lundi 20 août 2018
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Conférence de presse Grégory
Le général Kim, le procureur général de Dijon Jean-Jacques Bosc et le colonel Lambert, patron de la SR de Dijon lors de la conférence de presse de juin 2017 (Illustration/JF.C/L'Essor).

Affaire Grégory : l’annulation des mises en examen ne remet pas en cause l’enquête des gendarmes

Le coup de tonnerre va-t-il finir en pétard mouillé ? L’annulation des mises en examen de Murielle Bolle et de Jacqueline et Marcel Jacob, ce mercredi 16 mai, par la chambre de l’instruction de Dijon, a fait grand bruit. Suspectés d’avoir enlevé et séquestré le petit Grégory Villemin en octobre 1984, cette décision sonne pour leurs avocats comme une victoire et une démonstration de leur innocence. La plus célèbre affaire criminelle française non résolue venait d’être relancée il y a près de onze mois par les gendarmes, assistés du logiciel d’analyse criminelle Anacrim.

Lire aussi sur L’Essor : Anacrim, le logiciel derrière le rebondissement de l’affaire Gregory

Pourtant, ce nouvel épisode judiciaire pourrait bien n’être qu’un rebondissement de plus ne remettant finalement pas en cause l’enquête des gendarmes. Le parquet général près la cour d’appel de Dijon a en effet prestement rappelé dans un communiqué que “cette décision d’annulation porte sur des points de procédure et non pas sur des éléments touchant au fond du dossier”. “La chambre de l’instruction a considéré que la présidente, qui avait prononcé ces mises en examen, n’en avait pas le pouvoir juridique”, précisent également les avocats de la partie civile.

L’arrêt de la chambre de l’instruction de Dijon, d’une longueur de plus de vingt pages, serait même moins favorable qu’il n’y paraîtrait pour les trois anciens mis en examen. Certaines de leurs autres demandes, telles que l’annulation de gardes à vue ou de procès-verbaux, ont été rejetées. “L’arrêt indique que les gendarmes ont suivi parfaitement la procédure de l’époque et que leur loyauté ne pouvait pas être remise en cause“, explique une source proche du dossier qui a eu accès à ce document. “Le fond des choses n’a pas changé : tout ce qui a amené la présidente à mettre en examen ces personnes n’est pas remis en cause”, poursuit cet ancien gendarme.

C’est également le souhait des parties civiles, qui appellent la chambre de l’instruction à convoquer Murielle Bolle et les époux Jacob pour leur notifier une nouvelle mise en examen “en bonne et due forme”. Sobrement, le parquet général s’est contenté d’indiquer qu’il aviserait des “éventuelles suites procédurales à donner à l’arrêt”. La Vologne, où avait été retrouvé le corps de l’enfant, garde – pour l’instant – ses mystères.

Gabriel Thierry

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