mardi 29 septembre 2020
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L'accusé était à Nice au moment de son interpellation .

Un ex-gendarme jugé pour le meurtre d’une étudiante 21 ans après les faits

Un ex- gendarme informaticien en poste à Nice lors de son arrestation sera jugé à partir de lundi devant la cour d’assises du Nord pour le meurtre et la tentative de viol d’une étudiante à Lille en 1995. Il n’était pas encore rentré dans la gendarmerie à l’époque des faits.

Confondu par son ADN 17 ans après les faits grâce aux progrès de la science, un ex-gendarme du corps de soutien technique et administratif (CSTAG) affecté à  Nice lors de son interpellation sera jugé à partir de lundi devant la cour d’assises du Nord pour le meurtre et la tentative de viol d’une étudiante à Lille en 1995. Placé en garde à vue à Nice en 2012 à la police judiciaire,  transféré à Lille et placé en détention provisoire, il a été radié de la gendarmerie.
Cinq juges d’instruction, deux services de police, de nombreux experts, des dizaines d’auditions et des centaines de prélèvements génétiques ont été nécessaires au cours des 17 années d’investigation pour tenter de trouver le meurtrier de Stéphanie Fauviaux.
Le 24 mai 1995, en fin d’après-midi, cette étudiante de 18 ans est découverte par la police, étranglée, vêtue d’un peignoir largement ouvert,

Les faits se sont produits à Lille
Photo d’illustration Lille (Essor).

dans la baignoire de l’appartement qu’elle partageait avec une amie dans le centre-ville de Lille.
“Traumatisme crânien”, “marques de strangulation”, “brûlures au 2e degré” et “ecchymoses sur l’intérieur des cuisses” laissant envisager des violences sexuelles, révèle l’autopsie. Un “véritable acharnement” qui signe “une intention d’homicide”, souligne l’enquête.
Plus tôt dans la journée, la colocataire de la victime s’était rendue chez elle en compagnie de Lylian Legrand et de son frère Régis, pour récupérer quelques affaires. Devant la salle de bain, elle trouve porte close et, au travers d’une trappe d’aération, aperçoit un pied. Elle appelle alors les pompiers.
Auditionnées, ces trois personnes présentent toutes un alibi. Sans preuves scientifiques de surcroît, l’enquête piétine pendant 17 ans, avant de rebondir en 2012.
Un nouveau magistrat fait alors procéder par un laboratoire réputé pour ses méthodes novatrices à de nouvelles expertises de traces ADN relevées sur le peignoir de la victime. Résultat: il s’agit de celles de Lylian Legrand.

Accablé par une lettre 

Âgé de 23 ans au moment du drame, ce Nordiste appartenait à l’entourage de la victime chez qui il se rendait régulièrement, rendant visite à sa colocataire, soeur de sa future épouse.
Devenu depuis adjudant à la gendarmerie de Nice, marié et père de deux enfants, il est donc nouveau entendu par les enquêteurs.
Délaissant son alibi initial, Legrand passe aux aveux: il affirme avoir eu ce 24 mai dans la matinée un rapport sexuel avec Stéphanie Fauviaux. Celle-ci, en tombant, s’était cognée la tête contre la baignoire et était décédée. Pris de panique, il l’avait étranglée puis volé sa carte bancaire pour simuler une agression.
Un mois plus tard, il fait volte-face devant le magistrat instructeur: ses aveux étaient le résultat de “pressions des enquêteurs”. Désormais, il assure que le matin du meurtre, il a eu un “bref rapport sexuel” avec la victime,
mais qu’elle était en vie lorsqu’il l’avait quittée.
Une nouvelle preuve l’accable pourtant: une lettre écrite à sa femme lors de sa garde à vue.
“Si tu savais à quel point je le regrette, maintenant tu sais d’où viennent mes insomnies… Mille fois, j’ai voulu t’en parler mais j’avais peur de te perdre. Et maintenant c’est fait, encore un beau gâchis de ma part”, écrit l’accusé, dépeint par son entourage comme un mari “infidèle” qui “multiplie les relations extra-conjugales”.
Le 16 novembre 2012, ce responsable du service informatique à la compagnie de gendarmerie de Nice qui n’exerçait pas de tâches judiciaires, “bon père de famille”, avec un “côté pince-sans-rire”, parfois “un peu lourd” selon ses proches, est mis en examen du chef d’homicide volontaire et écroué.
Joints par l’AFP, ni l’avocat de l’accusé, Me Eric Dupond-Moretti, ni l’avocat de la famille de la victime, Me Gildas Brochen, n’ont souhaité s’exprimer avant le procès qui doit s’achever le 14 octobre.
Avec AFP

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