliés par deux. Un maillage renforcé du territoire, quitte à créer de nouvelles cohabitations, comme à Toulouse, où une antenne du Raid voisine avec l’antenne régionale du GIGN.

Le SCSI dénonce la dualité des forces

Ce dispositif peut-il être amélioré ? Philippe Capon, le secrétaire général de l’Unsa-Police, remarque qu’en cas de rapprochement des forces d’intervention, il faudrait tout d’abord fusionner la BRI et le Raid, cette dernière unité et le GIGN étant elles jugées « complémentaires ». Interrogé, le SCSI-CFDT, estime lui qu’il reste encore du travail à faire pour mieux coordonner la police et la gendarmerie nationales. « Nous dénonçons depuis longtemps la dualité de nos forces, les doublons, la concurrence défavorable à la sécurité de nos concitoyens », explique à « L’Essor » le syndicat des cadres de la sécurité intérieure.

Le ministre de l’Intérieur a cependant exclu, sur BFM, tout rapprochement entre police et gendarmerie. « Nous avons beaucoup progressé ces dernières années, et je vois sur le terrain une complémentarité qui est parfaite », souligne Gérard Collomb. Mais, « en même temps », poursuit-il, « il faut que la coordination soit totale et qu’il y ait une continuité entre l’action de la police et de la gendarmerie ».

Gabriel Thierry

Etat d’urgence, mesures de renforcement, ou encore centre de coordination… A l’issue du conseil de défense et de sécurité nationale du mercredi 24 mai, la présidence de la République a annoncé plusieurs mesures. Le Parlement va ainsi être saisi en vue de prolonger l’état d’urgence, qui arrive à échéance le 15 juillet, jusqu’au 1er novembre. De même, un nouveau texte législatif va être préparé, « dans les prochaines semaines », pour « proposer des mesures de renforcement de la sécurité face à la menace terroriste hors d’état d’urgence ». Enfin, la mise en place d’un centre de coordination des services engagés dans la lutte contre le terrorisme est attendue pour le 7 juin. Lors de la campagne électorale, Emmanuel Macron avait promis la création d’une « cellule spéciale du renseignement anti-Daech, permanente, de 50 à 100 agents, associant les principaux services de renseignement, placée auprès du président de la République ».

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9 Commentaires

  1. Voilà que ressort l’idée de faire qu’une seule Police en France, la Gendarmerie ne faisant plus partie du Ministère des Armées comme Arme à part entière . Nous voyons ce qui se passe en Belgique , ce n’est pas un bon modèle. Nous sommes et resterons des Militaires.

    • LAUTRU

      Fusion Police Gendarmerie ( A ne pas faire ) c’est ce que souhaite la Police depuis longtemps . Elle aurait la main mise sur tout . Réfléchissez bien M. LES ELUS DU PEUPLE ( dites non à ce changement )

      • GASNIER

        Je suis d’accord avec les critiques ci-dessus, la Police n’a rien à faire avec la Gendarmerie (manque de formation poussée surtout en manipulation d’armement, manque de discipline; bien encrée en villes et non en campagne la Police obtient de plus en plus ce qu’elle veut. Alors il faut pour la sécurité de tous les français inverser les rôles, Gendarmerie = Ministère de la défense et les groupes soi-disant spécialistes de la Police doivent se rapprocher de ce ministère. Défendre la France et les français contre les groupes de tueurs n’est pas une affaire de police mais de militaires aguerri donc GIGN. Messieurs les ELUS attention prudence.

  2. Sans objet

    • MARCO45ACP

      http://www.bfmtv.com/politique/charente-un-gendarme-tire-accidentellement-lors-du-discours-de-hollande-1112308.html

      http://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/moselle/thionville/thionville-gendarme-blesse-balle-lors-exercice-antiterroriste-1210937.html

      http://lessor.org/stagiaire-gign-blesse-stagiaire-accidentellement/

      Etc …

      Dans le même temps du côté de la Police :

      http://m.20minutes.fr/societe/2053779-20170420-direct-paris-prefecture-police-conseille-eviter-secteur-champs-elysees

      https://www.youtube.com/watch?v=pqo76I48Cc4

      etc …

      Alors, cher LAUTRU, concernant la maîtrise des armes, j’ai de gros doute sur notre prétendue expertise.

      Sur les champs Élysée : combat à courte portée. Terroriste muni d’un fusil d’assaut, policiers armés de pistolets. Le chef de bord neutralise le terroriste sans tir collatéral alors qu’il est au cœur de la capitale, dans un lieu parmi les plus touristiques.

      Sur le parvis de notre dame : Les policiers renseignent un touriste cherchant la gare Montparnasse. Le terroriste surgit et attaque un policier qui chute au sol. Un second police dégaine, en reculant il tire deux cartouches à une main et neutralise le terroriste. Rien de plus à dire, c’est propre !

      Notre DGGN a écrit un billet sur son blog rappelant à tous et toutes qu’il convient d’être prudents et professionnels avec les armes en dotation. C’est un coup de semonce en même temps qu’un aveu de faiblesse. La direction prend conscience du faible niveau d’entrainement de ses troupes.

      La DGGN mène discrètement une réflexion sur cette multiplication d’incidents dont la liste supra n’est pas exhaustive. Elle reconnaît avoir perdu son expertise du tir à Saint-Astier. Elle approche discrètement un organisme privé, spécialisé dans la formation à l’usage des armes, en vu d’établir une nouvelle approche sans froisser les susceptibilités du CNFEG.

      Dont acte …
      06 policiers tués dans des actions terroristes. Le RETEX et la multiplication des confrontations à la réalité des actions terroristes sont en Police.

      Un peu moins de fanfaronnade et de certitudes confites. Beaucoup de militaires de notre institution ne savent pas faire de CPS correctement, ne chambrent pas de cartouche dans leur PA etc … vu il y a une semaine à l’occasion d’une séance de tir.
      Cette situation est inquiétante. Certains d’entre nous figés dans la bonhommie du travail en campagne ont oublié ou refusent de voir la dangerosité du contexte Français actuel. Le poids de la paperasse a transformé le brigadier en secrétaire auxiliaire de justice. Cette paperasse a changé le référentiel qui permet de discriminer le “bon gendarme”. Le bon gendarme c’est celui qui écluse ses procédures sans être en retard. Le gendarme a oublié l’étymologie de son nom.

      Confronté à la réalité violente et sans fard du travail de Police dans la capitale, il serait dépassé.

      Marco45acp
      Militaire ayant expérimenté les deux systèmes, donc fondé à les comparer de manière objective.

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